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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


La librairie, un service public qui aussi nous a quittés à Vierzon

Publié par vierzonitude sur 17 Mars 2019, 06:40am

Non, ailleurs ce n'est pas pire qu'ici... L'hebdo Marianne qui n'a rien d'un journal de droite consacre un reportage essentiel à la librairie "le dernier service public". En la matière, Vierzon a perdu le sien, bien décidée à se battre pour d 'autres causes jugées plus nobles. Ici, on accorde plus d'intérêt à l'ouverture de restaurants ou à l'implantation de supermarchés qu'à la survie de la dernière librairie indépendante. Bien sûr, nos élus nous diront qu'ils n'y peuvent rien.... Marianne prouve le contraire.

Dans un village de 900 habitants, on trouve une librairie avec onze salariés et 120.000 références. Dans un autre de 4000 habitants, on trouve une librairie indépendante. Dans une ville où le chômage atteint 20%, il y aussi une librairie en vue. Alors, le fatalisme destiné à nous expliquer qu'à Vierzon, frappé par le chômage, et les problèmes sociaux etc, ça ne tient pas la route. Question de volonté... politique.

Vierzon entretient, depuis l'ouverture du Ciné Lumière, un lien privilégié avec la culture des débats autour d'un film grâce à Ciné rencontres. Comment expliquer dans une ville de 27.000 habitants qui organisent trois salons du livre (celui des Amis du musée, celui de la jeunesse et celui du Polar et du vin), on ne puisse plus s'appuyer sur une librairie indépendante mais sur une librairie étiquetée de la grande distribution ?

On a l'air malin avec nos trois salons du livre tout en étant incapable de faire subsister un librairie... Des communes de 3000 habitants dans le sud ou de 9500 habitants dans le Nord ont lancé des appels à projets pour rouvrir une librairie. Comment, dans une ville bénéficiant d'un plan de renouvellement urbaine et d'une action Coeur de ville, on ne puisse pas faire ce genre d'appel à projets ? Pourquoi arrive-t-on à financer une salle d'expositions dans l'ancienne Poste et que l'on ne pense pas à se doter d'une librairie pourtant fédératrice ?

Et qu'on ne vienne pas nous dire non plus que l'interventionnisme municipal est exclu. En 2015, une liquidation menaçait une librairie pour cause de loyer trop cher. La communauté de communes du Pays-d'Aspt-Lubéron est intervenue. La librairie a eu gain de cause. Des régions subventionnent même les librairies... Un projet de librairie dans une ville de 27.000 habitants est autrement plus structurant qu'un supermarché ou qu'un parking à camions. Question de priorité politique, question de soutien à une initiative privée. Et pourtant, on en soutient des initiatives privées avec de l'argent public.

Quant Marianne conclue "libraire, un métier d'avenir", ça devrait faire réfléchir. Même à Vierzon. Surtout à Vierzon. Dans le cadre du salon du livre de Paris, France Culture révèle que "Les Français lisent toujours autant malgré internet et les séries".

Alors le fatalisme qui consiste à se retrancher derrière le fait que chez nous, ça ne fonctionnerait pas, est une gageure. Il faut juste montrer une volonté sans faille pour que se reconstruise, à Vierzon, ce genre de commerce. Pourtant, ce ne sont les librairies qui manquaient à Vierzon. En voilà un projet intelligent pour une éventuelle liste aux municipales : avoir l'objectif d'aider à la création d'une librairie à Vierzon et à des animations qui graviteraient autour. Sinon, franchement, à quoi ça sert d'avoir des salons du livre ?

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Tumen 17/03/2019 17:04

Cette semaine h'ai acheté la trilogie Voyages d'Ibn Battuta.Le mensonge de Dieu de Mohamed Benchicou.Alexandre de marenches,le maitre du secret de JC Nottin.Les raisins de la misère d'Ixchtel Delaporte.Et Marchands d'armes,un business français de Romain Mielcarek.Et je lis en ce moment Baguettes chinoises de Xinran.Livres achetés en librairie indépendante.Vive l'amitié entre Vierzon et dong Xi Hu.

Wizard 18/03/2019 11:09

C'est dingue le nombre de bouquins qui sortent, et pas seulement en France.
IL y a quelques méthodes de sélection qui permettent à peu près d'éviter les déconvenues. N'oublions pas qu'une grande part du lectorat prend pour argent comptant et vérité d'évangile tout ce qui se retrouve imprimé, broché ou relié.
Qui plus est dans tous les cas ou presque, le nom des auteurs est prépondérant dans les choix du public. Ou les prix décernés.
Pour ce qui concerne les ouvrages de culture générale ou scientifique, qui font le socle d'une éducation et forgent un jugement, les nouveautés sont largement commentées sur les forums et par les clients des sites marchands.
Pour les essais, les ouvrages d'analyses historiques, les biographies, etc, la sélection est plus difficile car les avis exprimés par les lecteurs sont le plus souvent sinon toujours politiquement ou philosophiquement orientés. Qu'il me soit par exemple permis d'évoquer ici un auteur bien connu dans la région, Alain Rafesthain (oui celui du musé de Fussy, hum je crois). Comment deviner que ses ouvrages consacrés au dernier conflit mondial exsudent à chaque page ses sentiments passés au tamis de ses opinions politiques, c'est vraiment pas évident.
Alors, pour la littérature romanesque la découverte de nouveaux auteurs relève tout simplement de la loterie. Se référer aux goût d'un libraire plus ou moins indépendant constitue une approche impraticable pour les lecteurs exigeants qui ne baignent pas dans le mainstream.
Ultime solution qui a fait et fait toujours ses preuves, laisser le temps faire les choses et attendre de voir ce qui surnage dans toute cette production.

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