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Vierzonitude

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Vierzon de A à Z : S comme sous-préfecture, une promotion tardive

Publié par vierzonitude sur 16 Août 2016, 12:30pm

Vierzon de A à Z : S comme sous-préfecture, une promotion tardive

Un siècle d'attente et de réclamation. De frustration rentrée aussi. Pourquoi Vierzon a-t-elle du attendre si longtemps avant de devenir une Sous-Préfecture, chef-lieu d'arrondissement ? Son statut de seconde ville du Cher le lui autorisait naturellement. Mais voilà, Vierzon n'était “que” chef-lieu de canton. Releguée aux basses oeuvres de l'administration. Boudée. Recalée sans cesse. Délit de sale ville ?

En tout cas, jalouse de la beaucoup plus petite commune de Sancerre, dans le nord du Cher, la deuxième ville du département, jalouse oui et il y avait de quoi. Sancerre sur son piton, pouvait narguer Vierzon de sa hauteur de sous-préfecture, déclassée certes depuis mais sous-préfecture quand même....

Tout change le 5 avril 1984 lorsque sur “une décision personnelle” de François Mitterrand, président de la République, le décret consacre Vierzon, Sous-Préfecture. Enfin. Le sort de la ville est scellé depuis plusieurs mois auparavant. Jean Rousseau, maire-adjoint de la municipalité communo-socialiste est surtout élu député de la vague rose. Il plaide la bonne cause auprès de son mentor socialiste, le 27 juillet 1982. Que se sont dits les deux hommes ? Quels arguments ont affuté la lame décisive du Président de la République ? Mystère...

Boudée par le pouvoir gaulliste ?

Moins de deux ans plus tard, la publication du décret porte la signature du Premier ministre, Pierre Mauroy. L'histoire est en marche, enfin, la nouvelle histoire sous-préfectorale de Vierzon, bastion communiste depuis 1959 et ville industrielle en intense bougeotte sociale.

Est-ce ce dernier trait de caractère qui vaut à Vierzon d'être sous-gradée par le pouvoir gaulliste de la cinquième République pour qui, ce fief du P.C.F devait être privé de son statut légitime de chef lieu d'arrondissement ? Ou, moins politique, moins paranoïaque surtout, est-ce la proximité de Bourges, Préfecture du Cher distant de trente kilomètres, qui fait longtemps de l'ombre à sa petite soeur l'empêchant, sans mauvaise arrière-pensée, de devenir Sous-Préfecture comme Saint-Amand Montrond, ville plus petite, dans le sud du département ?

Revanche tardive mais revanche tout de même. Pierre Joxe atterrit à Bourges pour franchir, le 21 janvier 1986, le seuil de la Sous-Préfecture de Vierzon, avec notamment Alain Calmat, ex-star du patinage artistique devenu député socialiste. Le Ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation affirme, avec aplomb, c'est bien “en haut lieu” que la décision pour laquelle il est à Vierzon ce jour-là, a été décidée. Sans plus de commentaire. Vierzon joue désormais dans la cour des grandes. Ce doit être la dernière ville à devenir ainsi sous-préfecture. Les arguments ont du peser autant que l'importance de la décision.

Pierre Joxe l'inaugure

Le 29 mai 1984, Jean-Claude Rey, barbe et lunettes sous sa casquette officielle, est nommé Sous-Préfet de Vierzon, le premier Sous-Préfet, chargé de l'installation. Cette nomination est le second acte fondateur après le décret du 5 avril 1984, créant l'arrondissement. Dans le bulletin municipal de septembre 1984, Jean-Claude Rey pose à côté du maire de l'époque, Fernand Micouraud. “Vierzon aujourd'hui Sous-Préfecture aura avec l'inauguration de la 39è foire exposition, le plaisir de recevoir son premier sous-préfet, commissaire adjoint de la République.”

