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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Ecrire, c'est un remède pour ne pas être confiné

Publié par vierzonitude sur 2 Avril 2020, 15:58pm

Ecrire, c'est un remède pour ne pas être confiné

L'écriture, c'est un remède pour ne pas être confiné. Vous avez déjà tenté d'enfermer des mots ? Certains ont eu la prétention d'essayer mais autant emprisonner l'eau entre ses doigts. Depuis le début de ce confinement, l'écriture a servi d'échelle à un tas d'émotions inédites, à une foule de sentiments parfois contradictoires, l'humour dérisoire pour assécher l'ennui, la gravité épaisse pour conjurer le pire, la poésie, ah, la poésie, évidemment, pour mettre des claques à tous les inventaires de la détention universelle.

Rien ne vaut d'écrire, de crier son silence, les mots se font une fabuleuse caisse de résonance. Ecrire, c'est de toute façon être libre, être dehors sans attestation, marcher sans autorisation, fouler la nuit sans couvre-feu. Au-dessus, il n'y a rien de plus vital que la respiration. L'écriture, c'est l'acide contre les barreaux de tous les enfermements. Ici, l'écriture c'est la forêt dans laquelle on ne peut pas se balader. C'est la foule encore interdite. 

L'écriture même confinée à son propre usage c'est déjà écrire, c'est surtout écrire, c'est fondre tous les métaux de nos peines et de nos joies pour en couler des matériaux nouveaux. Pour aller au bout de ses propres surprises. Parfois, dans l'étreinte obsédante de l'écriture, un déclic presque surnaturel surprend les doigts sur le clavier ou la main qui tient le stylo. Un embrasement massif qui escamote la conscience.

Dès lors, il s'agit de répondre à la demande, de se mettre au service de ce qui vient, sans poser de questions. C'est un formidable instant où le corps ne sert que de récepteur, branché sur une force si intense, qu'elle fait couler les mots le long du bras, des mains jusqu'aux doigts, et il n'y a plus, dès lors, qu'un face à face entre l'énergie qui nous traverse et le temps suspendu. Ce n'est qu'au terme de cette inédite transmission, que le plus étonnant survient : la relecture. Comme si quelqu'un d'autre à votre place avait appuyé sur le bouton "on", comme si quelqu'un d'autre nous avait emprunté votre main, et votre cerveau pour en délier un texte que vous n'auriez pas soupçonné écrire.

C'est pour cela que l'écriture est un remède contre le confinement et qu'elle exerce sur celles et ceux qui la sollicitent, une attraction si dense, dense comme la volonté cosmique des trous noirs à absorber même la lumière, qu'elle est une structure vitale, indispensable au bon équilibre de ce monde aujourd'hui entamé par le doute. L'écriture, c'est toujours une certitude, une certitude intime jusqu'à ce qu'elle échoie entre les mains des lecteurs. C'est une autre histoire. A partir de là, l'écriture devient une lecture. Et rien n'est pareil.

 

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