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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Trois mois après Charlie : pire que les salauds, il y a les lâches maintenant

Publié par vierzonitude sur 17 Avril 2015, 16:45pm

Ca y est : les faiblards sont rentrés dans leurs coquilles, les lâches ont badigeonné leurs murs de leur trouille insipide, les partis politiques ont profité de la lumière pour montrer leurs fesses, la communion populaire a permis de se réchauffer les abattis, perdus entre la violence du choc et l'ignorance des suites à donner au drame. Chacun y est allé de son discours, de sa larme, de son indignation, de son geste, de son dessin, de sa parole. Chacun a bien vu qu'un truc venait de déconner, que quelque chose d'improbable venait de se produire. Il fallait montrer qu'on était encore debout. Très bien. C'est fait. Et après ? Après, trois mois après, rien. Rien qu'un brouet de bonnes intentions vite étouffées sous la lie de la lâcheté et du confort intellectuel. Rien qu'un plat avarié de reculades infâmes, de mises en cause dégueulasses, de petits calculs, de faiblesse, non pas de corps mais d'esprit. Rendez-vous compte, des abrutis tirent dans le tas, des tarés fauchent des vies de dessinateurs, de journalistes, de croyants innocents, de policier désarmé, de civils. Tout ça à cause de grandes gueules aux traits acides qui l'ont bien cherché leur punition. Voilà ce qu'on entend, trois mois après que des guignols grimés en terroristes, croisés d'une foi déviante, ont fait mettre un genou à terre à la démocratie et à la liberté d'expression. Voilà ce que certains osent dire, ils l'ont cherché. Parce que s'ils avaient fermé leurs claquets, on en serait pas là, on se serait accommodé des pervers narcissiques qui flinguent leurs prochains parce qu'il n'a pas le même Dieu, ou parce qu'ils le dessinent, ou ne le respectent pas comme les hommes l'ont décidé, pas Dieu lui-même, non ses pires reflets. On s'est bien accommodé de la délation pendant la seconde guerre mondiale, et du travail bien français au service des nazis pour rafler des enfants et les entasser dans un stade, on peut bien s'accommoder d'une bande de connards si on respecte leurs souhaits. Et puis, il y a tellement de tueries dans la monde, tellement de Charlie puissance 10, hein, ça servirait à quoi une place Charlie dans une ville. A provoquer oui ! Pour vivre en paix, vivons en lâches. C'est quoi, ce n'était que des dessinateurs, de la graine d'anarchistes, de gauchistes, de voyous qui ne respectaient rien. Islamophobes et racistes. Rien à faire de ces gens-là dans une société qui n'a pas envie de s'émanciper mais de vivre aux crochets de barbares, qu'ils soient barbus ou non.

On l'a vu, là, même à Vierzon, ces petits fiers bras déjà rangés derrière leurs rideaux, à l'écarter pour voir qui passent sous leurs fenêtres. Hein, alors pensez-donc, une place PUBLIQUE Charlie à Vierzon, décrétée par les citoyens eux-mêmes qui ont en marre de se faire dicter leur marche à suivre par des moins citoyens qu'eux, pourquoi allez exciter des plus excités que ceux qui ont l'idée d'une place Charlie, en pleine ville ? Je suis Charlie, ça va cinq minutes, mais depuis le temps, depuis trois mois, on est devenu un tas d'autres combats plus faciles à soutenir parce qu'ils sont loin. Mais quand il faut s'engager, plus loin que la télécommande de son téléviseur, il n'y a plus personne. Plus de soutien. Plus d'esprit du 11 janvier. On commence à faire des concessions. A rogner la réalité, à discuter le bout de gras, à moutonner. Parce que Charlie, c'est que du papier avec de l'encre, des dessins, des enfantillages. Que ce qui se passe dans le monde, c'est autrement plus sérieux. Les faiblards ont gagné : que reste-t-il trois mois après, de l'esprit Charlie, du beau discours devant la mairie de Vierzon, de la promesse d'une place PUBLIQUE, pas d'un carré de jardin planqué derrière des portes vitrées. Elle est où cette promesse, à Vierzon, merde, à Vierzon, une ville qui n'hésite pas à se monter sur un genou pour gueuler contre tout et n'importe quoi et là, ils sont où les Vierzonnais ? Dans leurs pantoufles ? En train de s'engager contre des terroristes qui dessoudent la race humaine, la race universelle de l'homme dans une université ou un musée ? Loin, ça évite de sortir de chez soi pour manifester. Sauf que Charlie, c'était en bas de chez nous, dans nos pattes, dans nos oreilles. Et quand on voit la mollesse des réactions, trois mois après, un sentiment de honte prend aux tripes. Alors, Charb, tu as eu raison d'écrire ce livre et tes proches ont eu raison de le laisser sortir en librairie. Car c'est trop facile de venir gueuler à midi contre les pires enfoirés de l'univers si c'est pour se coucher le soir devant sa propre trouille. Même à Vierzon, vois-tu, même à Vierzon, on baisse le nez. Mais heureusement pas tous. Alors, le 11 mai, au bout de la rue du Champanet, peu importe qu'on soit deux, trois, dix ou vingt, on ira. Parce que ce n'est pas la spontanéité d'une réaction qui nous le dictera mais la réflexion mûrie de citoyens qui ne veulent ni moutonner, ni oublier. Il y a pire que les salauds, il y a les lâches.

