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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Commerce : le magazine professionnel LSA pointe trente ans d'abandon municipal

Publié par vierzonitude sur 19 Octobre 2017, 20:41pm

La revue professionnelle LSA Commerce et consommation a consacré, dans son dernier numéro (et en accès réservé sur son site internet), un reportage sur la désertification commerciale à... Vierzon. Deux pages et ce titre, terrible : "Trente ans d'abandon municipal". Ce jeudi matin, RTL a repris l'information en mentionnant que Vierzon et Chatellerault avaient, en France, le plus fort taux de vacance commerciale mais que Béziers, Carcassonne, Nevers et Auxerre n'étaient pas épargnées non plus. Ce qui n'a rien de consolant pour les Vierzonnais. Pour la première fois, un article de presse, spécialisé en plus, pointe du doigt les responsabilités municipales en matière de commerce. 

On pense bien sûr à la construction du Forum république en 1989 qui a flingué la rue des Ponts avec son supermarché qui a aussi fait fermer Monoprix. On connaît la suite. Sans oublier l'échec de l'Orée de Sologne avec son appât d'emplois qui devait rayonner sur une zone de chalandise de 100.000 personnes... ! Aujourd'hui, la rue Joffre, comme le disait Vierzonitude, est devenue un symbole national de la désertification commerciale : 32 commerces vides, 16 seulement occupés, et ceux qui résistent encore ont la certitude d'être abandonnés. Certains ne voient que la fermeture comme solution, c'est-à-dire une retraite anticipée et un sentiment amer de gâchis.

Pourquoi la responsabilité municipale des trente dernières années est sur la sellette ? Parce que tout a été fait pour en arriver là. L'extension de la périphérie est une cause. Mais le non-urbanisme, le refus de prendre les bonnes décisions pour cette ville. Citons par exemple, la non-rénovation de la rue Joffre (piétonnisée il y a plus de trente ans), la réhabilitation sans lien avec le reste du quartier de la place du Marché au Blé, le refus d'aménager l'avenue de la République, de lancer le débat sur le sens unique. On rénove la Croix-Blanche sans lien avec le reste. Parlons aussi du site de la Société-Française : quand une ville est capable de soulever 3,5 millions de fonds publics pour une activité privée, pourquoi cette même ville n'est-elle pas capable de concentrer des fonds sur la préservation de ce qui fait l'essence de cette ville. 

A Vierzon, on fait des bout des choses sans rapport entre elles. On va par exemple créer une vaste place en centre-ville (îlot Rollinat) sans toucher à l'avenue de la République. C'est aussi le marché du samedi qu'on laisse mourir place Foch et place du Mail également. Tout est normal ! Mais le plus extraordinaire, c'est qu'au milieu de ce désastre, on se réjouit ! La ville de Vierzon vient de valider, lors du conseil municipal, le bilan 2016 de la Sem-Territoria avec des sommes folles dépensées dont on aimerait avoir le détail. On sait que la Sem-Territoria a beaucoup acheté d'immeubles et notamment ceux qui ont été détruits en centre-ville mais pour le commerce ? Quand on sait qu'il y a même eu une récompense...

 

Une récompense pour la participation au quotidien "pour le renouveau du centre-ville". Mais quel renouveau ? Les pelleteuses ? Les démolitions ? Et le résultat de ce qu'a coûté cette opération aux contribuables, elle est visible où ? Dans le reportage de LSA, dans celui de RTL, dans le quotidien des Vierzonnais, dans le reportage récent de C8 dans l'émisison d'Ardisson ? Sachant qu'en 2018, encore, la ville va devoir verser plus de 800.000 euros pour une opération qui n'existe plus et une maison des projets qui a fermé ses portes rue Voltaire. Mais tout va bien. Si l'insoumission est devenue une doctrine politique, la soumission est devenue une plaie entre les aveugles, les sourds et les muets qui opinent du chef face à ce qu'il voit et qui n'est pourtant pas beau.

