Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Commerce : quand la fiction fantasmée remplace une réalité moche

Publié par vierzonitude sur 20 Octobre 2017, 06:30am

Commerce : quand la fiction fantasmée remplace une réalité moche

Il y a manifestement, deux façons de lire la situation du commerce à Vierzon, celle qui arrange et celle qui dérange, les chiffres des instituts professionnels tels que Procos, par exemple, et les autres chiffres. Exemple éclatant, ce matin, dans la presse locale qui consacre un sujet au commerce vierzonnais où l'on est ravi d'apprendre que "L’offre de commerces et de services dans la ville est bien fournie" et que "Vierzon compte de nombreux commerces et services, malgré la concurrence des grandes surfaces". Sur le papier peut-être.  

Les études de ces dix dernières années soulignerait que le taux d'équipement serait satisfaisant. Une étude datée de 2015, d'Epacréca explique que "le centre-ville connaît une déprise très forte (habitat insalubre, offre commerciale paupérisée)", et que "certains linéaires commerciaux sont en déshérence." Sans oublier que "malgré une nette diminution de la vacance commerciale sur la rue de la République, artère routière principale du centre-ville, une dizaine de locaux, propriété de quelques bailleurs privés, restent vides et nuisent à l’image de cette rue." 

Et à la lecture des conclusions de cette étude qui a servi de support au plan de rénovation urbaine de Vierzon, on est sur une autre planète : "Il ressort de cette étude que le mouvement de désertification commerciale est encore réversible, en renforçant l'offre en équipement de la personne, en décoration et en restauration afin de renforcer Vierzon dans son rôle de centralité. Le recentrage du circuit marchand et l'amélioration des conditions d'accès (sens de circulation, stationnement, trottoirs adaptés) devront faire partie intégrante du projet de redynamisation.

L'important est ailleurs, entre la perception des chiffres et la perception sur le terrain. Exemple : "l’office du commerce et de l’artisanat de Vierzon (OCAV) indique que cette offre est supérieure à la moyenne nationale", lit-on. On espère que c'est une blague parce qu'un office susceptible de promouvoir le commerce ne peut pas dire ça quand les membres de son bureau sont commerçants ou juste piétons dans la rue Joffre par exemple... Et si Vierzon était aussi bien pourvue, l'évasion commerciale friserait-elle alors les 20% ?

On ne peut tout de même pas se contenter d'un chiffre, 733 établissements, qui ne correspond à rien, si l'on ne tient pas compte de la spécificité de chaque rue et de chaque quartier ! Prenons Villages qui a perdu deux bistrots, un magasin de vêtements remplacé par un commerce de cigarettes électroniques ainsi que deux épiceries (il n'y en a plus dans ce quartier !) L'OCAV va-t-il oser affirmer que l'offre est supérieur à la moyenne nationale ? Va-t-il y avoir une voix plus forte pour couvrir ce genre d'inepties ?

La vacance commerciale, de 23,4%, l'une des plus fortes en France, aurait aussi son explication rationnelle, de façon à en minimiser l'étendue. Si "ce ratio de locaux commerciaux vacants en 2016 est important comparé aux 15 % de moyenne en France, dans les centres des petites villes. Mais il ne tient pas compte de la baisse de population (environ 9.000 habitants depuis 1975) et des magasins disparus depuis, comme ceux de la rue des Ponts (une quarantaine) qui n’ont plus vocation à être des commerces mais ne sont pas déclassés." 

Voilà que l'on évoque la baisse de la population comme cause du problème commercial. Parce que, ça arrange bien nos responsables. Mais quand on tient le même discours à propos d'autres services, comme l'hôpital par exemple, la réaction est différente ! Les magasins de la rue des Ponts ont disparu, en partie, à cause de la construction du Forum république. Et si en 20 ans, la ville n'est pas parvenue à déclasser les pas-de-porte et à les transformer en logements, on imagine que la rue Joffre va rester dans son jus actuel pendant un siècle ! Que dire du Forum république qui a perdu son point-presse, sa cordonnerie-minute, son assurance partie en centre-ville...

Quant aux aides, on tombe de sa chaise. La seule qui existe dans le cadre du réaménagement du centre-ville, c'est l'incitation à refaire les façades. Très bien, cela concerne surtout les commerces ouverts. Parce que pour les commerces fermés, il n'y a rien. Pas de politique municipale comme a pu en mettre en place la communautés de communes avec la région pour le développement économique.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Articles récents