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Vierzonitude

Le blog dont tout le monde parle mais que personne ne lit


Vierzon de A à Z : G comme gens célèbres, de Maurice Mac-Nab à Félix Pyat

Publié par vierzonitude sur 9 Août 2016, 08:00am

Maurice Mac-Nab

Maurice Mac-Nab

Maurice Mac-Nab, le chansonnier

Maurice Mac-Nab a laissé son nom à une rue et au théâtre dont c'est l'adresse. Il a laissé, également, à Vierzon, l'héritage d'une chanson dédiée aux ouvriers grévistes de la Société-Française. Derrière Mac-Nab, qui sait encore que Maurice s'y cache, chansonnier du célèbre cabaret du Chat Noir à Montmartre.

Jean Valérien Maurice voit le jour, le 4 janvier 1856, à Vierzon, dans la propriété familiale du château de Fay, qui dit-on, “est plus beau de loin que de près.” Il arrive au monde vingt minutes après son frère jumeau, Donald. Son père Edouard Mac-Nab est un propriétaire terrien, ex-maire de Vierzon-Villages de 1850 à 1852. C'est un poète aussi, un amoureux des milieux artistiques vierzonnais. Ses penchants littéraires vont nourrir l'éducation du jeune Maurice avec, en filigrane, cette conscience de gauche anarchisante.

Ironie du sort : les affaires de papa Mac-Nab se portent mal. Le château vierzonnais doit être vendu. Et qui le rachète ? Célestin Gérard. En 1872, l'industriel, fondateur de la Société française de matériel agricole installée face à la gare de Vierzon, y déploie sa famille. Célestin-Gérard, symbole de ce qui n'est pas encoe le capitalisme sauvage mais le symbole d'une réussite sociale indéniable. Est-ce cet événement qui irrigue l'inspiration de Maurice, au point de prendre fait et cause, en 1887 pour les grévistes de la Société-Française à travers sa chanson Le métingue du Métropolitain ? Une juste revanche prise sur un souvenir douloureux ?

Les citoyens, dans un élan sublime,

Étaient venus guidés par la raison.

A la porte, on donnait vingt-cinq centimes

Pour soutenir les grèves de Vierzon.

Bref, à part quat’ municipaux qui chlingue

Et trois sergots déguisés en pékins,

J’ai jamais vu de plus chouette métingue,

Que le métingu’ du métropolitain !

En 1874, Maurice, 18 ans, atteint le Petit Séminaire de la Chapelle Saint Mesmin (Loiret). Le Séminaire quitté, c'est l'heure du service militaire. Une fois achevé, le jeune homme grimpe à Paris pour devenir employé des Postes.

C'est un artiste. L'écriture et le dessin sont ses démons nocturnes, les gênes de la passion paternelle. Le jour, il travaille studieusement. L'humour noir coule dans son sang. Il rédige “Les foetus” et “Les poëles mobiles”; plus tard, en 1879, “Bal à l'hôtel de ville” (de Paris). Sa carrière est devant lui. Rodolphe Salis, un artiste peintre, créé le cabaret “Le chat noir”. Ce qui est drôle, c'est qu'il l'ouvre dans un ancien bureau de Poste boulevard de Rochechouart déménagé plus tard rue de Laval. Le succès attend Mac-Nab, Maurice attend l'argent. Il est payé... en liquide, l'alcool... Dure vie que celle d'artiste la nuit et employé le jour, au prix d'une santé fragile.

Il publie des recueils illustrés par ses soins, “Les poèmes mobiles” et “Les poèmes incongrus”. La chanson de Mac-Nab “Le grand Métingue”, croise le destin politique d'Edouard-Vaillant, un député socialiste né en 1840 à Vierzon. Tout se recoupe décidemment. Mais Maurice est malade d'une tuberculose pulmonaire qu'il tente de soigner à Cannes en 1888. Il écrit toujours avec la même fièvre y compris une thèse médicale sur “Le mal aux cheveux et la gueule de bois”. Le rire a des vertus. Pourtant, elles ne lui permettent pas de prolonger son existence au-delà du 25 décembre 1889 à 23 heures. Il aurait eu trente-quatre ans. Si Vierzon garde de lui son patronyme et l'empreinte physique du château familial de Fay, le cimetière du père Lachaise conserve sa dépouille, dans la tristesse de l'anonymat.

