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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Salon du livre de Vierzon : Armèle Malavallon avec Dans la peau

Publié par vierzonitude sur 14 Novembre 2019, 06:40am

Armèle Malavallon sera au salon du livre de Vierzon, samedi 16 novembre, au centre des congrès. Voici l'interview de l'auteur.

Salon du livre de Vierzon : Armèle Malavallon avec Dans la peau

Vous préférez auteur, auteure ou autrice ?

Étant vétérinaire, j'ai été habituée depuis de nombreuses années aux usages en cours dans le milieu scientifique. On dit d'une femme qu'elle est vétérinaire, médecin, professeur, docteur, chirurgien ou pharmacien. Pour l'anecdote, la pharmacienne, historiquement, c'est la femme du pharmacien.


J'ai donc toujours préféré le terme auteur, bien plus simple que cet affreux auteurEuhh désagréable à l’œil et à l'oreille, et moins bizarre que autrice. Cependant, certaines lectures récentes (comme "Mes bien chères sœurs" de Chloé Delaume) m'ont permis de redécouvrir le mot autrice, ses origines (très anciennes) et comment il avait été injustement banni au XVIIème siècle par ce cher Richelieu et ses sbires de l'Académie Française. Tout cela me l'a rendu plutôt sympathique et du coup, je commence à m'y habituer. Et puis j'aime le mot actrice, alors pourquoi pas autrice qui est sa cousine proche. Mais comme ça ne me vient pas encore naturellement, je ruse en disant que je suis romancière.

Franck Thilliez, président d'un jury qui vous décerne le grand prix du polar 2015, ça assoit une réputation ? Comment s'en remet-on ?

Ce prix a été un formidable coup de projecteur sur mon roman "Soleil Noir". C'est une mise en lumière inespérée pour un premier roman et un très bel encouragement à poursuivre dans la voie de l'écriture.
Mais de là à dire que ça assoit une réputation, je n'irais pas jusque là. Pour cela, il faut prouver que l'on peut tenir sur la longueur et continuer à écrire. Pour s'en remettre, eh bien il faut remettre sur le métier l'ouvrage et essayer de faire aussi bien la fois d'après, sinon mieux.

 

Vous êtes vétérinaire dans la vraie vie. Expliquez-nous, de quoi est faite la matière de la passerelle qui permet de passer au polar ?

La passerelle, c'est la science de la déduction (big up à Sherlock). Le vétérinaire est un enquêteur qui doit établir un diagnostic à partir d'une anamnèse, d'un examen clinique et d'analyses ou d'examens complémentaires qui sont autant d'indices qui lui permettront de poser un diagnostic comme on élucide un crime. Ma formation scientifique m'a permis de me sentir à l'aise dans le polar, genre littéraire pour lequel il faut faire preuve de rigueur dans l'élaboration du scénario et sa mise en place. Il faut être cohérent, attentif et ne négliger aucun détail.


Adèle fait-diversière tatouée, beau personnage de "Dans la peau", votre dernier roman. Comment est-elle née ?

Pour ce deuxième roman, j'avais envie de sortir du cadre balisé du polar classique. Je voulais que mon personnage d'enquêteur soit partie prenante de l'intrigue, qu'il soit impliqué personnellement dans l'histoire. J'ai donc imaginé ce personnage d'Adèle, journaliste spécialisée dans les faits divers, un métier qui lui permet de suivre de près les enquêtes officielles grâce à ses contacts dans la police. Cela me permettait ainsi de la mêler personnellement à l'enquête tout en utilisant (en tant que narrateur) les moyens de la police et les informations capitales apportées par l'enquête officielle.


L'intrigue démarre sur un fait divers assez banal : le corps d'une femme inconnue repêché dans la Seine. Au moment où elle découvre cette information, Adèle est fragilisée par une rupture amoureuse et elle va se focaliser sur cette affaire, cristalliser sur cette inconnue à laquelle elle s'identifie, et son enquête va rapidement prendre une tournure très personnelle. En outre, Adèle entame à ce moment-là la réalisation d'un projet qu'elle nourrit depuis des années : un tatouage dans le dos, avec Oscar, un mystérieux tatoueur, et Jérôme, un ex petit-ami flic qui l'aide dans son enquête, choisit ce moment également pour essayer de revenir dans sa vie.


