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Vierzonitude

Le blog dont tout le monde parle mais que personne ne lit


Une fresque en hommage aux porcelainiers

Publié par vierzonitude sur 18 Juillet 2016, 11:25am

Bon, arrêtez-nous si on se trompe, mais cette fresque est à la gloire d'un travailleur, plus précisément d'un porcelainier, non ? Normal, Vierzon-Villages a compté plusieurs entreprises de porcelaine, dont une, tout près de la nouvelle fresque de la place Julien Rousseau. Après le tracteur sur lemur du bowling, la porcelaine sur le mur d'un bistrot !

Une fresque en hommage aux porcelainiers

L'histoire d'amour dure 180 ans. De passion. De découverte. D'invention. D'empire même. L'argile réfractaire, nécessaire à la fabrication des “gazettes” contenant la porcelaine à cuire est monnaie courante à Vierzon. Elle prend d'ailleurs le nom de “Vierzonite”. En 1816, le château de Bel Air accueille la première manufacture de porcelaine. Un ancien marchand de canons obligé de se reconvertir, sème la première graine. Dès lors, des noms prestigieux s'imposent. Victor Schoelcher, le père de l'artisan de l'abolition de l'esclavage passe par la manufacture de porcelaine de son père, Marc. Il succède à Delvincourt, le marchand de canons associé au Vierzonnais Perrot. Victor Schoelcher reste une seule année, à Vierzon, en 1828-1829, quand son père l'envoie en Berry et en Limousin pour apprendre le métier de porcelainier. Parti en 1830 au Mexique pour trouver des clients, il découvre l'esclavage et milite pour son abolition le 27 avril 1848.

Plus tard, Adolphe Hache prend la direction de la manufacture en 1842 avec Pépin-Lehalleur et Pierre-Emile Jullien. Mille ouvriers y travaillent ! La porcelaine Hache rivalise avec Sèvres. Vierzon est un chaudron bouillant d'inventivité et de qualité. Un autre grand maître de la porcelaine s'impose à Vierzon : Marc Larchevêque. En 1850, Vierzon ne compte qu'une seule entreprise. Il y en a treize en 1914 : Larchevêque, Gaucher, Vincent, Boutet et Hache, Taillemitte etc. Avant la première guerre mondiale, les effectifs montent à 1500.

La manufacture de Marc Larchevêque occupe une grande partie de la rue de Grossous, en centre-ville. Ces hauts bâtiment imposent la notoriété de son entreprise. La porcelaine connaît des hauts et des bas : la crise des années 1930, la reprise après 1945.

1200 employés en 1946. L'euphorie est de courte durée. Entre 1952 et 1970, treize manufactures disparaissent. En 1970, elles ne sont plus trois : la CNP, Compagnie nationale de porcelaine, Larchevêque et Cirot-Gadouin. Les années 1980 sonnent le glas. Larchevêque ferme. En 1983, la CNP dépsoe le bilan. L'usine Jacquin, perchée sur les hauteurs de Vierzon-Villages s'arrête brutalement. Le jeudi 28 septembre 1986 à 18h46, l'ancienne usine Larchevêque est abattue, rue de Grossous, appellée aujourd'hui rue Pierre-Debournou.

Aurait-il fallu écouter Marc Larchevêque, qui déclare en 1923 : « l'industrie de la porcelaine est, en ce moment, assez prospère mais elle ne tardera pas à péricliter devant la concurrence étrangère, la protection douanière étant dérisoire, plus mauvaise qu'avant la guerre ». Fière de ses arts du feu, la profession ouvre, en centre-ville la Maison de la Porcelaine, le 16 octobre 1954, la vitrine du « plus brillant des arts du feu du Berry ». Elle ferme au début des années 1980. Deux fours à globe, classés à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques attendent d'être restaurés... Ultimes traces d'un passé glorieux.

Une fresque en hommage aux porcelainiers
Une fresque en hommage aux porcelainiers
Une fresque en hommage aux porcelainiers
Une fresque en hommage aux porcelainiers

La Compagnie Nationale de Porcelaine : une manufacture vierzonnaise

La ville de Vierzon a vu sa notoriété s'élever en même temps que les industries se sont développées sur son territoire. Elle comptait au début du XXe siècle près de 14 manufactures de porcelaine où travaillaient environ 1500 ouvriers.
L’essor industriel de Vierzon a été rendu possible par son environnement naturel favorable (bois, argile) et par le développement des transports ferroviaires (1847) et fluviaux qui permettent l'approvisionnement rapide en matières premières (charbon) mais aussi l'exportation des produits manufacturés.
La manufacture Taillemite fût fondée en 1875 par François-Xavier Darmet (1843-1911) un vierzonnais qui fût aussi, successivement maire de Vierzon-Village et membre du Conseil Général du Cher.
La manufacture fabriquait essentiellement de la porcelaine destinée à l'hôtellerie et des services de table de moyenne gamme. À la mort de Darmet, la manufacture est rachetée par un autre berrichon, Lucien Taillemite (1880-1937) qui continue la production pendant la première guerre mondiale. Cest surtout son fils Roger (1909-1981) qui la transforme en une des plus importantes manufactures porcelainières de France. Il n'aura de cesse, pendant près de cinquante ans de moderniser et de faciliter le travail de ces ouvriers.
Roger Taillemite avait poursuivi une politique de diversification. Tout en continuant de servir l'hôtellerie qui représente la moitié de son chiffre d'affaires, il crée de nouveaux décors dont un ensemble « Chasse » qui eut un grand succès.
Il est également président de la Chambre syndicale des fabricants de porcelaine du Berry et vice-président du Syndicat national de la porcelaine française.
Treize unités de production s'éteignent à Vierzon entre 1952 et 1970. Pour faire face à la concurrence un regroupement s'organise autour des Établissements Taillemite, en partenariat avec l'usine de Saint-Genou (Indre) et la manufacture Jacquin à Vierzon : la Compagnie Nationale de Porcelaine est née (CNP).
Une nouvelle fusion est réalisée en 1969 avec l'Union Limousine, fabrique de services de table haut de gamme à Saint-Léonard-de-Noblat. L'usine étant en Haute-Vienne, sa production a le droit d’être estampillée « Limoges » et sa bonne rentabilité apporte une bouffée d'oxygène à la CNP.
Cependant les années suivantes marquent le déclin de la CNP, accéléré par des partenariats instables avec les États-Unis (choc pétrolier) par exemple. La CNP dépose le bilan en 1983. Elle est reprise par Jean-Pierre Leman directeur de la filiale de Saint-Genou qui prend en main la création et Daniel Cohen de Lara, ingénieur conseil, qui s'occupe des finances et du commercial. Ils modifient profondément la structure de la manufacture : modernisation des techniques et diminution du personnel (de 550 ouvriers on passe à 240). Malgré tout cela l'espoir de constituer en Berry un grand groupe international s'éloigne. Ensuite, Vierzon ne fait plus que décorer la porcelaine blanche de Saint-Genou et cet atelier de décor stoppe sa production en janvier 1997, sonnant le glas de la porcelaine vierzonnaise.

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Jag 14/07/2016 12:26

Superbe évocation d'un passé glorieux pour Vierzon....A ne pas oublier !!!
Mais qui construira et développera une activité pour l'avenir de notre ville ?

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