Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Non monsieur le lecteur, la liberté d'expression n'a de limite que la loi

Publié par vierzonitude sur 31 Octobre 2020, 12:45pm

Non monsieur le lecteur, la liberté d'expression n'a de limite que la loi

Un lecteur de Vierzonitude estime, dans un commentaire que ce blog, du moins ce qu'il affirme à propos de l'Archevêque de Toulouse est  "extrêmement violent et totalitaire".  Si Vierzonitude suivait les préceptes de l'Archevêque de Toulouse à propos de sa conception de la liberté d'expression, ce commentaire aurait déjà disparu de la surface de la terre puisqu'il critique ce blog ! Mais comme Vierzonitude est plus tolérant que les bigots, et que la liberté d'expression, dans les limites que la loi impose, est imprescriptible, nous avons publié ce commentaire.

Notre lecteur se sent pousser des ailes comme les anges dont il doit croire à l'existence.

"Vous entrez dans une escalade de la violence à laquelle des terroristes qui ne comprennent pas grand chose à notre culture répondent par la violence de leurs couteaux. Et on n'en sort pas. Ce sont des innocents qui le paient de leur vie." Ainsi, pour combattre la folie meurtrière "des terroristes qui ne comprennent pas grand chose à notre culture", il faudrait en somme rogner nos fondamentaux pour se mettre à leur niveau plutôt que de leur enseigner la tolérance, la démocratie, la lumière, et surtout l'art de la libre critique. 

"J'employais le mot totalitaire pour qualifier votre post car vous ne supportez même pas que cet évêque de Toulouse puisse exprimer librement une opinion contraire à la vôtre, une opinion qui appelle au dialogue, au respect des autres, de leur foi, et tout simplement à la paix." Ce lecteur a ce don particulier de la mauvaise foi. Car Vierzonitude supporte très bien une opinion contraire à la sienne, seulement la liberté d'expression que remet en cause cet Archevêque, nous offre la possibilité de ne pas être d'accord, de la critiquer, de la caricaturer. Quant à cette opinion, elle n'appelle ni au respect (de la liberté d'expression et des athées), ni à la paix). Ici, et on espère pour très longtemps encore, le sacré, dans le filtre de la laïcité, doit rester dans le cercle de l'intime et de la vie privée. N'en déplaise aux buveurs d'eau bénite.

"Mais vous préférez insulter par la parole comme les caricatures le font pas l'image (Mahomet avec un panneau dans le cul, le pape qui sodomise Sr Emmanuelle, etc.). Vous trouvez ça génial." Oui, c'est génial, les dessinateurs ont beaucoup de talent. Ces caricatures n'insultent pas, elles caricaturent, c'est leur rôle. En revanche, ce lecteur considère que l'insulte, c'est caricaturer la religion, alors que la véritable insulte est faite à l'humanité lorsque des terroristes tuent pour se venger d'un dessin. Alors que préfère-t-on dans ce monde ? Des dessinateurs libres de crayonner ce qu'ils veulent ou des terroristes qu'il ne faut pas vexer, et donc vivre sous la menace qu'il se cassent un ongle et qu'ils nous en veuillent ?

"Il y a quelques décennies, c'était les personnes de confession juive que des caricaturistes dessinaient avec un faciès peu flatteur. Regrettez-vous aussi cette liberté-là ou bien en admettez-vous les limites ?" Rappelons que l'antisémitisme est un délit. C'est la limite de la liberté d'expression, c'est-à-dire la loi. Dieudonné a été condamné. Tout comme Zemmour l'a été pour injures et provocation à la haine. C'est la loi qui fixe les limites en France, ni un Archevêque, ni un curé, ni un croyant. 

"Quand vous revendiquez le droit au blasphème - c'est à dire le droit d'insulter des choses que des croyants considèrent comme importantes -, vous posez-vous la question : est-il légitime de blesser publiquement des personnes ?" Notre lecteur reste dans sa droite ligne : non, la liberté d'expression, de caricaturer n'est pas une insulte. Sinon, on peut considérer que le signes ostentatoires sont une insulte pour l'athée. Forcément ce serait moins drôle. Non, c'est une liberté. Libre aux croyants de considérer une fable comme importante. Libre à nous d'en rire.

"Dans le cas présent des croyants musulmans, ce pourrait être aussi des juifs, des chrétiens ou autres. Dans d'autres domaines ce pourrait être des personnes homosexuelles. Les exemples ne manquent pas." Charlie-Hebdo a caricaturé tout ce qui pouvait l'être. Sur sa couverture, "Aux chiottes les religions", la religion juive y était représentée comme l'ensemble des autres religions. Et si ce lecteur regarde les unes de Charlie (mais sûrement pas, il doit se sentir insulter), l'hebdo satirique qui au temps d'Hara Kiri était bête et méchant, se moque de tout et de tous. Rappelons enfin qu'à la suite de la parution des caricatures de Mahomet, Charlie Hebdo avait le procès qui lui avait intenté. Notre lecteur n'a plus qu'à prier pour que l'église dirige la France. Et que nous marchions au pas du goupillon.

Enfin, notre lecteur cite l'intervention (lire ci-dessous) de Jacques Chirac, au moment de la publication des caricatures de Mahomet. Jacques Chirac n'a pas dit que des choses brillantes, (souvenons-nous du bruit et de l'odeur). Mais un président de droite ne pouvait dire que cela, quand on connaît le conservatisme d'une certaine droite et sa proximité avec tout ce qui porte une soutane.