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A droite toute 20/04/2015 09:18

C’est un juste retour des choses

Il faut bien faire la dichotomie entre la défense de la liberté d’expression et la qualité de ligne éditoriale de Charlie.
Sur la liberté d’expression, nul doute que nous devons la défendre, toutes et tous. Mais de quoi parle-t-on ? De quelle liberté d’expression ? Pour moi, on parle de la défense de toutes les libertés d’expression, pas uniquement celle qui consiste à cracher sur le cliché de l’homme blanc, salarié ou patron, hétéro, marié à une femme, père d’enfants scolarisés non délinquants et qui paie ses impôts avant la date d’échéance. (je sais je caricature, mais c’est bien là la couverture de Charlie). On doit pouvoir également donner un avis construit et étayé sur nombre d’autres sujets contraire aux lois implicites de la police de la pensée unique. Mais là, il y a un vrai travail de fond à faire face à l’armée des officines associatives proches du pouvoir en place.
Sur la ligne éditoriale de Charlie, je pense qu’on retrouve un niveau de vente qui est le sien et qui n’aurait jamais dû croitre. L’épiphénomène de hausse des ventes réalisé grâce aux moutons téléguidés touche à sa fin et les gens ont rouvert les yeux pour se rendre compte de la pauvreté idéologique de ce torchon qui se prétend être un hebdomadaire. J’attends encore 9 à 10 mois pour voir le nombre de personnes qui ont, par faiblesse autant que par endoctrinement, souscrit un abonnement et qui ne le renouvelleront pas après 12 mois.
Pour ma part, et je pense que Vierzonitude ne sera pas surpris, je n’ai jamais voulu laisser le moindre centime à ce canard qui insulte au fil de ses numéros, les valeurs que je défends. Je n’ai jamais été Charlie au sens où la pensée unique a voulu nous l’imposer. Mais j’ai été et je serai toujours proche des victimes de Janvier, de TOUTES les victimes tuées au nom d’un Dieu qui ne sera jamais le mien.

mobal 17/04/2015 18:00

"scories idéologiques" :quelle morgue! ,"fait divers monté en neige..." plus de quatre millions de flocons,
Je propose , pour rester dans votre ligne de pensée, "la place de l'âne qui renifle" .Attendons ce qui viendra d'en haut , ce ne peut être des scories...

Cereus Maximus 17/04/2015 08:06

Les voies publiques ne sont pas des panneaux d'affichage à la disposition de quelques uns afin de leur permettre de venir y déposer leurs scories idéologiques. Toutes les références idéologiques sont vécues par les citoyens comme autant de stigmates imposées. Dans quelques années, qui portera un intérêt particulier à ce fait divers monté en neige par les médias et par tous ceux qui y trouvent un motif d'implication très personnel ? Qui se souvient aujourd'hui d'une foultitude d'évènements au moins aussi tragiques et symboliques ?
Ayons une pensée compatissante pour l'honnête homme qui n'a rien demandé à personne et se retrouve affublé, dans sa rue, d'une plaque Thorez, Robespierre (le plus admirable psychopathe devant l'Etre suprême), Mitterrand, De Gaulle, ou pourquoi pas Sarkozy (le pire cauchemar depuis la dernière pandémie de peste noire).
Inspirons-nous, inspirez-vous exclusivement de l'histoire de votre cité, de la vie de ses habitants, de ce qui ne fait pas tâche rapportée dans une notice culturelle ou touristique. Des exemples en vrac : les Berlurettes, Perdrier, Leo Mérigot...Quant aux Victor Hugo ou Henri Barbusse, ils n'avaient rien à foutre de Vierzon où ils n'ont probablement jamais mis les pieds.
PS : et pourquoi pas une Place Fred Chichin ? La défunte moitié des Rita Mitsouko qui, lui, serait venu étudier la musique contemporaine à Vierzon dans les années 70 ? Pas assez classe ou pas assez trash ?

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