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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Un commerce de plus en moins rue Joffre... Rue quoi ?

Publié par vierzonitude sur 6 Février 2018, 17:00pm

Un commerce de plus en moins rue Joffre... Rue quoi ?

Un de plus en moins, rue Joffre. Un de plus à rejoindre la confrérie des rideaux baissés qui a, depuis longtemps, remplacé la Confrérie des marchands du vieux-Vierzon. Autre époque. Certains pleurent, d'autres sont indifférents. D'autres encore en appellent à la fatalité, aux habitudes de consommation, à l'époque qui change, à la société qui bouge. Pour certains, il semble quasi-normal qu'une ville devienne borgne, sourde, muette. Qu'après tout, la loi de la jungle ordonne aux gros de bouffer les petits. Dans cette histoire, le consommateur ferait partie du public, passif, il applaudirait, ou pas. Etrange conception d'une société fragile qui semble trouver la force, non pas dans la défense de ce qui fait son quotidien, mais dans l'entretien d'un système qui nuit en profondeur à l'existence même de ce qu'on appelle encore un centre-ville.

Alors, écrire qu'un commerce ferme rue Joffre, ce pourrait être écrire que l'eau mouille et que le feu brûle. Ce pourrait être aussi un énième cri de détresse lancé à la cantonade, un cri qui parviendrait à passer outre les bouchons dans les oreilles des uns ou les doigts enfoncés bien loin dans les conduits auditifs des autres. Un cri qui trouverait aussi sa traduction dans une forêt de gestes, une forêts d'appels de détresse qui serait capable de traverser les paupières closes qui enferment les yeux ou les mains épaisses qu'on met devant ses pupilles pour refuser de voir l'essentiel.

La banalité a remplacé l'exceptionnel. Aujourd'hui, un commerce qui ferme n'intéresse personne. Seul, un commerce qui ouvre commence à titiller les sens, c'est toujours mieux une bonne nouvelle, un commerce qui ouvre, alors qu'un commerce qui ferme, ça sent l'échec. Mais c'est un échec collectif, pas seulement celui du ou de la commerçant(e), non, un échec qui intéresse la communauté, en l'occurrence vierzonnaise. Un rideau qui se tire, c'est tabou, anxiogène, c'est anti-Vierzon même. Rendez-vous compte, on imputerait une fermeture à la collectivité. Mais c'est mal ! Ailleurs aussi ça ferme, pourquoi incriminer Vierzon plus qu'une autre ville ? 

Alors, rue Joffre, un commerce va fermer. "Tout doit disparaître", lit-on dans la vitrine. Une lumière de plus va s'éteindre. Mais quelle importance, vraiment ? Les Vierzonnais ont d'autres chats à fouetter, les élus ont d'autres promesses à ne pas tenir. Les consommateurs que nous sommes tous sont impuissants. Le commerce est impitoyable. On crache sur le capitalisme qui sacrifie des emplois sur l'autel des actionnaires, mais on va jusqu'à nous faire croire que le commerce n'est pas géré par des êtres humains, qu'il ne génère aucun emploi... Alors, on s'en fout. On manque de médecin libéral, on gueule. On manque de places de stationnement, on gueule. On manque de commerces, on va à l'hyper du coin.

Un de plus en moins rue Joffre. Lequel ? Allez voir par vous même. De toute façon, quelle importance. Quelle rue déjà ? Joffre ? C'est laquelle ? 

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Commenter cet article
A
En plus de l'Orée de Sologne et du Forum République, rasons aussi le rue Joffre en 2018…
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L
Cette rue va devenir , la rue "J'offre plus grand chose" à l'allure qu'elle se vide!!.
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V
Malheureusement elle etait deja vide mais vla 25 30 ans elle vivait trop bien cette rue joffre ainsi que la ville de vierzon toute entiere
D
je dirai même plus comme Dupont et Dupond, je connais mes classiques, un commerce de moins en plus
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