Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


La conceptrice d'une école de commerce à Vierzon ne perd pas espoir

Publié par vierzonitude sur 30 Juin 2019, 05:40am

Djamila Youcef-Khodja ne désarme pas après le refus du Rectorat, en janvier 2018, de valider son école de commerce qui devait se tenir rue Blanche-Baron dans un premier temps (ancienne étude du notaire) et/ou dans une propriété près du collège Fernand-Léger,  Cette chercheuse, lauréate en 2016 du prestigieux Massachussetts intitute of technology pour sa découverte d'une molécule capable d'absorber les toxines en cas de marée noire "espère faire de sa Solve Business School, une école de commerce reconnue par le rectorat. Le dossier a été déposé, il est en attente de validation", raconte France Bleu Berry.

"Depuis la Solve Business School installée à Vierzon, Djamila, fondatrice et directrice de l'institut, organise des stages de 4 à 5 jours - appelés des "bootcamp"- partout dans le monde. L'un de ces stages vient de débuter à Bangkok en Thaïlande. 400 personnes se sont inscrites : " Ce sont des gens du monde entier. On va leur présenter un programme en 24 étapes, c'est une méthode américaine. Il y aura de grands spécialistes. Et nous aurons aussi une rencontre avec _le Prix Nobel de la Paix de 2006_, Muhammed Yunus, qui a crée le crédit pour ceux qui n'y ont classiquement pas accès".

Ce que nous écrivions en 2018 : Une école de commerce près du collège Fernand-Léger et un internat pour étudiants rue Blanche-Baron, une maison de repos pour cadres supérieurs sur le parc technologique, autant de projets qui ont tenu en haleine la communauté de communes notamment. Deux ans plus tard, le Rectorat vient de refuser l'ouverture de l'école de commerce. La conceptrice de ces deux projets s'exprime sur Vierzonitude.

La conceptrice d'une école de commerce à Vierzon ne perd pas espoir

1 - Une école de commerce, une maison de repos pour cadres supérieurs, n'est-ce pas un peu trop ambitieux ?


Tout dépend de l’environnement dans lequel ils s’implantent. Dans une ville comme Paris, ça reste des épiphénomènes tandis que dans une ville comme Vierzon, qui traverse des difficultés économiques structurelles, c’est le veau d’or comme vous l’aviez souligné au téléphone.
 

Toujours est-il qu’il faut bien comprendre que si ces projets peuvent s’inscrire dans une volonté de contribuer à l’essor de la ville, ils ne s’appuient pas sur une clientèle locale, autrement ce ne serait effectivement pas viable.
 

L’école par exemple se veut internationale de par la composition de son équipe enseignante et des étudiants sélectionnés pour la simple et bonne raison que le but d’une telle école est de trouver des solutions innovantes qui viendront répondre aux challenges globaux tels que la faim dans le monde, les difficultés d’accès en eau potable, etc. Le but de l’école n’est nullement de produire des bureaucrates ou managers classiques; pour cela il y a les écoles de commerce traditionnelles.

Au contraire, notre but est de promouvoir les esprits qui réfléchissent en dehors de cadre (des anti-conformistes) et qui précisément savent s’affranchir des conceptions préalables et solutions toutes faites. Bien que nos diplômes seront reconnus, les diplômes ne sont pas une condition sine qua non pour être recruté parmi l’élite des entrepreneurs que nous cherchons à constituer. Nous cherchons avant tout de personnalités avides de changer le monde!

2 - Pourquoi avoir choisi Vierzon pour ces deux projets ?

Vierzon est ma ville natale. Je ne vous cacherais pas que l’on m‘a dissuadée d’implémenter un tel projet sur Vierzon mais les racines l’emportent sur la cime. En réalité le projet est déjà bien ficelé. Je me suis arrêtée de travailler pendant plus d’une année à cet effet. Il ne manquait plus que cet agrément du rectorat qui visiblement n’a pas bien saisi les tenants et les aboutissants du projet.

