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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


On a lu Et ainsi de suite de Jean-Luc Mélenchon

Publié par vierzonitude sur 19 Septembre 2019, 15:58pm

On a lu Et ainsi de suite de Jean-Luc Mélenchon

185 pages. Deux heures trente de lecture. On ne peut pas nier le talent d'écriture de Jean-Luc Mélenchon, ni sa culture qui, à ses dires, trop pointue, lui aurait été défavorable au moment où il crie "Ma personne est sacrée", "La République c'est moi", deux références historiques qu'il développe pages 88 , 89 et 90. "La vérité est encore une fois trop sophistiquée pour mes agresseurs." Son livre, sorti ce jeudi, "Et ainsi de suite", avec pour sous-titre "un procès politique en France", se présente sous la forme d'un journal écrit à la toute fin juillet et tout le mois d'août. On se balade, avec le tribun insoumis, sur un style fluide. Le livre, on le sait, coïncide avec l'ouverture, ce jeudi, de son procès en correctionnel avec d'autres Insoumis pour ce qui s'est passé lors d'une perquisition dont on connaît jusqu'à l'intimité.

Si vous vous êtes absenté de France depuis plusieurs années, que vous n'ayez jamais pris des nouvelles de l'Hexagone et qu'en rentrant, vous n'avez pour seule lecture que le livre de Jean-Luc Mélenchon, vous vous dites que 1984 est une bluette... On exagère bien sûr mais l'exagération est un trait caractéristique de cette lecture. On a bien compris que le livre doit servir d'avocat, l'avantage c'est qu'il rapporte plus qu'il ne coûte. Il dresse surtout, au fil de la plume éruptive de l'Insoumis en chef, le portrait d'un pays qui lui en veut, qui dresse sa police et sa justice contre lui avec la complicité des "médias moulins à paroles du pouvoir".../... "au point de faire ressembler notre pays au pire de ce qui se passe ailleurs en matière de dérive autoritaire." 

Il faut s'attendre au pire : "le procès politique des Insoumis en France est un cahier de brouillon, un essai, un prototype." Encore pire : "la guerre contre les militants politiques insoumis est menée au clairon." D'ailleurs, il l'affirme : "je ne dois pas accepter de me faire couper la gorge dans le vacarme confus de l'information spectacle qui va prévaloir." Les expressions sont aiguisées : "pilori médiatique", "violence judiciaire", "parlementaires d'opposition réprimés en raison d'une action politique collective". Les médias dans la nasse : "un contexte où la brutalité et la violence judiciaires se sont banalisées au point que les médias favorables au pouvoir puissent ensuite s'en réclamer pour nier la gravité du moment."

L'Insoumis principal parle aussi de "rafle", au cours d'une digression sur une manifestation à Bure en juin 2018. Mais tout de même, certains gardent raison à ses yeux : "à cette heure tout ce qui reste d'indépendance de la justice est concentré dans la conscience des juges du siège qui se cramponnent à l'application de la loi". D'autres mots s'étiolent au fil des pages : "intimider, "meurtrir" dit Jean-Luc Mélenchon, "pour une opération de police politique sans précédent dans les annales de la Vè République.". Et pourquoi ? "depuis que des procureurs ont décidé de consacrer une part de leur activité à détruire ma réputation". On en revient au discours, "la haine de caste". Mais qui la décrète ?

On en revient aussi aux déclarations "Ma personne est sacrée", "La République c'est moi", références historiques. "J'ai oublié leur niveau d'inculture en dépit de leurs grades", écrit le député. Il y a des pages agréables à lire, instructives, de l'humour un peu, des pages d'histoire. Mais on sait pourquoi le livre a été écrit. Pour mettre police, justice, médias "Les putes à clic", dans le même sac sauf s'ils donnaient raison à l'auteur du livre... On est encore là. Toujours là. La France "une dérive autoritaire". La preuve : "pour les Insoumis et moi même, le secret de l'instruction n'existe pas." Qu'ils se rassurent, pas seulement. Mais voilà, il n'y a pas Mélenchon au pouvoir. Donc tout va mal. 

"Evidemment,  ce moment là, lit-on encore, le pays n'est pas encore entré dans la phase de répression brutale et disproportionnée qui a banalisé la violence policière et judiciaire et rendu évident son contenu politique." Nous avons versé dans une dictature, le mot n'est jamais écrit, évidemment, mais il transpire. "Le régime a aussi à diaboliser toutes ses oppositions les uns après les autres dans le même registre du dénigrement et de l'appel au mépris de classe. Qu'il s'agisse de bestialiser un leader d'opposition ou de stigmatiser "les gens qui ne sont rien" la forme la plus moisie de la vieille réaction a trouvé un porte-voix et un visage qui lui fournit le prétexte des apparences juvéniles et entreprenantes."

A la fin du livre, comme si nous n'avions pas compris ce qu'était la France, "le maintien de l'ordre idéologique est assuré. Il s'ancre comme dans tous les régimes de tempérament autoritaire sur un étroit couplage de viol des libertés individuelles avec la volonté d'imposer par la propagande et la répression la plus implacable une pensée unique hégémonique". Certains auront sûrement le sentiment d'habiter le même pays que Jean-Luc Mélenchon, victime d'une machination politique dans un pays où l'on peut lire, dès sa parution, le livre dans lequel il critique le pouvoir médiatique, policier, judiciaire. Ce n'est bien évidemment pas un gage de liberté d'expression dans un pays aussi verrouillé. Sans doute un complot médiatico-politico-judiciaire. 

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LoL 20/09/2019 10:41

Et oui, "un sou mis sous la table, est un sou repris", telle est la devise du gouvernement pour tous les partis politiques !! :-)

Quand t'on a rien à se reprocher, rien ne sert d' hurler constamment pour se faire comprendre ,afin de prouver sa bonne foi !!

Le Média 19/09/2019 23:23

Stop aux procès politiques!En macronie l'Insoumission est mise en examen!Le justice passera!Résistance!

Léon 19/09/2019 19:44

La preuve qu’il n’y a de procès politique en France c’est que Monsieur Benalla est toujours libre de continuer ses affaires

mete-thenioux 19/09/2019 18:14

Je trouve cela bien navrant , un homme politique peu importe sa couleur sa carte son parti etc etc etc ce doit être responsable et pas au dessus des lois qui écrivent ,eux qui ceux prétendent différent des autres ne sont finalement que les copies des autres , personne ne doit être au dessus des lois et justement lui qui ce dit être de la république ce doit montrer l'exemple ! ok ok tout personne peu être en colère sur le moment et je comprend que cette situation peu être énervante ! on peu être en colère oui mais voila ' nul ne dois ignorer la loi " pour une personne comme cela est difficile oui je ne créer ne fait pas de loi , je ne suis pas un homme de loi , mais ce Monsieur OUI !! et quand on a rien a ce reprocher on essayer de ce calmer ;alors dommage Monsieur le Député ni votre cocarde , ni vos millions ( en banque ) ni vos 'abonnes ' ne vous donne ce droit ! quand on veux critiquer ce camarade d'assembler on ne doit pas montrer le mauvais exemple et enfin accepter que la justice ce fasse pour savoir la vérité

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