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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


J'ai dédicacé dans un salon de coiffure mais quel salon de coiffure

Publié par vierzonitude sur 15 Décembre 2018, 22:06pm

 

Sur la place Gallerand, Valérie distille à grosses doses son optimisme qui ruisselle jusque dans la fontaine, en face. Le salon de coiffure, vigie de la place, concentre, un samedi matin, ce que la vie admet de sourires, de bonne humeur, de bavardages.

 

 

Au milieu des shampoings,
Et des sèche cheveux
La mèche serre du poing
Pour exaucer son vœu.
Une mèche en virgule
Qu'on aperçoit de loin
Et dont le ridicule
Ne tue point.

Donc, au milieu des shampoings, une pile de livres à dédicacer. Après une laverie automatique, j'ai dédicacé dans un salon de coiffure, car il n'y a aucune porte qui ne reste fermé devant un livre.

 

 

C'est fascinant ce croisement des gens. Comme à la laverie, ils viennent, pas pour les mêmes raisons, c'est un tourbillon entre le rez-de-chaussée et l'étage. Et le livre attend sur sa table, entre un café et un croissant. Ce pourrait être tiré par les cheveux mais non.

 

 

Valérie a déjà son exemplaire, dédicacé, et il passe de mains en mains. C'est assez étonnant, cette sensation, d'être face à une personne qui vous lit, qui vous regarde, qui plonge à nouveau son regard dans le livre et vous regarde encore.

 

 

Le salon de coiffure est après le bistrot (et la laverie automatique) où l'on cause, c'est carrément un lieu public, un giratoire où se croisent les uns pour une coupe, les autres pour une taille de barbe, et le livre attend toujours.

 

A Vierzon, il y a plus de salons de coiffure désormais (un peu plus de quarante) que de bistrots (un peu moins de quarante). C'est fascinant. pas étonnant qu'à Vierzon, il y a eu des cafés-coiffeurs, come au Bois d'Yèvre mais certainement ailleurs aussi.

 

 

La cliente a le livre entre les mains et je suis en face d'elle. Du coup, à quoi bon lire le livre, je vais le raconter. Déjà, deux dédicaces au compteur, dont un jeune homme venu de la part de sa grand-mère qui ne peut pas se déplacer. Les auteurs devraient venir dans les salons de coiffure, pas seulement parce qu'il y a des fauteuils massants mais parce qu'il y a des visages et des occasions multiples d'engager une conversation. 

 

 

Ce n'est pas comme un bistrot, là, on y vient sur rendez-vous, on ne s'accoude pas au comptoir, mais on se pose dans ces impressions fauteuils de coiffeur et parfois, on sent la brise chaude du sèche-cheveux qui agace un peu les pages du livre. Mais qui les fait tourner. A se demander si le monde tournerait sans les salons de coiffure.

 

 

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