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Vierzonitude

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Vierzon de A à Z : E comme éco-système, la forêt dominante

Publié par vierzonitude sur 8 Août 2016, 08:00am

Vierzon de A à Z : E comme éco-système, la forêt dominante

La forêt est avec l'eau, les deux lettres majuscules de la ville de Vierzon. La forêt domaniale est un poumon vert de 7.500 hectares, en bordure de la Sologne. Elle apparaît, par écrit, dans le cartulaire (recueil d'actes) de l'Abbaye de Vierzon, en 843, sous forme de parcelles offertes aux moines. Mais dès l'âge de fer, elle est exploitée, plus ou moins adroitement, par les Bituriges, ces Gaulois qui manient plutôt bien l'art du fer.

La forêt vierzonnaise fait écho à celle de Vouzeron, sa voisine, et plus loin, à celle de Saint-Palais et d'Allogny. Elle est de tout temps, un instrument de travail et une source de matière première. Son rôle économique, sous l'ancien régime, consiste à ramasser du bois (la ramassée), des glands (la glandée) pour nourrir notamment les porcs. Si la nature est une grande experte, la gestion de la forêt a tout de même glissé dans les mains des hommes. On évoque bien sûr Colbert. Ce vaste territoire, hérissé de richesses, au sol extrêmement fertile, attise bien sûr les convoitises.

La forêt est d'abord la propriété des Seigneurs de Vierzon. Aux XIIè et XIIè siècle, elle fournit le bois nécessaire aux charpentiers, aux menuisiers ainsi qu'aux chantiers de batellerie, car n'oublions pas que l'Yèvre est navigable et que les voiles s'y tendent. Le massif passe ensuite de mains en mains jusqu'à celles du très renommé Comte d'Artois. Le futur Charles X plante à Vierzon ses forges, au XVIIIè siècle et allume le feu de l'inéxorable développement de la ville. Une Révolution plus tard, et la forêt vierzonnaise tombe alors dans le domaine public.

Des industries dévoreuses de bois

L'industrialisation de Vierzon, grâce au top départ donné par l'implantation des forges, entraîne un usage intensif de la forêt . Par exemple, ces forges sont de grandes consommatrices de bois. En 1780, elles en avalent 120.000 stères ; en 1857, 150.000 stères. La forêt de Vierzon sature et finalement, l'ouverture du canal de Berry la sauve en même temps qu'elle met un terme aux forges mangeuses de bois : le fer fabriqué avec la houille remplace, en fait, la technique vierzonnaise au bois.

Mais le sort de la forêt n'est pas sauf pour autant. Car les industries ont poussé, sur le sol, comme des champignons après la pluie. Les batelliers, encore eux, extirpent deux mille mètres cubes de bois par an après la première guerre mondiale. Mais avant, les porcelainiers ont élu domicile autour des gisements de kaolin. Ils puisent aussi le bois, 20.000 stères par an en 1850 pour nourrir les fours. La coke, le gaz et enfin l'électricité prennent heureusement le relais.

Les verreries, arrivées au milieu du XIXè siècle, chargent aussi du bois dans leur feu. Si les tanneries ramassent l'écorce de chêne pour le tanin, les verreries récoltent la fenasse (foin avec des feuilles sèches) afin d'emballer le verre. Sauf que pour favoriser la fenasse, sous-bois et clairières étaient incendiées, les arbres y mourraient donc. Ceci additionné au pâturage qui dégrade aussi sérieusement le boisement, la forêt est soumise à un dur régime. Elle alimente ainsi, sans avarice, et pendant quatre-vingt ans, l'industrie qui se lève sur la ville avec son énergie naturelle. A l'exploitation industrielle, s'ajoute l'exploitation agricole pour les animaux. Inévitables aussi, ce sont les incendies mais répétés, ils nuisent fortement aux massifs. Les chiffres sont parlants : entre 1820 et 1856, les flammes ont brouté 2192 hectares de forêt contre 450 entre 1925 et 1949 et seulement 62 hectares, entre 1950 et 1974.

Du coup, la surexploitation des massifs pour les forges et les paturages favorisent le chêne pédonculé au profit du chêne sessile. Un chêne sur trois est pédonculé. En 2000, mille hectares de peuplement de chêne pédonculé ont plus de cent ans dont quatre cents hectares au-dessus de 150 ans. Seulement, en 1920 et en 1940, les aménageurs de la forêt constatent un début de dépérissement du chêne pédonculé, des milliers d'arbres succombent sur plus de cent cinquante hectares.

En 1982, en 2000, le phénomène se reproduit. En fait, la forêt subit les premiers effets du réchauffement climatique. Avec la sècheresse croissante, le réchauffement entraîne un dépérissement des chênes pédonculés, sur lequel se sont penchés, à Vierzon, de nombreux spécialistes. Dans les Pyrénées, par exemple, ce sont les hêtres qui sont touchés. Aujourd'hui, l'exploitation, confiée à l'Office national des forêts, est d'une autre nature que l'usage industriel ou agricole. La forêt est l'identité touristique de la ville, la porte d'entrée de la Sologne du Loir-et-Cher et du Cher. D'ailleurs, les communes dites de la forêt, sont une entité à part entière (Saint-Laurent, Vouzeron, Neuvy-sur-Barangeon, Nançay.) Et Vierzon n'oublie pas, de vanter sa “ magnifique forêt domaniale de 7.500 hectares”.

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