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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Ça a de la gueule, une Vierzonnaise chez Frédéric Taddei sur Europe 1

Publié par vierzonitude sur 6 Juillet 2015, 19:42pm

Ça a de la gueule une Vierzonnaise au Social Club de Frédéric Taddeï sur Europe 1. Juliette Bouchet, avec son livre Le Double des corps, a finalement tout pour plaire à l'auditeur : le bagout, la réparti, le parler franc quand ce n'est pas cru, voilà une belle aventure vierzonnaise d'une romancière vierzonnaise qui a écrit un premier roman "barré" mais qui lui donne pignon sur les ondes. Voilà de quoi réjouir une ville atone qui entend l'une des siennes (même d'adoption) vendre du rêve et du sourire, de la littérature et de la lecture. Alors, si vous ne l'avez pas acheté, courez-y et réécoutez avec plaisir l'émission de Frédéric Taddeï qui, on l'a bien senti, a pris plaisir interviewer Juliette Bouchet qui n'a pas sa langue dans sa poche. C'est vrai qu'il ne faut pas l'avoir pour écrire Le double des corps. A quand Juliette Bouchet dans la grande librairie sur France 5 ?

Ça a de la gueule, une Vierzonnaise chez Frédéric Taddei sur Europe 1

Voilà un beau brin de premier roman... Ecrit à Vierzon, en plus, ce qui renforce la singularité des pages. Son auteure, Juliette Bouchet, actrice et mannequin et maintenant romancière, est Vierzonnaise depuis presque trois ans. L'idée d'écrire, de commencer et de terminer son premier roman, à Vierzon, donne une lecture encore plus décalée.
Julia, dans le roman, parle de cul comme un mec. Ce qui finalement est d'une banalité outrancière ! Car revendiquant l'égalité des sexes, écrire que la romancière Vierzonnaise parle de cul comme un mec, c'est déjà vider de son sens, le sens même de son écriture. Phrases courtes, style direct et trio d'adjectifs, comme une habitude d'écriture, ça balance sans temps mort.
Julia s'envoie en l'air comme elle respire. Ecrit par un homme, l'effet aurait été différent. Pardon d'y revenir. Mais le fossé sexiste reste encore à combler malgré les avancées impressionnantes en la matière. Dire qu'on fête seulement cette année le soixante-dixième anniversaire du vote des femmes.

Juliette Bouchet, sans vilain jeu de mots, peut paraître mal embouchée. Mais pourquoi ne parlerait-elle pas de sexe comme elle l'écrit, dans son roman "Le double des corps", une folle histoire de nana, trentenaire, belle à faire tomber des astéroïdes sur terre et qui se livre sur ses relations sexuelles avec Daniel, Gilles, Bernard, Bruce, Mathias, Henri, puis Clara, Sophie, Clémentine... D'un seul coup, les mots masculins à la sauce féminine, prennent un autre sens. Comme quoi, les mots ont un sexe. On ne dira pas qu'ils sont plus exacerbés quand ils sortent d'une bouche plus qu'une autre, car avant d'en sortir, il faut qu'ils y entrent. Et là, on est dans le livre.

Une question que ne se posera sans doute pas la critique : que pouvait bien regarder Juliette Bouchet de Vierzon quand elle écrivait ses lignes ? Quelle zone érogène de cette ville a-t-elle sublimé pour en tirer un roman énergique, , grandiloquent où une femme, féminine jusqu'au bout du string peut pondre une telle phrase : "ce qui me fait inonder les berges, moi, c'est l'intelligence." Il y a comme ça des trouvailles sémantiques, des pépites qui sans être de chair sont de mots et tout aussi jouissives.

Juliette Bouchet prête le flanc au fantasme, mais c'est forcément délibéré. Car lorsqu'on lit le résumé de l'histoire en quatrième de couv' et, de suite, on glisse le regard, un peu plus bas, sur la photo de l'auteure, on se dit, "voilà.." On se dit que finalement, on pourrait peut-être laisser tomber le musée du machinisme agricole et la chanson d e Jacques Brel pour un musée de l'érotisme et du cul à travers la littérature, avec Vierzon pour support, à deux heure de Paris. On se plaît à rêver.

Bon, revenons sur terre un instant et conseillons le livre. Il se lit d'une traite parce que la curiosité étant ce qu'elle est, on veut savoir jusqu'où Juliette Bouchet, romancière vierzonnaise (c'est un must maintenant !) va trop loin. On ne le dira, pas folle la guêpière, on ne va pas trahir l'histoire, on veut juste mettre l'eau à la bouche : "mon problème est simple à résoudre. J'ai trente ans et j'ai jamais été aussi bandante", lit-on d'emblée dans la première page. La recette est faite aussi de meurtres, d'une cavale, d'une opération, bref, on vous 'la dit, la grande aventure, celle d'une femme qui à force de se taper des hommes finit, rêve ou réalité, par en devenir un. Mais de quel genre. Ah, la théorie des genres.

C'est caustique, irrévérencieux, érotique mais pas trop, sexuel ça c'est sûr, provocateur, c'est écrit comme certains bandent et l'érection, dans ce livre, est un totem devant lequel on se prosterne. Quoi de mal à ça, Juliette Bouchet aurait pu faire dire à Julia, qu'il n'y a pas de mal à se faire de bien. Le roman évolue sans ennui, il ne se casse jamais la gueule parce qu'il y a toujours un truc tordu pour le faire rebondir. On se dit que l'air Vierzonnais est saint pour écrire des bouquins. Voilà qui ouvre des perspectives. Vierzon, ville d'auteurs, c'est aussi ambitieux que d'ambitionner des artistes rue Joffre ou un musée des luttes sociales rue de la Société-Française.

Celui-ci est lascif, transgressif et il devra être vendu comme des pains chauds au chocolat, aux caisses des librairies (merci à Jean Catinaud pour avoir mis la main sur cette perle). On attend la séance de dédicace pour voir si l'auteure est aussi peu timide que son écriture. En tout cas, voilà un bouquin non identifié qui suscite la curiosité de la lecture.

Le double des corps de Juliette Bouchet, chez Robert Laffont.
Il sort le 7 mai en librairie. 193 pages; 17 euros.
Allez le réserver chez Jean Catinaud, rue Voltaire à Vierzon.
On vous communiquera bientôt la date de la dédicace...

Ça a de la gueule, une Vierzonnaise chez Frédéric Taddei sur Europe 1

"Je suis coupable. D’avoir été baisée, d’avoir aimé ça. D’avoir cru mériter autre chose. D’avoir cessé de chercher à avoir moins froid. Je suis pas un monstre. Il y a juste un moment où j’ai entendu un petit « pop » dans ma tête. Là, j’ai su que je mettrais un terme à tout ce qui pourrait m’arriver de mauvais avant même que ça m’arrive."

Ça a de la gueule, une Vierzonnaise chez Frédéric Taddei sur Europe 1

"Je dois travailler à fond ma « mâle attitude ». J’opte pour une attitude mystérieuse et insaisissable. J’ai tellement de présence que j’ai même pas besoin
de parler. Je suis la force tranquille, moi le cotontige longiligne.Mes muscles sont cérébraux. Je suis un programme de musculation intellectuelle : précis et palpitant. J’ai un cortex en béton. Deux hémisphères ronds et fermes, de longues connexions neuronales fuselées. Le cerveau le plus bandant de la planète. Les hommes, les femmes, les mômes et les vieux, tous sexes et tous âges confondus dans un seul et même émoi : moi. Je vais devenir l’homme que je voulais rencontrer."

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