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Vierzonitude

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Olivier Cabrera : le Vierzonnais engagé qui rêve d'être élu à Bourges

Publié par vierzonitude sur 3 Juin 2020, 09:28am

Olivier Cabrera, nous l'avions interviewé fin février sur son engagement politique auprès de Yann Galut. Covid 19 oblige, le second tour des élections municipales à Bourges a été repoussé fin juin. La campagne du second tour reprend donc. Nous republions l'interview. Olivier Cabrera est troisième sur la liste de Yann Galut.

Vierzon l'a vu naître et grandir. Marcher. Faire du vélo. S'intéresser à la politique locale. Normal. Son père, Herminio Cabrera, a, dans le bon sens du terme, un vélo dans la tête, des guibolles pour marcher. t il fut le maire-adjoint aux travaux de Jean Rousseau, maire de Vierzon (1990-2008). Alors, qu'on ne s'étonne pas aujourd'hui, que, chemin faisant, Olivier ait tracé sa vie entre Vierzon et Bourges, surtout Bourges où il a très envie de se faire élire, colistier de la liste de Yann Galut. Olivier nous raconte son parcours, ses envies, en répondant aux questions de Vierzonitude, entre son engagement politique, ses engagements associatifs, sa famille. Ouf ! Il a quand même pris le temps de se pencher sur nos questions. Et c'est avec plaisir qu'on partage un moment ensemble.

Olivier Cabrera : le Vierzonnais engagé qui rêve d'être élu à Bourges

Pourquoi cet engagement auprès de Yann Galut, pour Bourges ?

Pour être franc, j’ai longtemps hésité. Comme beaucoup j’ai une image de la « politique traditionnelle » très détériorée. Les luttes intestines, les arrangements de partis, les luttes d’ego me mettent en colère et j’ai trop vu (pardon mais : sur Vierzon notamment et surtout entre Vierzon et Bourges) les dégâts que ça pouvait faire à l’échelle d’un territoire.

La démarche de « Bourges pour toutes et tous » est différente : elle part d’un rassemblement de sensibilités et de partis constitués et, au final, elle se construit avec 50% de la liste composée de citoyens engagés, d’acteurs de terrain dont c’est le premier investissement dans la « gestion de la cité ». Cette prise de conscience est importante à mes yeux. On l’a vu dans les mois passés : les citoyens cherchent les lieux de débats ouverts (y compris sur les giratoires…), ils veulent être associés à la décision.

La politique n’est pas une inconnue pour vous, votre père a été maire-adjoint sur la liste du maire Jean Rousseau à Vierzon (1990-2008). Votre présence sur une liste y fait-elle écho ?

Là aussi, plus que la personne de Jean Rousseau, j’ai vu de l’intérieur comment le rassemblement (Arc-en-Ciel à l’époque) était porteur d’énergie, de progrès et d’ambition pour la ville. J’ai vu comment il permettait à des gens de terrain de prendre des responsabilités, et d’agir concrètement. Mon père n’était pas engagé en politique mais il connaissait par cœur l’état des rues de la ville pour les pratiquer à vélo ! Il pouvait parler de sport pour avoir mis des centaines de personnes en selle ou … en marche … ?! Je garde en tête une des phrases de mon grand-père que mon père me cite encore régulièrement : « J’étais un immigré espagnol, fuyant Franco et la dictature, et la France nous a accueilli, sincèrement. Nous ne devons pas être des français comme les autres nous devons essayer d’être meilleurs que les autres.»

 

Le développement durable, l’écologie, la vélorution, tout ça, ce sont vos tasses de thé (bio bien sûr). Racontez-nous votre parcours.

Je fais partie des ces gens qui ont vu leurs parents très impliqués, qui ont passé leur samedi en assemblée générale, qui ont contribué à faire venir des centaines de personnes en balade à Vierzon… Je ne pouvais pas rester sans rien faire à mon tour. Pour les plus anciens des vierzonnais, j’ai fait partie de la chorale des Volontaires dont le chef d’orchestre Jean Fouquet a, très vite, mis des jeunes aux commandes de l’association et leur a appris à monter des projets, à animer un groupe de 80 adolescents !

Arrivée en Fac à Tours, j’ai poursuivi cette même action avec des associations étudiantes au niveau local, régional jusqu’à être le numéro 2 de ce qui est aujourd’hui la première organisation de France des étudiants : la FAGE (Fédération des Associations Générales Etudiantes). On y parlait de développement durable avant l’heure, on y valorisait déjà le commerce équitable, c’est là que j’ai pris conscience des enjeux. Max Albizatti (NDLR : premier adjoint de Jean Rousseau, maire de Vierzon de 1990 à 2008) m’a convaincu de venir travailler au développement économique de la ville à l’époque où toutes les grandes entreprises fermaient. Nous y avons créé plus de 1000 emplois en 10 ans, on y a développé de nouvelles activités dont certaines sont au cœur de l’activité économique du bassin de Vierzon aujourd’hui. 

