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Vierzonitude

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"Je considère que c’est mieux que je sois élu député pour Vierzon plutôt que je reste maire"

Publié par vierzonitude sur 20 Décembre 2016, 19:06pm

Lu dans la presse locale

Lu dans la presse locale

"Je considère que c’est mieux que je sois élu député pour Vierzon plutôt que je reste maire"

Ce sera les législatives. Est-ce étonnant ? Le député-maire de Vierzon, frappé par la loi sur le cumul des mandats pour 2017, a donc dû choisir entre son mandat de député (s'il est réélu) et son mandat de maire. Finalement, Nicolas Sansu préfère Paris à Vierzon, remarquez on le comprend, le portefeuille de député à celui de maire, le destin national à l'ancrage local. De 2008 à 2016, que s'est-il passé ? En mars 2008, Nicols Sansu est l'incarnation de la vengeance communiste : il boute Jean Rousseau hors de la mairie vierzonnaise, traître politique et ancien socialiste qui, en 1990, refuse de voir le maire communiste, Fernand Micouraud, désigné son poulain après un an de mandat. Jean Rousseau fait démissionner le P.S en bloc du conseil, provoque de nouvelles élections et vole la mairie de Vierzon aux cocos, une mairie qu'il administrait depuis 1959 ! On quitte la place Maurice Thorez pour entrer dans l'ère de la place de l'hôtel de ville, de la rue Karl Marx à l'impasse Karl Marx...

 

"Je considère que c’est mieux que je sois élu député pour Vierzon plutôt que je reste maire"

Parmi les adjoints communistes priés de rejoindre les bancs de l'opposition figure un certain Michel Sansu, prof de sport, communiste ligne dure, adjoint aux sports, père de Nicolas Sansu. Quand ce père quitte son maire, contraint et forcé, le jeune Nicolas est âgé de 22 ans. Dès lors, il le sait, c'est écrit, sa vie sera nourrie par la politique et ce devoir de revanche. Il passe par le cabinet de Jacques Rimbault, alors maire de Bourges, va travailler au Sénat avec le groupe communiste, poursuit ses hautes études, se fait élire conseiller municipal d'opposition, mine le conseil de Vierzon de l'intérieur. Le voilà formaté à, d'une part, arracher la ville de Vierzon des griffes de Jean Rousseau et se bâtir un destin de député, le seul après  Emile Péraudin (1924-1928). Pari réussi. En mars 2008, après trois tentatives malheureuses du Parti communiste, Nicolas Sansu devient maire de Vierzon. Quatre ans plus tard, à la faveur de Jean-Claude Sandrier, ex-premier adjoint de Bourges, ex-maire de Bourges après le décès de Jacques Rimbault, il entre au conseil municipal pour offrir son siège au maire de Vierzon. L'opération est à long terme mais le scénario est déjà écrit.

"Je considère que c’est mieux que je sois élu député pour Vierzon plutôt que je reste maire"

Quatre ans de mandat de maire plus tard, Nicolas Sansu est élu député, sur un malentendu. Au soir du premier tour, le P.S somme sa candidate, arrivée juste derrière le candidat communiste, Agnès Sainsoulier-Bigot de se retirer au profit du candidat de gauche le mieux placé : Nicolas Sansu est élu, seul, avec 100% des voix sous l'étiquette Front de gauche, mélenchonniste convaincu et anti-Hollande en acier trempé. Dès l'ouverture des hostilités, il s'abstient sur le discours de politique générale de Jean-Marc Ayrault, alors premier ministre. Sur 120 votes répertoriés sur sa fiche de l'Assemblée nationale, Nicolas Sansu votre contre à 51,7%, pour à 33,3% et s'abstient à 15%. 

"Je considère que c’est mieux que je sois élu député pour Vierzon plutôt que je reste maire"

Pas simple, à Paris, de vociférer contre la politique socialiste et, à Vierzon, de co-gérer une ville avec les mêmes socialistes finalement. Ce numéro de funambule ne crève pas les yeux des Vierzonnais mais dans les coulisses politiques, le P.C et le P.S se tirent la bourre dans un perpétuel rapport de force. Ils s'entendent comme chien et chat mais ni l'un, ni l'autre, n'osent rompre l'alliance : le P.C a besoin du P.S pour se faire élire à Vierzon et... inversement. Au grand jour, les antagonismes sont tues mais on sait très bien qu'ils font rage. Chacun fait sa politique de son côté : aux dernières municipales, le P.S s'empare des services publics et du centre communal d'actions sociales par exemple, des petits états dans l'état. En 2014, les élections municipales remettent pourtant en selle dans un numéro de duel feutré, P.C/P.S mais le résultat a de quoi inquiéter la majorité. D'abord l'opposition n'est qu'à quelques centaines de voix. Et surtout le Front national talonne, fait son nid, progresse, menace. Le territoire communiste se rétrécit encore aux élections départementales : la droite vire les socialistes et seuls, deux duos communistes (les deux cantons de Vierzon) se font élire. Aux régionales, la liste Front de gauche, emmenée par Nicolas Sansu, ne dépasse même pas les 5%...

