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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Aujourd'hui, un journal est mort

Publié par vierzonitude sur 8 Novembre 2019, 21:26pm

Foutue période où des journaux meurent. Quarante-huit personnes sur le carreau, elles travaillaient au quotidien l'Echo, dans cinq départements :  Haute-Vienne, Creuse, Corrèze, Dordogne et Indre, dans les bureaux de Limoges, Tulle, Guéret, Périgueux et Châteauroux. L'Echo était un journal créé par la résistance à Limoges pendant la seconde guerre mondiale. Il a été mis en liquidation judiciaire par le tribunal commercial de Limoges.

Au-delà du drame humain et économique, c'est un journal de plus qui disparaît. Moins de recettes publicitaires, moins de lecteurs et un canard de plus au cimetière de la presse en général, de la presse régionale en particulier. Plus rien ne résiste à la dictature du tout numérique, et surtout pas le geste simple d'acheter un journal en kiosque et d'en tourner les pages en buvant un café sur le coin d'un comptoir. Comme les bistrots, les journaux ferment.

La mort d'un journal, c'est surtout celle du pluralisme. Combien de départements en France compte encore deux journaux qui se font face ? Les journaux papier sont en sursis, sauf que personne, encore, à quelques exceptions près (citons Médiapart) n'a trouvé la solution de la rentabilité numérique. Paradoxalement, le papier fond à vue d'oeil, faute d'acheteurs, mais le numérique ne remplit pas les caisses.

Alors voilà. L'Echo a cessé de paraître. Il a cessé d'irriguer les territoires, de prendre rendez-vous avec ses lecteurs le matin, de porter une histoire, un témoignage, un point de vue, une façon de traiter l'actualité. Derrière cette façade de papier, il y avait surtout des hommes et des femmes, aujourd'hui terrassés par l'absence de leur outil de travail. Jusqu'où s'arrêtera ce naufrage, dans une société qui se gargarise de réseaux sociaux, de buzz, d'instantanéité et de superficialité. 

Haute-Vienne, Creuse, Corrèze, Dordogne et Indre

Le journal a été créé en 1943 sous le nom de Valmy ! et diffusé clandestinement pendant la guerre. Il a ensuite été baptisé L'Écho du Centre, puis L'Écho, très ancré à gauche avec une ligne antilibérale et un temps, après guerre, « strict porte-parole du parti communiste », selon son histoire publiée sur son site internet.

Marcel Rigout, ancien député et ministre communiste du gouvernement de Pierre Mauroy, a été directeur du journal de 1958 à 1987.

« C'était le quotidien de la classe ouvrière. Il était très implanté, très enraciné dans les campagnes. Ce canard, c'était un patrimoine », a expliqué à l'AFP Georges Châtain, journaliste à L'Écho depuis 1970.

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Wizard 09/11/2019 15:50

Il est malheureux et dommage qu'il faille vous rappeler qu'un journal n'est rien qu'une manifestation mercantile d'une certaine idéologie, puisque c'est toujours d'idéologie dont il s'agit. Pour être honnête, mercantile OU militante et parfois les deux puisqu'elles ne sont pas exclusives l'une de l'autre.
L'information ne repose donc sur aucune structure, elle dépend uniquement des individus en capacité de la divulguer et de la faire attester.
Tout ceci n'est pas compréhensible par ceux dont l'évolution culturelle s'est figée il y a 80 ans.
R.I.P.

Cgtn 09/11/2019 09:52

Les cocos du Limousin ont perdu leur journal,l'Echo!Derrière un journal qui meurt il y a toujours des femmes,des hommes et des idées!Désolant!

Usine nouvelle 08/11/2019 22:27

Quand un journal disparaît,ce sont les idées quu meurent!Quand les idées sont réduites au silence,le temps de l'humanité est compté!
La société de consommation et la sous culture anglo saxonne nous ont abetis,abrutis,et rendus indifférents au débat d'idée ainsi qu'à la presse écrite!
Hommage à la Terre,France SOIR,la Nouvelle République du Cher,et j'en passe!
Ce sont Anne Sophie Nogaret et Jean Paul Brighelli qui ont raison!Nous sommes bêtes!

Wizard 09/11/2019 16:11

Mr, Mme,
Je ne tiens pas du tout à vous brusquer de quelque manière que ce soit.
Vous semblez croire qu'il faut un "débat d'idées" à tout propos. Ainsi, il vous faudrait un débat d'idée pour savoir si un sapin n'est pas un chêne ou réciproquement.
De quelle idées voulez-vous parler ? Si votre édification se passe par la presse on comprend mieux le désarroi qui vous agite.
La presse n'a pas d'idées, et ce n'est pas son rôle qui consiste simplement à relayer l'info, ou alors vous ne faites pas la différence entre information et propagande.
Vous parlez en outre de sous-culture, alors merci de nous éclairer sur les résultats et les effets de la sous-culture d'une fraction de la nation française dont vous vous revendiquez.
C'est bien de faire rire ou sourire puisque dans tous les cas il s'agit de participer.

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