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Vierzonitude

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Le projet de l'îlot Rollinat ne sauvera pas, seul, le centre-ville de Vierzon

Publié par vierzonitude sur 10 Mai 2016, 21:30pm

Le projet de l'îlot Rollinat ne sauvera pas, seul, le centre-ville de Vierzon

Vierzon fait partie de ces villes mortes ou du moins qui le deviennent petit à petit. Cette ville accuse vingt ans de retard. Pour des raisons que Vierzonitude ne cessent de développer. Si aujourd'hui, on assiste de la part de la majorité, à un grand raout urbanistique à venir qui coïncide étrangement avec le lancement d'une future campagne des législatives, la ville n'est pas sauvée pour autant. Car ce n'est qu'un projet, prometteur, ambitieux, mais dont la réalisation coûtera du temps à Vierzon et du temps, la ville n'en a plus. Entre le désir de démolir de l'ex-Gifi à l'ancienne Poste, soit une partie de la rue Armand Brunet, il va s'écouler au moins deux ans. Deux ans pendant lesquels, le centre-ville va continuer à se dégrader, se paupériser et les commerces à péricliter. Le projet de l'ilôt Rollinat est un dangereux trompe-l'oeil, nécessaire évidemment, Vierzonitude l'a dit, mais un trompe l'oeil car il va phagocyter toutes les énergies financières au détriment d'autres parties du centre-ville qui en ont besoin : la rue Joffre, la place Foch, l'avenue de la République entre autres.
Il faut que la rénovation du centre-ville se fasse sur plusieurs fronts. Un seul ne suffit pas car la dégradation s'accélère.

Olivier Razemon est journaliste et auteur d’un blog intitulé « L’interconnexion n’est plus assurée, chronique impatiente de la mobilité quotidienne » pour Le Monde. Il a publié deux ouvrages aux éditions Rue de l’Échiquier, Le Pouvoir de la pédale et La Tentation du bitume. Dans son prochain livre Comment la France a tué ses villes qui sortira en octobre 2016, aux éditions Rue de l’Echiquier, le journaliste explique comment les centres-villes français se sont vidés et propose des pistes pour les redynamiser. Demain la Ville l’a rencontré.


Olivier Razemon est journaliste et auteur d’un blog intitulé « L’interconnexion n’est plus assurée, chronique impatiente de la mobilité quotidienne » pour Le Monde. Il a publié deux ouvrages aux éditions Rue de l’Échiquier, Le Pouvoir de la pédale et La Tentation du bitume. Dans son prochain livre Comment la France a tué ses villes qui sortira en octobre 2016, aux éditions Rue de l’Echiquier, le journaliste explique comment les centres-villes français se sont vidés et propose des pistes pour les redynamiser. Demain la Ville l’a rencontré.

Hélène-Bekmezian-perpignan-bâtiment
Perpignan n’échappe pas au phénomène de désertification des centres-villes © Hélène Bekmezian
Quand avez-vous pris conscience du phénomène de dévitalisation des villes en France ?

J’en ai pris conscience lorsque je travaillais en 2012 avec mon coauteur sur mon livre précédent, La tentation du bitume. Nous étions amenés à nous déplacer partout en France et nous avions constaté que beaucoup de logements et de commerces étaient vides dans les villes moyennes. C’est, en creux, le résultat de l’étalement urbain que l’on trouve en périphérie.

Ce phénomène touche des villes situées dans des régions économiquement fragiles comme Roubaix ou Saint-Étienne, mais c’est vrai aussi pour des villes considérées comme plus prospères comme La Roche-sur-Yon ou bien Vitré. Cette dernière était présentée les années passées comme une ville de plein-emploi, pourtant le maire lui-même reconnaît que les commerces de la ville restent vides. Il faut regarder, écouter et sentir les villes mortes, les statistiques sont là pour montrer l’étendue du problème. On assiste à une prise de conscience de la part des décideurs à tous les niveaux, des conférences, des colloques, des articles de presse, des livres et des réunions publiques abordent le sujet.

Quelles en sont les principales conséquences ?

On observe dans les villes moyennes un grand nombre de logements vides, les statistiques très précises de l’INSEE le confirment, et une paupérisation des centres-villes, qui sont plus pauvres que la périphérie. On remarque aussi un manque de spécialisation : il est parfois difficile de trouver une quincaillerie ou une autre boutique bien particulière. On se dirige parfois vers ce qu’on appelle au Royaume-Uni ou aux États-Unis les food desert, des déserts alimentaires. C’est-à-dire qu’il n’y a plus dans certaines zones la possibilité de trouver des fruits et des légumes frais si l’on se déplace seulement à pied.

Comment expliquer le dépeuplement des centres-villes ?

Mon regard sur la ville est très lié à la mobilité. Le transport est indispensable à la collectivité, il a une dimension économique, sociale et environnementale et pourtant c’est un point aveugle, sous nos yeux mais trop souvent ignoré. Pourtant la ville meurt souvent en raison d’un mauvais système de transports. Un centre-ville est un lieu de vie, de création, de passage et pas seulement un centre pour les commerces et pour les voitures.

L’hypermarché a aussi sa part de responsabilité. Les grands distributeurs transfèrent la ville dans les centres commerciaux. On créé des villes à la place des villes existantes, avec des fausses places de villages dans des galeries marchandes. Ces lieux ne sont dédiés qu’au commerce, on n’y trouve pas ce mélange des genres propre à la ville, les bâtiments anciens, l’histoire, la culture ; on pourrait être absolument n’importe où. L’histoire et la géographie disparaissent.

Quelles sont alors les pistes à explorer pour redynamiser les centres-villes ?

Les mentalités autour de la voiture doivent évoluer. Certaines personnes la prennent pour faire 600 mètres. Comment rendre la ville à nouveau agréable, vivable, durable ? Où sont les accès à pied ? Sont-ils accessibles à tout le monde ? Quels sont les cheminements pour se déplacer de chez soi aux alentours ? Autant de questions qui concernent les urbanistes, les consultants, les élus, les associations mais aussi et surtout les citadins eux-mêmes.

La piétonisation des quartiers n’est pas suffisante. Je salue l’initiative des balades urbaines. Il ne s’agit pas de simples promenades, on observe la ville à pied, de façon arbitraire, sans destination, et cela permet de mieux la comprendre. Il faudrait aussi développer le tourisme local. On croit toujours que le touriste est un étranger mais il est en réalité en chacun d’entre nous. Se déplacer dans une ville qu’on connaît mal ou changer de trajet quotidien fait de nous des touristes. Il y a une réflexion à mener sur cette notion de tourisme local et sur la manière de le développer.

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