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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Juliette Bouchet : "Je suis une adoratrice des mots, crus ou cuits et les expressions fleuries sont pour moi de véritables trésors"

Publié par vierzonitude sur 7 Mai 2015, 06:25am

En dédicace le 13 juin de 10 heures à midi chez Jean Catinaud à la Maison de la presse de Vierzon rue Voltaire.

Juliette Bouchet : "Je suis une adoratrice des mots, crus ou cuits et les expressions fleuries sont pour moi de véritables trésors"

Juliette Bouchet, Vierzonnaise depuis trois ans, sort aux éditions Robert Laffont, son premier roman "Le double des corps", écrit à Vierzon. Vierzonitude a lu le roman (lire plus bas) et a questionné Juliette Bouchet sur son adoption vierzonnaise, l'écriture, son premier livre et ses projets. C'est avec gentillesse et rapadité qu'elle a répondu à TOUTES les questions. Interview vierzonitudesque.

Parlez-nous de vous... Dans quelles circonstances êtes-vous devenue Vierzonnaise depuis moins de trois ans ? On vous y a forcé ? C'est de votre plein gré ? 

On m'a forcée. L'amour m'a mis le couteau sous la gorge.

Actrice, mannequin, Vierzonnaise, il y a truc qui cloche, vous ne trouvez pas, non ?

Je dirais même que ça sent le roussit.

Sérieusement : pourquoi ce livre ? Quel besoin singulier avez-vous exorcisé ?

Le besoin d’écrire ce premier roman s’est imposé à moi pour trois raisons.
La première a été une nécessité impérieuse de me mettre à la colle sérieusement avec l’écriture et de me faire un « cap ou pas cap » les yeux dans les yeux avec le dedans de moi-même.
La seconde, plus triviale et moins intellectuelle a été d’imaginer avec un plaisir vif et vicieux, l’escalade binaire d’une trentenaire « à qui tout devrait sourire » vers une folie meurtrière.
La troisième, venue tout naturellement pour cadrer l’ensemble, et qui reste à mes yeux la plus importante à la vie comme à l’écrit a été l’envie de rire, de jongler avec les mots autant qu’avec les situations. Un besoin irrépressible de pousser le curseur, pour voir.

On ne dévoilera pas l'histoire, mais Julia incarne-t-elle une femme en particulier ou un idéal de femme, finalement, fantasmée par les... hommes ?

Julia est un fantasme aux yeux des autres (hommes ou femmes), elle ne s’intellectualise pas elle même. C'est une instinctive, entière, elle ne triche pas. elle porte sa beauté avec malice, toujours étonnée qu'on en fasse tout un foin.

Question cruciale : quelle vue aviez-vous de Vierzon quand vous avez écrit ce livre ? Et d'abord, sans indiscrétion, vous l'avez écrit d'où ? Une chambre ? Un bureau ? Sous un arbre l'été ?

J'ai écris ce livre dans plein de pièces différentes à vrai dire car notre maison était en travaux à l'époque. J'essayais d'avoir la vue sur le jardin de la cuisine et les jours gris j'écrivais au coin du feu. (Je cherche encore LA BONNE place à vrai dire...)

Dans votre livre, les mots crus ressemblent à des paroles d'hommes. C'est votre façon de mettre sur le même plan homme et femme ?

Pas particulièrement. Je me suis toujours exprimée comme ça. Je suis une adoratrice des mots, crus ou cuits et les expressions fleuries sont pour moi de véritables trésors. Le positionnement jette un trouble, ça je le sais bien et j'en joue avec délice.

Un homme qui devient femme, on en parle (presque) souvent. Une femme qui devient homme, c'est plus rare. Vous auriez aimé être un homme ? Si oui ou non, pourquoi ?

J'aurai aimé connaitre le plaisir masculin, sa profondeur, sa rage et son inébranlable obstination à s'exprimer. Mais soyons lucides, être une femme offre bien plus d'avantages, la palette est plus large même si nous ne sommes qu'aux balbutiements de notre ère. J'aurai cependant aimé être un homme pour briser deux ou trois mâchoires sans avoir peur de me casser un ongle.

Sans jeu de mot, vous avez du prendre votre pied en écrivant ce livre, rien qu'en imaginant la tête des lecteurs (et des lectrices) ?

J'ai pris mon pied en me prenant à mon propre piège, l'écriture rend libre au delà des conventions, la fiction permet la transgression. Ce roman étant le premier, mon seul désir était d'arriver à le terminer avec sincérité, si je m'étais mise à la place des lecteurs je me serai sans doute censurée.

Votre parcours d'actrice et de mannequin... Racontez-nous brièvement.

Après de longues années dans l'immobilier, occupant un poste oû je devais prendre la parole devant des dizaines de personnes, j'ai suivi un stage de théâtre auprès de Damien Acoca (un coach d'acteurs) pendant trois semaines. ça a été une vraie claque. J'ai laissé tombé mes tailleurs et j'ai commencé à bosser en tant que mannequin/comédienne pour la publicité, jusqu'à ce que j'emménage à Vierzon!

L'écriture vous est venue comme un supplément d'âme ou est-ce ancré en vous depuis l'enfance ?

Aussi loin que mes souvenirs remontent, j'ai toujours écris. Je ne sais pas pourquoi, c'est comme ça, ça fait partie de mon ADN.

Ce livre, c'est une aussi une histoire d'hommes; Quels sont ceux de votre vie ? Vous faites brièvement allusion, dans les remerciements à votre père. Vous dédicacez votre roman à votre mari et à votre fils.

Mon père est mort lorsque j'avais 16 ans, 10 jours avant Noël. Sachant qu'il ne serait pas sous le sapin cet hiver là, il avait préparé ses cadeaux à l'avance. Dans mes chaussons, il y avait une machine à écrire et un appareil photo. Mon homme lui, ne m'a pas lâchée les baskets jusqu'à ce que le roman soit achevé et mon fils...C'est ma force, mon flambeau.

Vous avez un autre projet d'écriture à venir ou entamé ? Si c'est le cas, pouvez-vous nous dire quoi, en quelques mots bien sûr ?

Mon second roman est presque terminé (il me reste deux chapitres). C'est l'histoire d'un quadragénaire vampire et puceau qui tombe amoureux de son docteur, une femme à l'aise dans ses Converses, humaine, qui va faire voler tous ses à priori. Je commence le troisième en septembre, qui parlera de révolution dans une ville de province...

On vous verra donc en dédicaces à Vierzon. Pressée de rencontrer vos lecteurs (trices) ?

J'espère oui ! Je suis très curieuse de voir comment les gens vont accueillir le livre. Cette histoire de mise à distance, héroïne/ écrivain dans l'imaginaire collectif m'interpelle au plus haut point...

Si vous deviez faire une dédicace à Julia, que lui écririez-vous ? Et aux hommes en général ?

Je lui dirais " tu es comme tu es, tu es faite comme ça, que veux-tu de plus, que veux tu de moi?" (rapport au poème de Prévert). Pour ce qui est des hommes...N'étant pas friande des généralités, j'oserais un "avec tout mon amour" ;-)

Juliette, le 15 novembre, dites-nous que vous êtes libre ? Une association de libraires organise un salon du livre à Vierzon, en gest-star, ça vous tente ?

Je suis libre, à jour de tous mes vaccins et sévèrement tentée par cette belle rencontre au salon du livre!

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