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Vierzonitude

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Alain Leclerc raconte : les soldats américains à Vierzon, en 1917

Publié par vierzonitude sur 14 Juillet 2017, 12:30pm

Alain Leclerc raconte : les soldats américains à Vierzon, en 1917

Les troupes américaines étaient ce vendredi matin sur les Champs-Elysées. Il y a cent ans, elles étaient aussi à Vierzon. Alain Leclerc, c'est notre Alain Decaux à nous, notre grand historien vierzonnais nous en raconte un épisode :

Il y a cent ans donc, les Américains entraient en guerre aux côtés des troupes franco-anglaises. Si l'opinion publique américaine était neutre, les torpillages des « Lusitania » et « Vigilentia » par les sous-marins allemands vont renverser la tendance.
 

Le 6 avril 1917, le président Wilson faisait entrer la première puissance industrielle du monde en guerre aux côtés des Alliés. Le Général Joffre, lors d'un voyage à Washington expliquait la situation sur le front de France : trois années de guerre avaient affaibli les troupes anglaises et françaises. Affaiblissement d'autant plus dangereux que le front Russe se liquéfiait avec la montée du mouvement révolutionnaire.
Les Alliés avaient grandement besoin de troupes nouvelles, celles de l'Oncle Sam.

 

Et la France se proposait de les former et de les équiper. En effet, les troupes américaines, en 1916, ce sont en tout et pour tout 75 000 hommes répartis sur le territoire ainsi qu'à Hawaï. Et le gouvernement leur allouait un budget de 150 000 dollars par an pour leur armement. 
Ce chiffre passera du jour au lendemain, en mars 1917 à 12 millions de dollars. Le recrutement s'opère à compter d'avril 1917 : en quelques mois ce seront près de 2,4 millions d'hommes qui seront sous les drapeaux (4,8 millions en juillet 1918).


Le commandement du corps expéditionnaire américain sera confié au général Pershing. Il débarque le 13 juin 1917 à Saint Nazaire avec les 13 000 premiers Sammies. Ils sont tous de la Première Division, la « Big Red One ». Lorsque les Américains débarquent, c'est toute leur puissance industrielle qu'ils apportent avec eux. La capacité des lignes de chemin de fer entre Saint Nazaire et le front sera doublée. Des, locomotives « made in USA » y circuleront.


Des camps seront bâtis en quelques jours le long de cette ligne. Pour la région, le plus important sera celui de Gièvres où les troupes construisent le plus gros congélateur du monde à l'époque.  Vierzon, sur cette même ligne de chemin de fer aura droit également à son camp.
Toutes les baraques se ressemblent. Le montage est en kit. Il faut six jours pour on monter une. Ce seront des millions qui seront montées... vendues après 1919. Vierzon en possèdent encore quelques unes : chemin de l'abricot, moulin de l'abricot, Bourgneuf... Elles sont reconnaissables : toutes sur le même modèle : fenêtres à 6 carreaux.


La carte postale montre un défilé de 500 Sammies environ, avenue de la République. Le camp s'installe à Vierzon, entre les routes de Brinay et de Méreau. La rue de Saint Exupéry s'appelait avant la rue du camp. Il existe encore la petite rue du camp. Le puits est encore visible dans le périmètre.  Les troupes de Vierzon étaient destinées à renforcer le personnel de la gare. Pourquoi un cantonnement aussi loin ? Les Américains ne voulaient pas que les soldats aient trop de relations avec les populations civiles (marché noir, mœurs...)  Pourtant, des relations, il y en a eu...


Pour preuve, la mairie a mis à disposition des Américians un bureau de « Military Police MP) place Foch.  Pour ramener le calme lorsque les soldats avaient trop bu... On peut noter également des relations officielles : A Thanksgiving 1917 les Américains ont invité les notables à partager la dinde. Retour de politesse à Noël : Après la messe commune à Notre Dame, plusieurs familles ont invité des Sammies au repas familial. Rebelote pour 1918.  Cela crée des liens.

Plusieurs Sammies se sont mariés à Vierzon. A l'image de Pizzutelli qui, après être reparti au Etats Unis en 1919 est revenu en 1920 pour se marier et ouvrir un garage quai du bassin (aujourd'hui le restau chinois).
N'oublions pas non plus que les Sammies avaient leur YMCA (foyer du soldat). Avec cinéma le dimanche. Les jeunes de Vierzon ont pu y aller et découvrir : le Coca, le chewing gum, la musique noire US et les films de Charlot... Tiens, en 1919, au départ des troupes US, un parquet salle de spectacle s'est installé en haut de l'avenue du 14 juillet... Les jeunes vierzonnais y avaient pris goût...

Alain Leclerc raconte : 

"C'est une gamelle US laissée par un « doughboy » dans une famille vierzonnaise en 1919. L'histoire n'a pas retenu son nom mais la preuve du passage y est inscrite : tournez l'image, et regardez où est le point jaune : le soldat a gravé son passage en inscrivant Vierzon au dessus du verre."

Commenter cet article

Mael 14/07/2017 19:38

quelle est la rue sur la carte postale ?

Mickael 15/07/2017 10:39

Ca semble être la rue de la république.

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