A Vierzon, Stéphane Branger, poète, musicien et chanteur, a rescuscité Maurice Mac-Nab à travers sa biographie et surtout ses chansons. L'écriture d'un spectacle et en juin 2010, l'édition d'un CD prolonge la mémoire de Mac-Nab. Avec Bernard Willemet, autre Vierzonnais, grand admirateur du chansonnier qui n'hésite pas une seconde à les chanter comme un hymne vierzonnais, les deux hommes souhaitent que Mac-Nab ne soient pas seulement synonymes du théâtre ou de la rue qui abrite le commissariat. En 2009, le théâtre Mac-Nab et la ville de Vierzon ont créé le festival des chansonniers. C'est bien le moins pour cet artiste, chanteur de Vierzon et concurrencé, un siècle plus tard, par un autre chanteur de renom, Jacques-Brel... Concurrence ? A peine....

Patrick Raynal , le comique-paysan

Le Berrichon lui doit tout. Ou presque... Vierzon aussi, un peu, beaucoup, passionnément. Patrick Raynal est l'anti-thèse de l'artiste parigot, lui, dont les pieds ont frappé la terre de Vierzon le 29 mai 1926, dans une famille modeste, d'un père communiste. Normal donc. Très vite, derrière Bernard Giraud, son vrai nom, se cache Patrick Raynal que le démon de la scène gratouille.

A l'armée, il imite Charles Trénet et écope du doux surnom de “fou chantant de Vierzon”. C'est à la fois gracieux pour le jeune homme et sa ville d'origine. Le voilà qu'il entame une carrière d'amuseur public, avec dans l'accent, tout le terroir du Berry, rugueux, chauvin. Une verve de comique-paysan. Patrick Raynal est surtout connu pour le personnage central de son épopée comique : la famille Berlodiot, une caricature sans concession du Berrichon... vierzonnais. D'ailleurs, plusieurs histoires, couchées sur des vinyles, ont pour site géographique, Vierzon et sa forêt notamment dans l'hilarante aventure de la voiture-fantôme.

Patrick Raynal voit arriver au loin, une voiture, elle roule au pas. Il saute dedans mais il n'y a personne. Il prend peur et en sort pour s'apercevoir que c'est “un gars qui poussait” ! Bon, disons le tout net, le Berrichon n'est pas tout à fait à son avantage, dans les histoires de Patrick Raynal. Mais au moins, il en parle.

Mine de rien, il fréquente les cabarets parisiens. Il se lie d'amitié avec Pierre Dac, Sim. Entre à Bobino, l'Olympia, fréquente Jacques Brel, Georges Chelon, Henri Salvador. A Vierzon, la famille Berlodiot fait un tabac. Le Berrichon qui monte à Paris est une caricature hilarante. Patrick Raynal passe aussi devant la caméra, « Babette s'en va-t-en guerre » avec Brigitte Bardot et Roger Vadim, « Le Magot de Josepha » avec Anna Magnan, Bourvil, Pierre Brasseur, Christian Marin, Henri Virlogeux, « Le journal d'une femme en blanc » avec Marie-José Nat, « Le franciscain de Bourges » avec Hary Kruger, « Les grandes familles » de Denis de la Patellière avec Jean Gabin et Pierre Brasseur. Qui s'en souvient ?

Chevalier des arts et des lettres, grand officier de la ligue du bien public, médaille d'argent de la ville de Paris etc., en 1989, il reçoit aussi le prix Fernand Raynaud. Patrick Raynal tire le rideau et se retire à Azay-le-Duc. Vierzon oublie son comique mais, au détour d'une conversation, il n'est pas rare d'entendre, l'une de ses expressions qu'il avait inventées ou qu'il colportait : 99 moutons et un Berrichon, ça fait cent bêtes ! Un éveillé des chaumières, un gars de la commune... Une rue à son nom ne serait pas de trop...