Jean-Claude Rey s'installe dans ses fonctions le 12 juillet 1984. Il arrive d'Ussel, en Corrèze après plusieurs passages dans des cabinets de Préfets, dans le Rhône, l'Ardèche, le Maine-et-Loire. Il explique vouloir être “un homme de terrain”, ce que diront à peu près tous ses successeurs. Surtout sur le terrain de l'économie, devenu marécageux, après des plans sociaux drastiques et des menaces sévères sur l'industrie vierzonnaise qui ne cesse de fondre comme neige au soleil.

Après Bourges, la ville représente pourtant le deuxième centre industriel du Cher. Son activité économique au milieu des années 1980, est orientée vers les industries mécaniques, mais le textile, l'habillement, la céramique et la porcelaine ont, en revanche, disparu. La désindustrialisation de passe mal, au prix d'un fort taux de chômage.

Un nouveau bâtiment

“Homme de terrain” : après cinq cents jours d'activités, le Sous-Préfet a visité 39 communes, assisté à 190 réunions et à 135 manifestations publiques, il a surtout rencontré 320 personnes en audiences privées. Les Vierzonnais et les habitants rattachés à la sous-préfecture peuvent désormais venir y chercher cartes grises, passeports, permis de chasser etc. Pour l'anecdote, 800 Vierzonnais ont évité d'aller à Bourges subir la visite médicale dans le cadre de la commission du permis de conduire.

Pour ses débuts, la Sous-Préfecture occupe des locaux, dès le 1er octobre, dans la rue Gourdon. Le temps qu'une “vraie” sous-préfecture sorte du sol des “Terres Mortes” sur la route de Massay, un lieu-dit peu engageant mais qui, heureusement, ne porte absolument pas préjudice à la carrière de la Sous-Préfecture !

L'établissement public se construit en dehors de la ville, tout près de la gendarmerie alors, qu'à l'origine, la ville souhaite construire l'édifice dans le centre. Est-ce pour mettre de la distance entre les manifestants et la Sous-Préfecture, raconte-t-on... ? Ou est-ce tout simplement parce que la propriété de 13.000 mètres carrés, achetée à un docteur vierzonnais, est une très belle opportunité ?

Elle bénéficie d'un côté, d'une maison de maître datant de la fin du dix-huit-début dix-neuvième siècle. Ce sont les appartements privés des Sous-Préfets en exercice et de leur famille, deux cents mètres carrés sur deux étages. De l'autre côté, un terrain sur lequel l'architrecte Xavier Arsène-Henry, prix de Rome, construit un bâtiment de briques et de verre, dans le parc boisé. Enfin, la maison du gardien est aménagée dans une ancienne dépendance de la propriété, située à l'entrée.

La ronde des sous-préfets

Le décret suivi plus tard de l'inauguration de la Sous-Préfecture met un terme à “une anomalie du découpage administratif”. Pierre Joxe rappelle dans son discours que “cette création prouve que l'Etat a définitivement opté pour une représentation territoriale permanente et qu'il a choisi pour ce faire un corps de fonctionnaires qu'une tradition presque bicentenaire a rendu éminemment aptes à cette tâche.”

Vierzon, Sous-Préf', se retrouve alors à la tête de huits cantons (1) : Argent-sur-Sauldre, Aubigny-sur-Nère, La Chapelle d'Angillon, Graçay, Lury-sur-Arnon, Mehun-sur-Yèvre, Vierzon 1 et Vierzon 2 et de 43 communes qui s'étalent sur une superficie de 207.000 hectares. Jean-Claude Rey quitte Vierzon le 22 mai 1987. Tâche accomplie. Lui succèdent : Jean-Michel Legendre, Pierre Vaché, Jean Wzgarda, Françoise Toussaint, Gérard Lacroix, Angélo Calandra, Philippe Lévesque, Thierry Bonnet et Romuald de Pontbriand. En 2014, Vierzon fêtera ses trente ans de Sous-Préfecture. Et on ne sait toujours pas ce qui a emporté la décision de François Mitterrand...

(1) Cantons d'Argent-sur-Sauldre, Aubigny-sur-Nère, La Chapelle d'Angillon, Graçay, Lury-sur-Arnon, Mehun-sur-Yèvre, Vierzon 1 et Vierzon 2.

Vierzon de A à Z : S comme sous-préfecture, une promotion tardive
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