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Vierzonitude

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Vierzon de A à Z : F comme fusion, la naissance du grand Vierzon

Publié par vierzonitude sur 8 Août 2016, 12:30pm

Vierzon de A à Z : F comme fusion, la naissance du grand Vierzon

Les quatre grands quartiers de la ville sont calqués sur l'emprise géographique des quatre anciennes communes de Vierzon : Villages, Forges, Bourgneuf et Ville. Le grand Vierzon, administrativement uni, géographiquement regroupé, tel qu'il est aujourd'hui, n'existe que depuis 1937, lorsque les communes indépendantes ont fusionné en une seule.

L'esprit d'indépendance saisit les communes au ventre. Elle mue, au fil des décennies, en esprit de quartier, toujours fortement marqué. Ici, les habitants sont Vierzonnais, certes, mais ils “sont” avant tout des Forges, de Villages, de Bourgneuf ou du centre-ville. Les quatre grands quartiers servent de points cardinaux.

La mairie de Vierzon-Ville devient l'hôtel de ville officiel, tout simplement parce qu'en 1937, Vierzon-Ville est la commune la plus peuplée, la plus importante, et au centre des autres communes. L'ancienne mairie de Vierzon-Villages (on peut encore le lire sur son fronton) abrite des associations et sur la place qui se déroule devant elle, un marché hebdomadaire le mercredi. L'ex-mairie de Vierzon-Forges n'existe plus mais “la place de l'ancienne mairie des Forges” subsiste et celle de Vierzon-Bourgneuf est un foyer associatif.

Le 8 avril 1937

L'arrêté du 8 avril 1937 met un terme à une bizzarerie géographique et administrative : une ville écartelée entre quatre maires. Chacun administre son petit bout de territoire, parfois avec une incohérence comique à l'égard de son voisin et au détriment de ses concitoyens. A Villages, la voûte (un tunnel passant sous la voie ferrée) est à cheval sur Vierzon-Villages et Vierzon-Ville. La voûte commence par une route praticable par les voitures et se termine par un chemin de brouette... Et les exemples se multiplient dans tous les domaines.

En 1937, année de la fusion, Emile Cendre, républicain socialiste est maire de Vierzon-Ville. Georges Rousseau, PCF, de Vierzon-Villages. André Collier, PCF de Vierzon-Bourgneuf, et Ernest Gazeau, PCF également, celui de Vierzon-Forges. Les élections du 2 mai 1937 offrent la victoire à Georges Rousseau, premier maire du grand Vierzon. C'est lui qui, en 1929, dans son programme municipal destiné à prendre la mairie de Vierzon-Villages qu'il obtient d'ailleurs, inscrit la fusion des communes. L'enjeu consiste à savoir si le PCF peut accèder aux responsabilités du grand Vierzon, une fois unifié. L'avenir lui donne une réponse positive. Et le communisme subsiste à Vierzon comme une culture de territoire et un héritage ancré dans le patrimoine de cette cité ouvrière.

A l'origine, Ville et Village(S)

A l'origine, l'administration révolutionnaire sépare Vierzon en deux. Un état de fait puisqu'au XVIIè siècle, déjà, les extérieurs de Vierzon se nomment les « villages », avec un S. En 1790, Vierzon-Ville et Vierzon-Villages sont deux entités distinctes, la seconde encercle la première. Situation ubuesque : l'emplacement le plus pratique d'une mairie, pour les habitants de Vierzon-Villages, c'est à Vierzon-Ville qu'il se situe, au centre de tout. Or, la mairie de Villages située dans une autre commune, à Vierzon-Ville, représente évidemment une anomalie maintes fois dénoncée, notamment par le conseil municipal. La solution arrive dans les bagages des années 1850 avec la construction d'une mairie à Villages, rue Pasteur, sur le territoire de la future commune de Vierzon-Forges.... Attention, il va falloir suivre !

Le 11 décembre 1886, Bourgneuf devient à son tour une commune indépendante, avec pour frontière naturelle, le Cher. Cette même frontière sert, plus tard, de fil conducteur à la ligne de démarcation Nord/Sud coupant Vierzon en deux pendant la seconde guerre mondiale.

Les habitants du quartier de Bourgneuf, partie intégrante de Vierzon-Villages, ne goûtent plus les orientations, trop rouges à leur sens, de la municipalité communiste. Celle-ci soutient notamment les grévistes de la Société Française de Matériel agricole et industriel (SFMAI). Une grève réprimée pour laquelle le chansonnier vierzonnais Maurice-Mac-Nab, qui fréquente le célèbre cabaret du Chat-Noir à Paris, écrit une chanson en guise de soutien, “Le grand métingue du Métropolitain”.

