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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


A Vierzon, compter les commerces qui ferment serait morbide

Publié par vierzonitude sur 17 Décembre 2018, 06:19am

A Vierzon, compter les commerces qui ferment (avenue de la République) serait donc morbide, remarque d'une lectrice sur la page Vierzonitude. Ainsi, à Vierzon, les élus auraient le droit de compter les emplois qu'ils pensent avoir créés, les entreprises qu'ils pensent avoir installées et les voix qu'ils estiment engranger pour les prochaines élections municipales. Mais Vierzonitude ne pourrait pas recenser sur les doigts de plusieurs mains, les commerces qui ferment, ce décompte serait morbide. En fait, il dérange plus qu'il est morbide. 

Étonnant, car à Vierzon, on compte les commerces qui ouvrent, rue Joffre par exemple. La communauté de communes en profite pour faire de jolies photos de famille. D'ailleurs, même Vierzonitude compte les commerces qui ouvrent rue Joffre, ce blog consacre des articles à ces nouveaux pas-de-porte occupés. Mais voilà, Vierzonitude compte aussi les commerces qui ferment avenue de la République, dix-neuf bientôt.

Or, les commerces qui ferment, ce sont des emplois que l'on perd, du dynamisme que l'on perd, de la vie que l'on perd, regardez ce qu'est devenu Vierzon le samedi après-midi. Regardez, Jennyfer a fermé, pas un mot pour les trois employées de ce magasin.

Il ferme, comme si de rien n'était. Si ces trois emplois perdus l'étaient dans une entreprise vierzonnaise, il y aurait déjà une grève et des banderoles, et une motion votée au conseil municipal. Or, là, c'est du commerce, ça ne concerne personne, ce n'est de la faute à personne, c'est la vie... 

C'est toujours bien que quelqu'un, au moins, compte.  Grâce au nombre de commerces fermés par rapport au nombre de pas-de-porte total, on peut calculer le taux de vacance commercial. Ce que ce blog veut montrer, c'est qu'on peut s'intéresser à ce qui va et à ce qui ne va pas. En même temps...

On tartine les biscottes des Vierzonnais avec les initiatives qui permettent d'ouvrir des commerces dans une rue jamais entretenue et que la ville a abandonnée, avec des zones industrielles subventionnées à coup d'argent public, avec des entreprises subventionnées de la même façon mais les commerces qui ferment, qui peinent, qui disparaissent comme la dernière librairie de cette ville, comme les boulangeries qui fondent comme neige au soleil, il ne faudrait pas les compter. Il faudrait qu'ils restent invisibles. C'est justement parce qu'une partie de la France s'est aperçue qu'elle était invisible, qu'elle a enfilé un gilet jaune.

Ce qui est morbide, c'est de ne rien faire, d'accuser la conjoncture, les autres et d'attendre que des subventions correspondent à un projet pour faire quelque chose et non pas plutôt monter un projet en accord avec les aspirations de la ville pour toucher des subventions. Ce qui est morbide, c'est qu'une politique de la ville ne tienne pas compte de son commerce, de son environnement pour qu'il puisse prospérer. 

Or, hormis avoir englouti des millions d'euros avec un prestataire de service que l'on paye encore, qu'elle fut la politique commerciale de la ville depuis dix, vingt ans ? Donner son accord pour monter des enseignes en périphérie. Fin 2018, on perd encore des commerces en centre-ville et les élus votent encore pour que des commerces s'installent en périphérie pendant que l'Etat paye pour installer des commerces en centre-ville... C'est encore plus morbide que ce modeste comptage.

Comment ne pas répondre au problème, comment se contenter de dire, "c'est partout pareil", "c'est pire ailleurs", "la ville n'y est pour rien", bien sûr ce n'est pas seulement la faute de la ville, c'est aussi celle des consommateurs, des nouvelles habitudes d'achat. Quand on choisit d'investir de l'argent public dans un bowling, dans un énième bâtiment public, dans un centre routier, quand on construit le siège social de Véolia en empruntant via la société d'économie mixte, quand on décide de vider la rue Joffre au profit de l'avenue de la République,

​​quand on subventionne des entreprises à hauteur de 360.000 euros, ce sont autant de choix politiques qui sont faits, ils peuvent être contestables, mais ce sont des choix politiques.

Quand on ne fait pas du commerce une priorité, quand on refuse de faire un centre-ville attractif, ce pourrait être aussi des choix politiques. Ils peuvent être contestables mais ce n'est pas grave, car ces choix-là ne sont pas appliqués. Alors, si ce comptage est morbide, que dire de l'immobilisme et de l'abandon de la question du commerce dans une ville de 27.000 habitants.

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