J'ai vraiment voulu explorer en profondeur la psychologie des personnages en situation de crise, ne pas seulement m'attacher à l'intrigue, au "qui a fait quoi ?" "Dans la peau" est de ce fait plus un thriller psychologique qu'un polar, même si je n'aime pas trop ces étiquettes.


Que représente l'écriture dans votre vie ?

C'est à la fois une passion, un besoin et une épreuve. Une passion parce qu'écrire me procure beaucoup de plaisir. Quand j'écris, je ne vois pas le temps passer. J'aime inventer des histoires, imaginer des personnages, créer des situations. Un besoin parce que quand je n'écris pas, j'éprouve une sensation de manque. Mes proches disent que je suis tout le temps en train de me faire des romans. A partir d'un échange avec un inconnu, je suis capable de me faire tout un film, d'imaginer sa vie, sa biographie complète, le pourquoi du comment de cet échange et ce qu'il va se passer ensuite. Je ne peux pas m'en empêcher. En gros, j'ai beaucoup trop d'imagination...


Et une épreuve parce qu'écrire me demande beaucoup de travail. Je suis une besogneuse, je me relis sans cesse, corrige dix fois vingt fois une phrase avant de pouvoir passer à la suivante. Je dois trouver ma petite musique et ça nécessite de couper, d'élaguer, de chercher le style le plus fluide possible à chaque phrase. Je suis incapable d'écrire vite, d'un trait et d'attendre la fin d'une page ou d'un chapitre (du roman n'en parlons même pas) pour me relire.

La maltraitance animale est au cœur de votre prochain roman. Ce sera un polar également ?

Disons que ce sera plutôt un thriller psychologique dans la veine de "Dans la peau". Les personnages principaux seront des vétérinaires et il n'y aura cette fois pas vraiment d'enquête officielle à proprement parler. Exit donc les personnages de flics qui enquêtent de façon formelle sur un crime. Mais ce sera un roman assez noir, avec une intrigue et du suspense, et qui me permettra d'aborder différents sujets de société et notamment celui du sort réservé aux animaux dans les abattoirs et la maltraitance animale en général.

 

Qu'est-ce qui vous fascine dans le polar ?

Les faits divers, c'est la vie. On en retrouve d'ailleurs dans pas mal de romans dits de littérature blanche. Le polar s'intéresse la plupart du temps aux crimes les plus graves et à leurs auteurs : cela peut aller du tueur psychopathe au prédateur sexuel en passant par le braqueur de haut-vol, le meurtrier malgré lui ou le petit dealer de quartier. Le parcours de vie de ces personnages, leur psychologie, mais aussi (et surtout aurais-je envie de dire !) ceux de leurs victimes sont passionnants, ils nous permettent de comprendre la société dans laquelle nous vivons. Le polar, en mettant en scène des situations dramatiques, des personnages en crise, permet d'aborder de très nombreux sujets de société. Et puis le suspense d'un bon polar fait qu'on n'a pas envie de le lâcher avant de connaître la fin et ça, c'est un grand plaisir de lecteur.


C'est difficile de vivre de sa plume ?

En France, le pourcentage d'auteurs qui vivent de leur plume est très faible. Plus de deux tiers des auteurs ont une activité professionnelle en dehors de l'écriture pour subvenir à leurs besoins. Et parmi ceux qui en vivent, la grande majorité en vivent très mal (ils touchent moins que le smic). Donc oui, c'est très difficile de vivre de sa plume aujourd'hui en France. Et la situation ne fait que s'aggraver : les charges des auteurs ont augmenté alors que les droits d'auteurs, eux, ne font que s'amenuiser, les ventes de livres ayant tendance à chuter ces dernières années.

 

Au fait, vous avez déjà vu Vierzon ?

Non, j'ai voulu voir Vierzon, mais Jacques n'était pas libre ce jour-là. Après j'ai voulu voir Vesoul, mais ça, c'est une autre histoire...


Un message pour les lecteurs vierzonnais ?

Le grand Jacques n'est plus là, c'est donc sans lui que je viendrai voir Vierzon le samedi 16 novembre prochain pour le Salon du Livre de Vierzon qui me fait le plaisir de me compter parmi ses auteurs invités. Et je me réjouis à l'avance de voir enfin Vierzon et de pouvoir rencontrer les lecteurs vierzonnais que j'espère nombreux. S'ils sont sages, je leur chanterai peut-être une chanson de Brel !

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