 

Dans la presse locale, mercredi, la communauté de communes était fière de montrer qu'elle avait signé une convention avec la région pour le développement économique de Vierzon. Très bien; Qui dit entreprises, dit emplois, dit pouvoir d'achat. Mais pour la sauvegarde du commerce on repassera. Aujourd'hui, la ville et la communauté de communes préfèrent investir des millions d'euros dans des zones industrielles, dotées de trottoirs et d'une voirie que le centre-ville ne peut même pas espérer en rêve plutôt que de se retrousser les manches pour le centre-ville. La mort du commerce vierzonnais est acté politiquement. Il faut juste le savoir. Vierzon ne sera donc qu'une vaste zone industrielle entourée de friches commerciales. Remarquez, quand on sait que seuls les élus vierzonnais ont voté pour l'extension de l'hypermarché Leclerc, pas besoin d'être devin, tout est dit ! 

Un rideau sur quatre est baissé dans le coeur de Vierzon et Châtellerault. Pas pour travaux ou congés des commerçants. Non, définitivement. Pire encore, raconte le magazine spécialisé LSA. Dans les années 80, la rue du Maréchal-Joffre de Vierzon (une rue piétonne) était très animé. Aujourd'hui, on y compte trente-deux boutiques closes pour seize ouvertes seulement. Ce même magazine LSA révèle le dernier baromètre Procos, de la Fédération du commerce spécialisé. Vierzon et Châtellerault ne sont pas les seules victimes du phénomène.

On trouve derrière ces deux villes Carcassonne, Montélimar et Auxerre. Dans cette dernière, c'est un commerce sur cinq qui est fermé. On pourrait aussi citer Nevers, Béziers, ou encore Cholet et Albi. En fait, pour les villes de moins de 100.000 habitants, si vous n'êtes pas une commune un peu touristique ou en bord de mer, vous n'avez plus de quartier central.

Le phénomène n'est pas nouveau, mais il s'aggrave de plus en plus. L'hémorragie continue malgré les cris d'alarme lancés régulièrement par les associations de commerçants et les élus. Alors bien-sûr, c'est la faute aux grandes surfaces, installées en périphérie. Mais leur jeter la pierre est bien facile. Il y a aussi la désindustrialisation, l'exode des populations, les loyers trop élevés en centre-ville, ou la taxe d'habitation qui fait fuir les locataires.

Choix hasardeux des maires

Il y a aussi les choix hasardeux des maires, ceux qui ne réfléchissent pas aux implantations commerciales. À Dijon, une grosse enseigne de vêtements pas chers a été installée au bord de la commune. Le centre-ville a morflé. Il y a aussi ces élus qui laissent tomber l'entretien des rues (pas de bancs, pas de fleurs), abandonnant à leur triste sort les commerçants qui tentent de résister.

Ce n'est pas sans espoir. La Caisse des Dépôts tente des expérimentations dans plusieurs communes. Mais il faut jouer à la fois sur plusieurs facteurs : l'emploi, l'immobilier, des animations en centre-ville. Mais c'est vrai que pour l'instant, il n'y a pas de solution miracle.

RTL.

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Commenter cet article

Limo 20/10/2017 20:51

30 ans... Ca n'exonère ni la majorité actuelle, ni la précédente du député Essayan et de son mentor Rousseau

HG 19/10/2017 13:06

La semaine dernière, j'étais à Figueres en Catalogne. Ce qui m'a frappé c'est le nombre très élevé de petits commerces ouverts dans son centre-ville plein de vie malgré l'envahissement de sa périphérie par des Carrefour, Décathlon, etc. Comment expliquer ça ?

Kheops 30/10/2017 09:15

HG,
Je suis d'accord avec vous sur l'attractivité des centre ville de grandes communes catalanes cela est du aussi à un état d'esprit des espagnols et au climat. Par contre, je peux vous certifier qu'il y a autant voir plus de cité HLM même à Figueras

HG 19/10/2017 13:50

Ce que j'ai aimé aussi dans les petites villes Catalanes que j'ai visitées, c'est les aires de jeux pour enfants (balançoires, toboggans, etc.) dans les rues piétonnes. Ça attirait les gamins et leurs parents, ça apportait de l'animation et des clients pour les commerces autour. J'ai aussi apprécié les trottoirs la plupart du temps pavés et non systématiquement goudronnés comme en France. J'ai aussi noté l'absence des cités HLM. À mon retour, j'ai trouvé Vierzon déprimante, moribonde.

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