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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Les Vierzonnais sont un peuple tourmenté : et si Brel nous réconciliait ?

Publié par vierzonitude sur 1 Juin 2019, 05:50am

Les Vierzonnais sont un peuple tourmenté. Est-ce un souhait trop ambitieux mais, la place Jacques-Brel, va-t-elle réconcilier les Vierzonnais avec eux-mêmes ? Laissons de côté les arguties architecturaux, anti ou néo-vague. Ne considérons que la symbolique de l'aire réaménagée, sans doute les travaux les plus significatifs depuis des décennies, plus importants que le canal bouché en 1968, plus importants que la construction du Forum république. Cette place est géographiquement le nombril que Vierzon n'a jamais eu.

Remontons le temps. Les Vierzonnais ont passé des décennies à se diviser : ce fut Vierzon-Ville noyé dans les bras de Vierzon-Villages qui l'entourait. Puis ce fut les scissions : Vierzon-Forges, Vierzon-Bourgneuf. Quatre Vierzon, quatre politiques, quatre visions... Aujourd'hui encore, les Vierzonnais habitant un quartier pas une ville. Cette occurrence s'estompe sans doute avec les nouveaux habitants, tout neufs, qui ne ressentent pas ces frontières imaginaires mais qui pourtant existent.

En 1937, Vierzon est enfin unifiée. De force, le centre de la galaxie, c'est Vierzon-Ville. La ville est étalée, et les quartiers se dessinent sur les ruines des anciennes frontières administratives. Les quartiers s'auto-suffisent et chacun possède son caractère. Vierzon reste une ville coupée en quatre. A peine est-elle unifiée que la défaire française lors de la seconde guerre mondiale coupe à nouveau, en deux, cette fois-ci. La ligne de démarcation bouleversent la vie des Vierzonnais, ceux qui sont en zone libre, ceux qui sont en zone occupée. 

L'après-guerre, à Vierzon, doit gérer une autre urgence : la reconstruction, la condition de vie des habitants, l'identité de la vie ouvrière, la mise en forme d'une ville dans le moule du communisme. Qui a pensé à réconcilier les Vierzonnais avec eux-mêmes ? Qui s'est soucié qu'une ville tant de fois coupée en morceaux pouvait garder au fond d'elle, le traumatisme des mal-aimés, des mal-considérés ? Il y eut un âge d'or à Vierzon. Celui de son industrie florissante, de ses Usines, de son salariat, de son syndicat. Mais là encore, les Trente glorieuses qui avaient cimenté tant bien que mal la ville, sonnent le glas de son expansion. Au milieu des années 1970, les habitants commencent à quitter le navire.

Les Usines ferment, les industries s'écroulent sur elles-mêmes, l'identité ouvrière perd du terrain et le parti dominateur depuis 1959 doit à tout prix maintenir son leadership. C'est le cas de 1959 à 1990. La ville se donne à un ex-socialisme mâtiné de centrisme mou mais qui semble ne jamais pouvoir se défaire du communisme viscéral de cette ville. La preuve : en 2008, il revient aux manettes. Mais les Vierzonnais sont toujours aussi divisés, tourmentés, fâchés avec eux-mêmes. C'est comme si de grands pas de l'histoire s'était détaché de la banquise sans que les Vierzonnais ne s'en aperçoivent.

En 2008, nous voilà replongé dans le bain du passé. on a beau dire que les hommes et les femmes changent (ou presque...), le socle de ce qu'ils pensent restent identiques aux origines. La preuve : ni la parenthèse de 1990 à 2008, ni le retour aux affaires d'un Parti qui aurait dû se vêtir d'humilité n'a servi les intérêts des Vierzonnais. La ville est à contre-histoire, comme d'habitude. Jamais, Vierzon n'a réussi à se placer du côté des vainqueurs. On les dit grincheux les Vierzonnais, on dit d'eux qu'ils déprécient tout ce qu'ils touchent mais quel exemple d'optimisme ont-ils eu au cours de leur histoire ?

En 1990, la Forum république construit sur les ruines du canal de Berry devait servir de nouveau centre à Vierzon. Cela n'a jamais été le cas. Quelques années plus tard, on envisage même de reconstruire le canal de Berry pour réécrire l'histoire dans le bon sens. Il n'y a pas de centre à Vierzon, pas d'endroit capable de réunir les quatre quartiers. Cela n'existe pas et n'existera peut-être jamais. En 1958, la Société-Française se fait racheter par Case et c'est le début de sa mort qui arrivera en 1994. En 1968, Jacques Brel écrit une chanson baptisée Vesoul mais qui commence par Vierzon. La ville pense être reléguée à la seconde place de la notoriété. Pourtant, T'as voulu voir Vierzon est plus populaire que Vesoul. Il faut attendre 2019 pour que Vierzon reconnaisse les bienfaits de Brel. 

Vierzon mais pas les Vierzonnais. Car il y en a encore qui sont persuadés que le chanteur nous a pourri la vie. D'autres adorent la nouvelle place, d'autres encore la boudent poru sa vague au goût trop prononcé de béton. Alors, c'est peut-être un rêve vain, mais imaginons que la place Brel puisse enfin réconcilier les Vierzonnais avec eux-mêmes. N'est-ce pas temps d'effacer les frontières du quatre Vierzon, la ligne de démarcation ? Non, hein, ça ne suffira pas. Quand on pense avoir recousu un morceau, un autre se découd. Un grand pan d'extrême droite éclipse la lumière. Alors, que pèse une chanson face à cette menace ? 

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Commenter cet article

JIM 02/06/2019 16:03

petit tour de marché .. la place Jacques Brel comme nouveau lieu fait l'unanimité contre elle! En été, cagnard! en hiver, placé en plein vent = froid! circulation piétonne plus dangereuse car il faudra passer à des endroits de circulation automobile ! bref, c'est dangereux et froid... et pour les exposants: moins de place pour se garer, et aussi, moins de place entre leurs étalages donc... plus de bousculade pour les gens qui seront serrés et donc plus de malaise voire de mauvaises humeurs! bravo la place tarabiscotée!

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