Edouard-Vaillant, le Socialiste

A la Fédération départementale du Parti socialiste, à Bourges, une peinture posée sur un meuble, représente le Vierzonnais Edouard-Vaillant. L'homme, socialiste, veille sur les générations futures. Au mur, un fusain, toujours d'Edouard-Vaillant, renvoie le présent à l'héritage du passé. En mairie de Vierzon, dans le bureau d'un élu socialiste, c'est un buste en plâtre d'Edouard-Vaillant, jadis remisé, qui prend la lumière politique de l'hôtel de ville.

Finalement, jamais Vaillant n'a été aussi vaillant dans le coeur des jeunes générations à la rose. La personnalité vierzonnaise dont la maison, sise avenue... Edouard-Vaillant a failli devenir un haut-lieu de conservation de la mémoire du personnage, accompagne ainsi les fluctuations colorées de la politique locale. Chaque année, dans une cérémonie solennelle, les élus socialistes se rendent sur sa tombe, au cimetière de Vierzon-Ville.

Finalement, Vierzon a gagné son héros de gauche. Edouard-Vaillant est né à Vierzon, en janvier 1840, d'une famille bourgoise. Son image est attachée au combat pour l'unité du Parti socialiste. Son autre fait d'arme, en politique, le relie directement à la Commune de Paris dont il fut un élu.

Vaillant est un homme charismatique : ingénieur des arts et manufacture, docteur es sciences, docteur en médecine, il étudie aussi la philosophie et la chimie dans des universités de langue allemande. Plus tard, délégué à l'instruction civique, son appartenance à la commune de Paris l'oblige à s'exiler à Londres. Il est condamné à mort par conttmace et amnisté en 1880. Dans les arcanes du Socialisme, il forme avec Blanqui un comité révolutionnaire. Voilà Vaillant, le Vierzonnais, administrateur et rédacteur en chef de journal Ni Dieu, ni Maître qui annonce clairement sa couleur.

Edouard-Vaillant n'oublie pas sa ville natale. Il y revient en 1880, pour rassembler les Socialistes du Cher. Il est clairement désigné comme le successeur de Blanqui lorsque ce dernier meurt. Edouard-Vaillant est conseiller municipal de Paris mais il veille de très près au Cher. Vaillant est candidat de la SFIO à l'élection présidentielle de janvier 1913. Il meurt deux ans plus tard et rejoint Vierzon, pour son tout dernier voyage.

Jean Jaurès disait de lui : "La pensée d’Édouard Vaillant représente l’adaptation la plus parfaite du socialisme scientifique à notre tempérament national". La section socialiste de Vierzon en a fait son emblême.

Félix Pyat, le chroniqueur

Une plaque discrète, datant de 1902, dans le Vieux-Vierzon, rappelle à l'entrée d'une résidence, que Félix Pyat est né ici. On peut y lire : “dans cette maison est né le 4 octobre 1810 Félix Pyat, commsisaire général du Cher et représentant du peuple à l'assemblée constituante en 1848, membre de la commune en 1871.” Félix Aimé Pyat embrasse d'abord la carrière d'avocat, glisse comme auteur dramatique (Le chiffonnier de Paris, entre autres) et se lance dans le journalisme.

Mais ces revirements professionnels cachent surtout son destin politique. A 38 ans, en 1848, le voilà bombardé commissaire du gouvernement provisoire (de la deuxième République), dans le Cher. Le voilà député de gauche à l'Assemblée constituante liant son destin (de gauche) à celui de Vierzon, ville ouvrière.

Félix Pyat poursuit sa ligne indéfectible jusqu'à devoir se refugier en Suisse, en Belgique, puis en Angleterre. Les organisations révolutionnaires, c'est sa tasse de thé. La vie de Félix Pyat est tissée de ses combats politiques notamment à la Commune, de ses retours en France, de ses départs à nouveau précipités pour l'Angleterre. Finalement, la République proclamée en 1870 lui offre l'opportunité de reposer ses valises en France pour fonder un journal, ses premières amours, Le combat, puis un an plus tard Le vengeur.

Entre temps, il est élu à l'Assemblée nationale mais ils démissionne. Conseil de la commune, commission exécutive, comité de salut public, Pyat est partout, y compris avec les blanquistes vierzonnais. Une fois de plus exilé à Londres, il revient en 1880; en 1887, il devient Sénateur du Cher et un an plus tard, député des Bouches-du-Rhône. Félix Pyat meurt en 1889. “Si Félix Pyat n’avait pas l’envergure d’un Edouard Vaillant (qui marqua plus sûrement et plus durablement l’histoire du mouvement ouvrier) la force de ses convictions ainsi que sa vie romantique et passionnée, en font un personnage mythique et indéniablement un vierzonnais pas comme les autres” lit-on sur le site Internet de la ville de Vierzon.