"Je considère que c’est mieux que je sois élu député pour Vierzon plutôt que je reste maire"

C'est l'heure du recasage, enfin ceux qui peuvent l'être : François Dumon, vice-président de la région déchu échoue à la présidence de la communauté de communes. Fabien Bernagout, ex-CDD auprès du président de la région, se replie sur son mandat d'adjoint aux sports. Le territoire communiste se réduit encore un peu plus, Vierzon est la championne de la permanence et du copinage politique. Ici, on recycle les mandats perdues, on entretient le système. Il faut dire que c'est l'une des rares villes qui peut encore mettre à l'abri du besoin des permanents qui n'ont pas démérité. Pendant ce temps-là, on le sent, et on le voit surtout, le maire de Vierzon est ailleurs. Difficile toutefois d'être au four vierzonnais et au moulin parisien. La députation le passionne, les passes d'armes avec les ministres lui font monter l'adrénaline, ses interventions en commission des finances, un sujet de prédilection, lui donnent le frisson. Vierzon doit paraître fade pour ce Vierzonnais d'ADN qui impulse la rénovation du Tunnel-Château par le bailleur où habitent encore ses parents. Son choix de la députation n'est pas étonnant. Si les urnes lui sourient à nouveau, en 2017, ce qui sera plus difficile qu'en 2012, il laissera sa ville et son mandat de maire à un homme ou femme de paille, sans doute, qu'il pourra toutefois téléguider depuis la capitale. C'est qu'il faut aussi assurer les arrières du Parti à Vierzon pour 2020.

"Je considère que c’est mieux que je sois élu député pour Vierzon plutôt que je reste maire"

Pour donner le change, le député de Vierzon laboure ses terres au détriment des autres sillons de la circonscription. Il taxe un ministre socialiste pour refaire la place du Marché au blé, décroche un second plan de rénovation urbaine, après avoir laissé le centre-ville dériver dangereusement vers une paupérisation alarmante. Il s'offre des ministres pour décorer son bulletin de député. Il ne faudrait pas qu'il soit dit que le député-maire a mal servi sa ville. Pour en récolter les fruits dans les bureaux de vote car depuis 2008, on cherche encore les projets porteurs qui tirent Vierzon vers le haut. En huit ans de mandat de maire et en cinq de député, Vierzon a piqué du nez. Les élus ne veulent pas le voir, mettent sous le tapis les problèmes : le commerce, l'insécurité, l'état de la ville... Difficile de savoir qui en est le responsable, le député ou le maire, le maire ou le député, les deux font la paire. Invariablement, les affaires nationales dominent. Nicolas Sansu oeuvre pour le bien commun mais hexagonal. Son rapport d'enquête sur la dette, censurée par les socialistes, le radicalise un peu plus. Ses actions parlementaires pour Vierzon se traduisent surtout par une montée en puissance de sa réserve parlementaire pour la ville (50.000 euros pour des balayeuses, 50.000 euros pour l'ex-église Saint-Eloi par exemple). 

"Je considère que c’est mieux que je sois élu député pour Vierzon plutôt que je reste maire"

Difficile en effet de démêler l'action de l'un par rapport à l'autre. Vierzon avait voté en 2008 pour avoir un maire à plein-temps. raté. En 2012, les résultats traduisent une certaine frilosité de l'électorat de la majorité. A l'assemblée nationale, Nicolas Sansu tranche ses positions, vote même avec la droite la censure du gouvernement Valls. Pendant ce temps-là, à Vierzon, les habitants se débattent avec leur quotidien. Et le principal souci, à venir, est strictement politique ! Quel maire pour succéder à Nicolas Sansu ? Mais quelles importance pusiqu'à Vierzon, on élit un héritage, une ligne politique et un dogme, pas des hommes ou des femmes. Et s'il n'est pas élu député, la question ne se pose pas, il restera ou redeviendra maire de Vierzon. Que fera-t-il d'autre sinon ? Il faut toutefois qu'il passe le cap de 2017 dans les urnes. Puis celui de 2020. Mais son choix est fait, et il révèle un attrait certain pour la lumière d'en haut plutôt qu'une efficace discrétion pour ses concitoyens d'en bas. Le mérite est d'avoir choisi, sans faite traîner le doute. Maintenant que chacun sait, chacun aussi peut se faire son opinion. On verra dans les urnes. La seule certitude est massive : Nicolas Sansu ou pas toujours maire de Vierzon, le changement, ce ne sera sûrement pas pour maintenant.

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Josiane 21/12/2016 20:15

La majorité des Vierzonnais considère que c'est mieux qu'il soit viré de la députation et de la mairie. Après 9 ans de mandat, ils considèrent que cela est plus que bien de renouveler.