3 - Le refus du Rectorat d'ouvrir votre école de commerce aura quelle(s) conséquence (s)  ?

La première conséquence est une prise de conscience d’un fossé en termes de mentalité qui s’est accru au fil de mes expériences surtout en terres anglo-saxonnes. Un tel projet n’aurait eu aucun mal à susciter l’intérêt des acteurs locaux aux USA par exemple. On serait pour ainsi dire venu me chercher. Et j’ai d’ailleurs été approchée à multiples reprises pour implémenter le projet ailleurs. Je réfléchis.
 

J’ai eu la chance d’échanger avec de véritables génies de l’innovation qui créent des appareils que vous ne pensiez pas possibles qu’ils puissent exister. Je suis en contact régulier avec des gens qui changent le monde, etc. Et lorsque vous recevez un courrier d’opposition du rectorat qui vous dit que vos poubelles ont l’air de n’avoir jamais été utilisées et que ceci est un critère qui déterminent l’opposition, naturellement vous tombez de haut et vous comprenez qu’on n’évolue pas dans les mêmes dimensions et qu’à moins d’une distortion de l’Espace Temps, il y a peu de chances que nos mondes parallèles puissent un jour se croiser. Et ça n’est pas faute d’avoir essayé!

4 - Selon vous, et en dehors des raisons invoquées par le Rectorat, pourquoi une telle décision ?

Le dossier a été instruit pendant une longue année par le rectorat ce qui constitue un délai anormalement long pour ce type de dossier. Pour les raisons invoquées pour s’opposer à l’ouverture de cette école, le bon sens suffit pour comprendre qu’il y a quelque chose d’anormale dans cette décision.

Au-delà de l’aspect lié à l’éducation il était aussi question de créer par exemple un Festival International de l’Entrepreneuriat et de l’Innovation, d’un Forum International Smart qui rassemblerait les dernières innovations pour une ville connectée. Tout cela aurait eu des retombées économiques systémiques : les hôtels tournent à plein régime, idem pour les restaurants, les propriétaires louent leurs logements vacants, le renommée de Vierzon montent en flèche, etc.


Mais il y a des blocages administratifs qui montrent bel et bien qu’ils n’oeuvrent pour le bien de l’intérêt général et des pseudo raisons liées à l’ordre public. La logique qui sous-tend les blocages est ailleurs...

5 - Un terrain était réservé pour la création d'une maison de repos pour cadres supérieurs, dont vous êtes le promoteur. Que s'est-il passé alors ?

Je suis toujours en contact avec le chargé de développement de la communauté des communes. Nous nous sommes accordés sur le fait qu’une fois le projet de l'école mis sur les rails, je reviendrai sur ce premier. 

6 - On vous a refusé l'ancienne Poste pour installer votre école. Avez-vous d'autres locaux en vue ?

Etant donné que l’agrément a été refusé, je suis dans une autre perspective... Cependant, bien que Monsieur le Maire m’a informée du fait que l’ancienne Poste était destinée à d’autres projets, il m’a aiguillée sur les bâtiments de la Société Française...

7 - Si ce projet ne voit pas le jour que va devenir l'ancienne étude de la rue Blanche-Baron et que vont devenir vos locaux près du collège ?
 

Je n’y ai pas encore pensé.

8 - Ne pensez-vous que de telles ambitions peuvent effrayer ? 

Au lieu de peur, je pense qu’il faut être plus précis et parler de difficulté à appréhender un tel projet dans la mesure où il a le pouvoir de générer des effets systémiques sur la ville de Vierzon mais aussi du fait de son envergure internationale.

Me concernant et étant un véritable bourreau du travail, ce sont des grains de poussière si seulement on me laissait faire mon travail.

9 - Qu'allez vous faire maintenant. Abandonner ou vous battre ?


Il est plus facile d’entreprendre à l’étranger. Le carcan administratif en France est tout simplement un calvaire pour tout entrepreneur qui cherche à innover.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Articles récents