Vierzon est écartelée en trois branches : Bourgneuf, au sud du Cher, Ville au centre et Villages qui recouvre tout le reste, dans une boucle informelle. Mais c'est sans compter sur le quartier des Forges dont les habitants lancent une pétition en 1887 pour obtenir, comme Bourgneuf, leur indépendance. Les Forges concentrent les industriels. Eux aussi veulent se départir de la gestion socialiste de Vierzon-Villages. La pétition de 1886 reste lettre morte. Dix ans plus tard, une nouvelle tentative subit le même sort.

Et de quatre !

L'affaire s'étire dans le temps jusqu'en 1908, avec toujours, en toile de fond, comme c'est l'habitude encore à Vierzon aujourd'hui, une forte imprégnation politique dans les actes quotidiens. L'administration de Vierzon-Villages finit par céder à la pression des habitants des Forges. Le 15 juin 1908, Vierzon se plie désormais en quatre. La nouvelle commune des Forges aménage une mairie et celle de Vierzon-Villages doit déménager car la rue Pasteur se trouve désormais sur la commune de... Vierzon-Forges... Pas simple. Vierzon-Villages construit alors sa mairie, place Julien-Rousseau, où elle trône toujours.

Pendant vingt-neuf ans, Vierzon vit au rythme de ce découpage étrange et au détriment de ce que l'on appelle l'aménagement du territoire, un souci très éloigné des préoccupations municipales de l'époque.

Chaque partie, on l'a vu, n'avance pas au même rythme. Quatre mairies, quatre paroisses, un service de l'eau potable échevelé, des rues qui débouchent sur rien... Et les querelles politiques enveniment les espoirs sérieux d'un aménagement cohérent. Le 8 avril 1937, les frontières s'effacent. Le grand Vierzon nait dans la douleur, au prix d'une campagne des contre et des pour, relayée notamment dans un journal satirique baptisé “Le cocorico vierzonnais”, franchement fusionniste. D'autres organes de presse, “La dépêche du Berry”, “Le journal de Vierzon” et “ l'Emancipateur ” relatent l'histoire de cette fusion, lancée en 1934.

Plus de mairie pour se marier

Quel impact sur la vie des citoyens ? Pour l'anecdote, Madeleine et Clément doivent se marier le 12 avril 1937 à la mairie de Vierzon-Villages mais la fusion rend inutile la mairie de ce qui était encore, quatre jours auparavant, leur commune à part entière. Un policier se rend au domicile de la future mariée pour lui annoncer que la mariage sera célébré à la mairie de Vierzon... en ville. La bonnetière et le représentant de commerce unissent finalement leurs vies dans le quartier de Vierzon-Ville avant la cérémonie religieuse à l'église Saint-Célestin du quartier de Villages. La séance de photos se déroule rue Armand-Brunet en centre-ville et la galette est servi au café de la Grenouille, dans le quartier des Forges. Il manque un quartier... Ah, oui, le taxi qui transporte les époux est de Bourgneuf ! La boucle est bouclée.

Pas vraiment central

Aujourd'hui, la ville n'a toujours pas trouvé son unité géographique. Si Vierzon-Ville est le centre cohérent, chaque quartier garde son identité, très forte, et tient à la garder. Il subsiste encore quatre comités des fêtes distincts. A la fin des années 1980, la municipalité croit bon de faire aboutir le projet de Forum-République, un supermarché greffé à des commerces, sur les ruines du canal de Berry, busé en 1968. Un arche doit contenir le tribunal d'instance qui voit le jour, une cinquantaine de mètres plus loin. L'hôtel près du supermarché prend le nom d'hôtel Arche... sans arche !

Ce Forum doit théoriquement représenter le « nouveau » centre de la ville. Mais là encore, difficile d'aller contre les héritages de l'histoire. Le centre de la ville, c'est l'avenue de la République et non pas plusieurs dizaines de mètres plus bas.

En 1987, Vierzon célèbre en grande pompe le cinquantenaire de sa fusion. En 2007, une nouvelle fête marque les 70 ans de la fusion. Pour l'occasion, des panneaux d'agglomération d'entrée et de sortie des anciennes communes sont fabriquées, installées, démontées et vendues aux enchères.

Le 8 avril est décidemment une date symbolique pour Vierzon : c'est en 1937, la naissance du grand Vierzon et, 8 ans plus tôt, en 1929, c'est la naissance de Jacques Brel, LE Jacques Brel qui chante en 1968 Vesoul, et cette célèbre phrase « T'as voulu voir Vierzon ». Tout se découpe comme les territoires vierzonnais au fil de l'histoire. Et tout se recoupe aussi.

Vierzon de A à Z : F comme fusion, la naissance du grand Vierzon
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