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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Hôpital : des gens veillent depuis plus de trente jours...

Publié par vierzonitude sur 21 Octobre 2018, 09:37am

Hôpital : des gens veillent depuis plus de trente jours...

Finalement, l'automne est une belle saison. Surtout par ce soleil mutin qui l'inonde de sécheresse un comble. Un dimanche agréable, sous toutes les coutures qu'un fond d'air frais replace dans le contexte de la hiérarchie saisonnière : ce n'est pas l'été non plus. Quel beau dimanche, chante Brel. Ca sent le café frais, la brioche et le jus d'orange, ça sent la sortie imminente ou le repos mérité, ça sent le bien-être et l'insouciance, la promesse d'un bon bouquin épais qui ne demande qu'à être ouvert.

Ca sent le dimanche sous toutes ses formes. Et puis, en élargissant son champ de pensées, en se disant, tiens, je vais moissonner ailleurs que devant chez moi, on se souvient qu'il existe une vieille, quelque part, des gens qui n'ont éteint la petite lumière rouge qui montre que l'appareil est sous tension, toujours branchée, prêt à l'emploi.

On se dit, comme ça, au coin de sa tête, que là-bas, dans la cour de l'hôpital, cette vieille a dormi sous la tente, cette veille est toujours là, depuis trente-quatre jours, que la grève entamée depuis juin ne faiblit pas. On se dit que l'intersyndicale sacrifie sont confort d'un dimanche automnal au profit d'une urgence qui abolie les saisons, les jours de la semaine, fatigue les yeux, les visages, rend nerveux on le comprend.

Le camp gaulois est dans le paysage et justement, c'est à force de se dire qu'il est là, qu'on en arrive à penser qu'il l'a toujours été. Et ce n'est pas bon. Mais, y penser c'est déjà être avec, soutenir avec ses propres armes, c'est que la pensée aussi peut aider. Ce n'est pas aussi tranchant qu'une présence physique, ce n'est pas aussi radical qu'une décision, mais tout de même.

Certains le font sans le dire, certains le disent sans aucun doute sans le faire, certains l'écrivent pour que les braises du feu ne s'étouffent pas sous la routine. Parce que les jours passent, et s'accumulent, on voit passer des photos, des rappels à l'ordre, des rendez-vous, comme un film qui continue, une émission de télé-réalité à laquelle on expurge la télé pour ne garder la réalité. Et c'est en voyant, toujours la même, toujours une autre, du nombre de jours qui s'empilent, que Vierzonitude a eu envie de souffler un peu sur les braises pour rappeler, que dans la tiédeur lumineuse de ce dimanche d'automne, il y avait quelque part, à Vierzon, des gens qui veillaient depuis plus de trente jours.

 

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