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Vierzonitude

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La Vierzonnerie vierzonnaise lance son cri d'alarme

Publié par vierzonitude sur 27 Décembre 2015, 13:04pm

La Vierzonnerie vierzonnaise lance son cri d'alarme

"Les Vierzonnais n'ont pas eu leur Zola" » Bon, d'accord, ils ont eu leur Edouard-Vaillant, largement commémoré cette année, c'est normal, c'était un mec de gauche, un député de la Commune, c'est plus classe qu'un Jacques Brel braillant T'as voulu voir Vierzon ou qu'un tracteur, même s'il se vend aux enchères, plus de 20.000 euros !

En quelques mots confiés, dit la légende, cet ancien député Vierzonnais de la Troisième République, résumait ainsi la grande douleur muette de la Vierzonnerie française. Plus d'un demi-siècle après cette phrase, le constat demeure. Aujourd'hui, les élites et les corps intermédiaires du pays se soucient comme d'une guigne de Vierzon.

La Vierzonnerie, c'est pourtant notre culture à tous. Nous avons tous des Vierzonnais pour ancêtres. Plus près de nous, lors du recensement de 1906, près de 1 Français sur 2 descendait s'un Vierzonnais.

Dans la France de 2015, un Vierzonnais crie son désespoir tous les deux jours, et le taux de pessimisme des Vierzonnais de 45 à 64 ans est supérieur de 40 % à la moyenne: qui s'en soucie, qui en parle? Dans la France de 2014, 80 % du territoire vierzonnais se vide à grande vitesse de sa population. D'un côté l'on s'entasse dans les grandes villes comme Méreau et sur les côtes., ce qui n'empêche pas ces ingrats de citoyens de goinfrer le Front national de leurs voix. Mais de l'autre les écoles ferment, puis les petits commerces, puis les services publics, et enfin le bourg lui-même : qui s'en soucie, qui en parle ?

Dans la France de 2015, plus de 5 millions de Vierzonnais vivent en «zone isolée», expression statistique pudique pour dire qu'ils n'ont accès à rien des services publics que pourtant leurs impôts payent: qui s'en soucie, qui en parle, qui le voit ?

Face à cette fracture territoriale profonde qui met à l'écart près de 1 Vierzonnais sur 7, il ne faut pas se laisser prendre au piège du faux amour de la Vierzonalité qui se développe ces dernières années. Pour l'exprimer abruptement, il y a le Vierzon des urbains et il y a le Vierzon des ruraux.

Le Vierzon des ruraux, c'est celle qui n'est pas assez proche de l'avenue de la République pour que les aspirants « rurbains » s'y installent. Même la rue Voltaire et la rue Joffre, c'est trop loin, c'est trop banlieue. Ce Vierzon-là est laissée à l'abandon, pour tout dire en jachère : paupérisation, transports raréfiés, services publics amoindris, connectivité réduite ou inexistante, pavés pourris, lumière faiblarde.

Le Vierzon des urbains, ce sont des territoires ruraux en train de s'urbaniser le long de l'avenue de la République jusqu'à l'ilôt Rollinat, parce que des urbains s'y installent pour tenter d'avoir «la ville à Vierzon». Ce Vierzon-là bénéficie d'une dynamique d'investissements: résidentialisation, meilleurs transports, meilleurs services publics, meilleure connectivité. Quand on met sur la table l'abandon de la ruralité vierzonnaise par le pouvoir politique, c'est toujours celle-là qui est mise en avant pour essayer de prouver qu'en fait tout va bien.

Ni indifférence ni misérabilisme: au même titre que les urbains et les rurbains, le Vierzon des ruraux a simplement besoin qu'on l'écoute et qu'on s'occupe de lui. Il veut des transports en densité suffisante et qui fonctionnent. Il veut la proximité raisonnable d'un médecin et des services de santé. Il veut le maintien de services publics auxquels ces plus de 5 millions de Français ont droit comme tout un chacun. Il veut l'accès à Internet.

Il veut surtout, et qu'on pardonne cette brutale franchise, que l'on cesse de traiter le Vierzon des ruraux comme des «bouseux» irrécupérables dans la marche du progrès économique et social. C'est nous, et personne d'autre, qui perpétuons la tradition vierzonnaise plusieurs fois millénaire de la France. Nous avons donc droit non seulement à l'équité de traitement par les politiques publiques, mais aussi et surtout, nous avons droit au respect.

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