Félix Pyat, membre de la Commune, doit encore se cacher. C'est un cafetier vierzonnais de Paris, Auguste Meunier qui le cache dans la cave, au coin du canal de l'Ourq avec Edouard Vaillant, autre vierzonnais.

Ils étaient aussi à Vierzon

D'autres personnages, et la liste n'est pas exhaustive, sont originaires de Vierzon ou ont entretenu un lien intime avec la ville. Georges Meunier est né à Vierzon en mai 1925. Ce coureur cycliste a entre autre, participé à cinq tours de France, entre 1950 et 1954, avec un abandon en 1952. Mais il tout de même remporté deux étapes du Tour de France. Il a fallu attendre les années 2000 pmour qu'un Vierzonnais soit à nouveau engagé sur les routes du Tour, William Bonnet a déjà participé deux fois.

Claude Chevalier est à l'accordéon, ce que Jacques Brel est au port d'Amsterdam. Ce musicien vierzonnais a conquis de ses bretelles une étonnante carrière. En pleine notoriété internationale, déjà établie en 1973, il créée le Quatuor Chevalier. Trois ans plus tard, à force d'enchaîner télés, radios, concerts et festivals, des compositeurs contemporains lorgnent du côté du Quatuor. En 1980, l'ensemble accède lui aussi à la notoriété mais en 1987, Claude Chevalier décéde. Aujourd'hui, c'est son fils, Denis, qui a repris le flambeau. Et perpétue le nom.

Le duo Madeleine Sologne et Jean Marais ont marqué involontairement leur empreinte à Vierzon. Madeleine Simone Vouillon voit le jour en octobre 1912, dans une petite commune de Sologne, proche de Vierzon. Actrice, elle se distingue surtout dans le film de Jean Cocteau, L'éternel retour, avec Jean Marais, version moderne de Tristan et Yseult. Jean Marais, de son côté, cotoie Vierzon à plusieurs reprsies : pendant la guerre, il y fait une halte. Puis il y revient pour assister à un mariage. Un Vierzonnais le reconnaît, il boit un café dans le bistrot face à l'hôtel de ville.... Jean Marais et Madeleine Sologne sont alors réunis, au moins une fois, au début des années 1990, sur les sièges du cinéma vierzonnai, on y projette évidemment L'éternel retour. Du coup, les deux acteurs deviennt un tantinet vierzonnais dans l'âme. En 1976, Madeleine Sologne se retire des écrans dans sa Sologne natale, Jean Marais lui, poursuit sa route. Madeleine Sologne décéde le 31 mars 1995 à la maison de retraite de la Noue, à Vierzon. La salle municipale prend alors le nom de Madeleine Sologne : un vaste portrait de l'actrice y trône.

Non, Antoine de Saint-Exupéry n'est pas Vierzonnais du tout ! Toutefois, l'aviateur et auteur du Petit Prince, s'y est arrêté. Dans les années 1920, Antoine de Saint-Exupéry travaille pour le compte de l'usine Saurer qui fabrique des camions, comme représentant. C'est sans doute à ce moment-là qu'il va d'hôtel en hôtel. Il s'arrête à Vierzon, dans la rue Neuve (actuelle avenue de la République), à l'hôtel du Boeuf qui n'existe plus. Il laisse une trace de son passage : sur le papier à-en-tête de l'hôtel, il croque les personnages qu'il croise, Vierzonnaises et Vierzonnais, dessinés par Saint-Ex. Un passage discret. Pour un souvenir qui l'est encore plus.

Steeve Mac Queen non plus n'est pas Vierzonnais ! Mais une anecdote, rapporté par la presse locale, prétend que l'acteur américain, de passage à Vierzon, s'est arrêté à l'hotel de ville pour demander un hôtel. Pas d'hôtel à Vierzon lui aurait-on répondu. L'acteur est reparti....

Patrick Raynal

Patrick Raynal

Edouard-Vaillant

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