L’appel du développement durable m’a rappelé à Paris pendant 6 ans où j’ai poursuivi le développement du commerce équitable et de la consommation responsable au sein d’une grosse ONG : Max Havelaar France. Le Bio et l’équitable sont aujourd’hui bien installés dans la tête des français et font partie des solutions qui progressent … entre + 15% et + 20% par an.

J’ai monté ma propre entreprise (sociale et solidaire) de communication à Bourges qui accompagne les associations, les collectivités ou les entreprises engagées dans leurs transitions. Je fais ça le plus possible en vélo parce que c’est économique et bon pour ma santé, je consomme encore beaucoup de cafés, équitables bien sûr ! Je suis président de deux associations, vice président de trois autres et j’y apprends toujours autant ! Parmi les sujets qui me passionnent en ce moment : les nouvelles formes et les nouveaux lieux de travail, les espaces de coworking, les coopératives d’activités et d’emploi … de quoi redonner le gout d’entreprendre autrement.

 

Le vélo, c’est aussi une passion paternelle. A-t-elle déteint sur votre vie ?

C’est un incontournable ! En loisirs, bien sûr, mais aussi, de plus en plus, comme un moyen rapide et efficace de déplacement au quotidien. Pas de bouchons, pas de parkings saturés, pas de frais d’entretien délirants, moins de frais pour la ville … Le vélo c’est aussi deux petites filles avec une banane incroyable à chaque fois qu’elles voient le vélo de papa sortir. Je crois qu’elles sont contaminées !

 

En cas de victoire, vous avez quoi en tête pour Bourges ?

Notre challenge tourne autour de 3 priorités :

  • Réinstaller une vraie relation démocratique entre élus et habitants. Redonner le gout à chacun de s’intéresser aux biens communs, à ce qui fait notre qualité de vie au quotidien;
  • Préparer la ville aux enjeux des transitions. Quelles sont les industries, les acteurs économiques qui, demain, auront su adapter leur modèle ? Faire de notre région un territoire durable et vivable, vite !
  • Rendre Bourges plus accessible à toutes et tous… et notamment des transports collectifs gratuits et plus fréquents.

 

Vous êtes à Bourges, vos parents à Vierzon. Les deux villes sont si différentes qu’on ne le dit ?

Les deux villes ne sont pas si différentes. Ce sont deux villes d’eaux, à la qualité de vie forte et très ouvertes sur le reste du territoire national. Mais elles sont vécues de façons très différentes par leurs habitants. Les vierzonnais sont les plus rapides à donner les points négatifs de leur ville, à montrer ses faiblesses mais ils sont encore peu à apporter des solutions, à générer de nouveaux projets et à les mettre en valeur.

Le territoire vierzonnais regorge de pépites qui ne sont pas (ou peu) exploitées : sa production agricole de qualité, ses forêts, son patrimoine industriel (et ses fameux tracteurs). Baser toute son attractivité sur sa position géographique est une erreur qui nous coûte cher : tous les territoires sont au centre de quelque chose ! Là où il y a une action primordiale à avoir, c’est sur l’initiative et l’encouragement de l’initiative par les élus et ses habitants. Vierzon a sa propre collection de vêtements : personne n’en parle ! Vierzon est une terre de « possibles », elle est à taille humaine, elle est riche d’histoire et de ressources. Il n’y a que les vierzonnais qui n’y croient pas !

Sérieux, vous n’auriez pas été plus utile à Vierzon ?

Quand j’ai pu investir c’est à Vierzon que je l’ai fait : j’y rénove, avec ma femme, une de ses très vieilles fermes maraîchères au bord du canal… mais je n’ai pas senti, cette année encore, cette envie de sortir des luttes d’appareils qui ont tant freiné la ville. Elle sera réveillée par ses habitants quand ils seront prêts et quand l’intérêt général primera sur les intérêts des uns et des autres. Je ferai surement partie de ceux là. Il y a quelques jours, je revoyais des amis de l’école primaire et maternelle. Ils sont installés à Grenoble, Tours, Pithiviers, Bourges, Orléans, évidemment certains encore à Vierzon. Mais tous, presque 38 ans plus tard, se tiennent au courant de ce qui se passe à Vierzon ! Vierzon est une ville attachante, durablement.

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Commenter cet article

Robert 27/02/2020 21:01

La vision de Vierzon de M Cabrera est très réaliste mais quand les Vierzonnais seront ils prêts comme il le dit si bien ?

un autre 27/02/2020 16:42

Dommage que ce soit Bourges qui profite des idées de ce Monsieur. Vierzon, c'est aussi ça, ses meilleurs talents ne sont pas à son service comme si nul ne pouvait être prophète en son pays.

Evidence 27/02/2020 12:15

Petite devinette, FO Gilbert ayant qualifié M Galut de "bouffon" dans un éditorial du Point. Exactement 'ce bouffon", alors comment qualifier ses colistiers. ?

Olivier cabrera 27/02/2020 22:33

A choisir : je préfère être aux côtés de celui qui, par la satyre, fait miroir aux egos sur-dimensionnés des gouvernants que de prendre modèle sur les flagorneurs et les cireurs de pompes professionnels !

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