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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Virer Macron, mais pour mettre qui et comment ?

Publié par vierzonitude sur 25 Novembre 2018, 19:51pm

Virer Macron, mais pour mettre qui et comment ?

Autant le combat des gilets jaunes s'entend et se comprend, en dehors de la violence qu'engendre le mouvement, autant certaines idées défendues et relayées, parfois ad nauseam, par les mêmes, sont paresseuses et stupides. Soit elles découlent d'une ignorance épaisse de notre système démocratique, soit elles émanent d'une provocation grossière, ce qui finalement serait préférable. 

A longueur de réseaux sociaux, entre le pire et le meilleur, souvent le pire, on voit fleurir des comparaisons amalgamant les gestes d'un président de la France à ceux d'un dictateur fou furieux à moustache. Comment peut-on oser comparer la France à une "dictature" ? Comment peut-on oser parler de "censure" ? Comment peut-on penser aussi étroitement ? Comment peut-on conclure qu'un désaccord avec une politique, que les réponses apportées par une politique sont mauvaises, relèvent d'un acte de totalitarisme ?

Certains déjà, trop nombreux en tout cas, estiment que la presse en général lèse le mouvement car la presse cacherait au public certaines images favorables au mouvement et, au contraire, en montreraient d'autres, défavorables à la cause des gilets jaunes. Essayer de prouver que ces images favorables sont souvent fabriquées de toutes pièces, qu'elles n'existent pas, qu'elles ne sont que des falsifications, c'est déjà être dans la censure. Beaucoup prennent ce que d'autres leur disent comme argent comptant. Une rumeur devient une vérité et cette vérité devient inoxydable, la contester aussi devient un acte de censure.  

Comment appelle-t-on un groupe de pression qui exigerait qu'on écrive uniquement une seule version des choses ? Qu'on ne montre qu'une face des choses ? Une dictature ! Ce que certains reprochent au système actuel, ils le portent en eux, en germes, mais ce qu'ils voient chez les autres comme des actes autoritaires devient chez eux, des preuves de démocratie citoyenne parce qu'ils se pensent, justement, contre un régime violent et totalitaire. Il y a un problème, là.

Vouloir mettre au pas la presse, virer des politiques élus démocratiquement par une partie des électeurs parce que l'autre partie n'est pas content des résultats, vouloir installer un régime sous le joug d'une communauté qui déciderait de tout pour tout le monde, s'appelle aussi une dictature. 

Quand on lit qu'il faut organiser un référendum pour destituer le pouvoir en place, alors que ce même pouvoir à été choisi en toute démocratie, il y a de quoi se mordre. On lit aussi que certains estiment que ce  vote est illégitime car une partie du peuple seulement a voté et alors, qu'attend l'autre partie pour s'exprimer réellement ? Alors destituer le président, ok, pour mettre qui, et le mettre comment ?  

Les gilets jaunes ne peuvent pas et ne doivent pas tomber dans ce genre de clichés qui ne mènent à rien. Les rêveurs d'un nouveau mai 68, d'un soulèvement populaire, d'une révolution française sans Bastille à prendre, ne peuvent pas ignorer le sens des mots "dictature" et "censure", ne serait-ce que par respect pour toutes celles et ceux qui ont eu et qui ont encore à vivre sous des régimes totalitaires. Si nous n'étions pas en démocratie, les gilets jaunes ne pourraient même pas défiler dans les rues et bloquer les giratoires. Ils se disent 1,3 millions ? Les chiffres officiels dix fois moins ? Entre les syndicats et la police, il y a toujours eu des écarts faramineux. Est-ce pour cela que les syndicats parlent de dictature et de censure ? C'est pour cela que la presse a mis un système commun pour compter les manifestants.

Ce n'est pas parce que ce mouvement n'a ni leader politique, ni leader syndical, ni leader charismatique, qu'on peut laisser dire tout et n'importe quoi sous couvert de la colère, même légitime. Une image tronquée, truquée, arrangée, n'est pas une vérité parce qu'elle circule sur les réseaux sociaux. Bien sûr que ce mouvement est compliqué à gérer, mais plus les revendications seront structurées, étayées, plus le discours sera construit, plus la contestation pèsera.

Destituer un président élu à la loyale, même si beaucoup pensent le contraire, n'est pas un projet de société. On ne parle même pas d'un projet à long terme, on a bien compris l'urgence et l'immédiateté des souffrances. Aux leaders autoproclamés, aux lecteurs des réseaux sociaux, de faire la différence entre le réel et la fiction fantasmée. On peut être pour les gilets jaunes, et ne pas cautionner les monceaux d'inepties qui traversent ce mouvement. Et qui le gâtent par manque de clairvoyance.

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Simon Rodier 25/11/2018 22:03

Avec un seuil à 3% ou 5% il n'aurait pas eu d'élus.Il suffit de bien placer le curseur.Après je vous remercie d'inviter Hitler dans notre débat.C'est bien plus facile que de se mouiller.En Grèce aussi la proportionnelle permet aux néonazis d'Aube Dorée d'avoir des députés.Il ne sont pas pour autant aux portes du pouvoir.même la Russie si décriée par certains fait élire 50% de la Douma à la proportionnelle.En Israel ce mode de scrutin permet à tous les partis,y compris les partis arabes et islamistes d'être représentés à la Knesset.Au scrutin majoritaire vous n'auriez que 2 partis que se feraient face.Ce n'est pas ma conception de la démocratie.

michel 25/11/2018 21:32

Les frères Bogdanoff présidents !

LoL 26/11/2018 17:29

Ouais, mais ils prennent vite la "grosse tête," ces deux là, et c'est pas mieux!!

Mille et Une Taxes 25/11/2018 20:27

Voter pour le Président de la République n’est pas un acte anodin. Il demande en théorie quelques compétences dans divers domaines, notamment en histoire, en géographie, en politique, en géo-politique, en économie, en technique, en sciences, en biologie (ces trois dernières disciplines notamment pour l’écologie). Or, le suffrage universel ne rassemble pas à tout coup ces différents critères. Il peut donc arriver qu’un Président soit mal choisi en raison de ce mode de scrutin. Que fait-on dans ce cas ? On laisse filer en gâchant cinq ans de la vie du pays ? Il devrait y avoir un comité de surveillance, un comité des sages composé des élus tenant ou ayant tenu les principaux postes de la représentation nationale afin d’évaluer et de corriger la trajectoire présidentielle. C’est évidemment lourd comme système mais ça éviterait sans doute les situations comme l’actuelle. Il existe une institution, pour une autre utilisation, qui ressemble un peu à cela : le Conseil Constitutionnel.

Simon Rodier 25/11/2018 20:17

Les français savent compter jusqu'à 6.La 5eme République n'est pas immortelle.Elisons notre parlement à la proportionnelle intégrale à 1seul tour.Et chez la plupart de nos voisins,il n'y a pas de Président ou alors il a très peu de pouvoir.En quoi la fonction présidentielle serait elle indispensable?

Républicain 25/11/2018 20:46

À ce sujet, on peut lire dans « Hitler » de François Kersaudy « (..) lorsque le parti d’Hitler se présente aux élections législatives: il recueille seulement 2.6% des voix. Grâce au système électoral de représentation proportionnelle, il aura tout de même 12 députés au Reichtag – sur 491. » (p. 60.) Eloquent .

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