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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Brel et Vierzon : un demi-siècle de malentendu et d'idées reçues

Publié par vierzonitude sur 5 Juin 2019, 05:10am

Un malentendu. Depuis cinquante-et-un ans et encore aujourd'hui, Vierzon vit, avec Jacques Brel, un malentendu. Aujourd'hui encore, certains croient entendre dans la chanson, des paroles péjoratives qui nuiraient à la ville. Mais pourquoi la chanson Vesoul aurait-elle nuit plus à Vierzon qu'elle aurait nuit à Vesoul, Honfleur ou les autres villes citées. Mystère...

Rien dans la chanson ne porte préjudice à Vierzon. Rien, absolument rien.

Un autre malentendu se fait jour : la chanson s'appelle Vesoul, elle commence par Vierzon, Vesoul en prend toute la lumière et Vierzon la queue de la comète. Injustice ? Jalousie ? Tandis que Vesoul se dote d'un collège au nom de Brel, d'une place Brel, d'un festival de chanson francophone Jacques Brel, Vierzon boude. Elle n'accorde au chanteur qu'une petite rue perdue dans une cité qui sort de terre dans les années 1980.

Le 11 octobre 1978, le quotidien le Monde publie un article, dix ans après la chanson. 

On y lit ceci : "Auteur de la chanson " Vesoul " qui a considérablement contribué au renom du chef-lieu de la Haute-Saône, même si les Français continuent souvent à situer la cité de la Motte au cœur de la France rurale profonde, à la place de Toul ou de Vierzon, Jacques Brel ne sera donc jamais venu chanter à Vesoul."

Mais on y lit surtout cela : "Que feront aussi, également concernées par la même chanson, mais sans l'honneur du titre, les villes de Vierzon, Honfleur, Hambourg, Anvers, Paris et... Byzance ?" Sans l'honneur du titre... Voilà la faille. Le déshonneur du titre... Pourtant, la notoriété attend Vierzon. Qui n'a pas sur le bout des lèvres le fameux "T'as voulu_ voir Vierzon", dévoyé, mal utilisé, moqué... 

La preuve. En avril 1996, dans un article, toujours du monde, consacré au printemps de Bourges, on lit ceci : "Pour s'y rendre par le train, il faut changer à Vierzon. C'est l'horreur de la France profonde vue par Jacques Brel, mais c'est aussi le doux paysage des affiches mitterrandiennes de 1981".

C'est l'horreur de la France profonde vue par Jacques Brel : terrible cette sentence. Horreur, France profonde, Brel... Voilà comment, presque trente ans plus tard, la chanson Vesoul a pu infuser dans les esprits. Comment Vesoul a pu prospérer à l'ombre de cette chanson, comment Honfleur a pu aussi s'en accommoder et pas Vierzon ? Il a fallu attendre un demi-siècle pour que l'actuel maire de la ville décide de consacrer un vaste place au chanteur. Est-ce que cela sera suffisant pour que la chanson Vesoul trouve grâce aux oreilles des Vierzonnais ? 

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