Offrira-t-il un pot d'adieu avec sa réserve parlementaire ?

Andrée 21/12/2016 07:15

Franchement oui qu'il se prenne une veste aux législatives.
Je suis d'accord avec @Anatole.
Et s'il n'est pas élu député, il deviendra maire, alors aux urnes

Carole 21/12/2016 00:16

Sansu, c'est l'iceberg, Vierzon c'est le Titanic. Certes, le Titanic coule mais Sansu fondra et disparaîtra sous la lumière des urnes.

Antonin 21/12/2016 00:09

Sa candidature prouve que le PC est pratiquement mort, qu'il ne lui reste plus personne d'autre à proposer, que ce parti ne sert plus à rien. Parce que traîner un tel boulet qui va se ramasser une telle pâtée, c'est de l'inconscience pour un parti politique. C'est le dernier râle avant l'extinction définitive. Déjà, l'oxygène des sympathisants vient à lui manquer. L'hémoglobine des cotisations pâlit.
(Je fais partie de cette jeunesse qui n'en peut plus et qui va se mobiliser fortement contre. D'habitude, nous nous abstenons, mais pas cette fois-ci. Que tous les jeunes Vierzonnais se mobilisent à fond pour crier: Sansu, ça suffit ! Nous, on veut vivre, nous sommes trop jeunes pour mourir pour lui dans cette ville sans avenir, sans autre horizon que le RSA et la misère qui l'accompagne, sans autre guide que cet arriviste avide de ses indemnités et de sa réserve parlementaire !)

Charles André 20/12/2016 23:38

Le jour où l'électorat vierzonnais s'éveillera, Sansu tremblera...............et aussi la délinquance..............et aussi la déliquescence de notre ville.

Emile 20/12/2016 23:34

A une élection, c'est le peuple qui doit gagner. Pas le calculateur intéressé, pas le politicien manœuvrier et sans scrupules qu'il est.

dgust 21/12/2016 19:10

bien dit Emile!!

Julie 20/12/2016 21:04

Voter Sansu, c'est pire que voter nul. Son héritage: l'appauvrissement de notre ville, nos logements qui ne valent plus rien à la vente et surtout une énorme INSECURITE GRANDISSANTE et contre laquelle il ne fait rien. En juin 2017, il sera temps de terminer le grand nettoyage de printemps afin de dépoussiérer et d'aérer Vierzon. Aujourd'hui, j'ai rencontré quelqu'un de Tours qui m'a dit: "Pour la première fois depuis quelques années, je suis passé à Vierzon ce matin. Qu'est-ce que cette ville est devenue moche, vide. Dans la rue principale, il n'y a presque plus de magasins. C'est une catastrophe. Comment faites-vous pour rester dans un trou pareil ?"

Alors Vierzonnais, cela ne vous dérange que l'on s'apitoie ainsi sur notre sort ? Bientôt nous sera donné l'occasion d'inverser le cours de ce cataclysme municipal. Ne laissons pas passer cette occasion.

il 20/12/2016 20:45

se fout de vierzon... il veut son pognon de gros riche qui abuse de la crédulité et de la dépendance des pauvres! écoeurant!

Jag 20/12/2016 15:57

J'en étais certain, c'est un professionnel de la politique qui comme a seule pensée et action dans sa vie, son intérêt financier personnel et sa carrière. Il s'est toujours moqué de Vierzon.
Rendons lui la monnaie de sa pièce, pour tout ce qu'il n'a pas fait pour notre ville. J'espère quand même qu'au PC, ils ne vont pas nous trouver pire....
D'accord avec @Anatole

Librement 20/12/2016 13:58

En cas (de malheur) de la réélection au siège confortable (financièrement), le remplaçant à la Mairie devra surtout, avoir comme qualité de bien savoir bien négocier avec les entreprises.

Anatole 20/12/2016 10:59

Voici ce qui confirme les commentaires affirmant qu'il se foutait bien du devenir de Vierzon. Vierzon n'a toujours été pour lui qu'un marche pied. C'est pourquoi il la qualifiait de trou du cul du monde. Donc, pour nous, une seule attitude à tenir: lui offrir la même belle veste qu'aux Régionales! Ce petit calculateur égoïste ne mérite pas autre chose. Et surtout, ne votez p

dgust 21/12/2016 19:17

Lu et écouté lors de mon choix de vote, merci pour l'info.

Anatole 20/12/2016 20:50

JE TERMINE LA DERNIERE PHRASE DE MON COMMENTAIRE, celui-ci étant parti de manière intempestive et incontrôlée:

Et surtout, ne votez pas non plus pour Sinsoulier-Bigot qui nous a fourni la preuve formelle et donc incontestable que voter pour elle c'est voter tout droit pour Sansu.

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