"Sur la question des caricatures et des réactions qu'elles provoquent dans le monde musulman, je rappelle que si la liberté d'expression est un des fondements de la République, celle-ci repose également sur les valeurs de tolérance et de respect de toutes les croyances.
Tout ce qui peut blesser les convictions d'autrui, en particulier les convictions religieuses, doit être évité. La liberté d'expression doit s'exercer dans un esprit de responsabilité. Je condamne toutes les provocations manifestes, susceptibles d'attiser dangereusement les passions.
Je condamne également toutes les violences perpétrées contre les ressortissants ou représentations étrangères où que ce soit dans le monde et je rappelle que, conformément au droit international, les gouvernements sont responsables de la sécurité des personnes et des biens étrangers installés sur leur territoire. Par ailleurs, je demande au Gouvernement d'être particulièrement vigilant sur la sécurité de nos ressortissants à l'étranger."

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Lusor 02/11/2020 08:45

Cher Vierzonitude,
Merci d’avoir publié samedi mon commentaire (ce que vous ne faites pas toujours, reconnaissez-le, mais après tout vous êtes chez vous ici) et surtout de me faire l’honneur d’une réponse.
Vous voyez en moi un bigot ou un buveur d’eau bénite alors que l’infidèle que je suis écoute le dimanche matin – y compris hier jour de Toussaint – l’Esprit public sur France Culture à l’heure de la messe… La qualité des intervenants aide à prendre de la hauteur sur l’actualité. Il y a une semaine justement, Hubert VEDRINE, le très respecté ancien ministre des affaires étrangères, ne disait pas autre chose que le Président CHIRAC en 2006 en appelant à l’apaisement ajoutant que nos modes de pensées n’étaient pas du tout audibles en Orient. Il y a quelques jours c’était Robert BATINDER, le très respecté ancien ministre de la Justice, qui demandait d’arrêter et de se taire…. Sont-ils de droite ? Sont-ils des bigots ? Car voyez-vous contrairement à ce que vous écrivez Jacques CHIRAC est davantage présenté par ses biographes et ses proches comme un corrézien rad-soc issu d’une famille d’instituteurs que comme un véritable homme de droite. Sa proximité avec tout ce qui porte une soutane reste aussi à démontrer alors que, contre d’autres pays européens, il a été le leader du refus d’intégrer dans la constitution européenne la notion de racines chrétiennes, ce qui permet de rendre crédible la candidature de la Turquie que nous soutenons tous évidemment, enfin j’imagine. Sur quels critères pourrions-nous nous y opposer si l’on refuse de prendre en compte toute considération religieuse ?
Hier sur l’Esprit public, j’ai pensé à vous lorsque l’un des contradicteurs invitait à ne pas entrer dans le piège de la logique d’une GUERRE TOTALE comme vous le faites : plus ils égorgent, plus je les défie par la caricature, plus je les défie, plus ils tuent encore… Il n’y a pas de vainqueur dans ce type de surenchères malgré ce que pensent vos commentateurs si prompts à guerroyer enfermés dans leur bureau.
Enfin, en réponse aux manifestations parfois violentes qui se déroulent en ce moment à l’étranger contre la France, je relève vos velléités colonialistes lorsque vous vous faites fort, je cite, « d’enseigner la tolérance, la démocratie, la lumière, et surtout l'art de la libre critique, » à des pays qui n’ont hérité ni d’Athènes ni de Rome.
C’est peine perdue.

Ericfbi 01/11/2020 16:25

La presse a tous les droits pour le bonheur et notre liberté d'expression.
Dehors et dans le trou les CONS, Plus de presse plus de vie et surtout plus de liberté.
La presse fait du mal. ..logique le peuple a mal. .. et basta. C'est la France ou fait ta vie ailleurs sur la planète.

Wizard 01/11/2020 09:54

Précisons qu'en l'espèce la loi ne prévoit que trois possibilités d'incrimination pénale :

-) L'injure (notamment publique). Pour ce faire la "victime" doit être clairement identifiée. Il est bien entendu qu'elle doit dès lors attester ou faire attester (personne décédée) de son existence ce qui exclut de fait tous les personnages imaginaires. Nul ne peut ester pour le compte du Capitaine Crochet ou de la Mère Michel. A cet égard, un libre penseur ne peut d'ailleurs que s'étonner de constater que si un Dieu tout puissant existe on ne voit pas bien pourquoi il ne règle pas ses affaires lui-même.
L'appréciation de l'importance de l'injure ne relève pas in fine de l'intéressé, c'est bien compréhensible.

-) La diffamation qui, elle, relève d'une altération plus ou moins grave de faits réels ou présentés comme tels. Prérequis relatifs au victimes identiques au cas précédent.

-) Le harcèlement, direct ou non, qui par son caractère itératif peut constituer un véritable préjudice à l'endroit de ceux qui s'estiment en être l'objet. Chacun conçoit bien que des caricatures ou des pamphlets permanents deviennent rapidement insupportables. Même et y compris si chaque caricature ou pamphlet, pris individuellement, ne revêt en soi aucun caractère particulièrement outrageant.

Il reste les notions "d'incitation à la haine" et de "racisme" (mis à toutes les sauces) dont il est si compliqué de démontrer la véracité et l'intention et qui constituent aujourd'hui le cadre de condamnations de la liberté d'expression qui feront l'étonnement (scandalisé ?) des générations futures...s'il y en a.

Oui 01/11/2020 09:53

Bravo pour cette réponse ! Les croyances (et ce mot est important car elles ne sont pas des vérités scientifiquement démontrables) ne sont que des opinions parmi d'autres. Au nom de quoi auraient-elles droit à un traitement de faveur ? On doit pouvoir les critiquer et s'en moquer. Et tant pis pour ceux que ça choque, ils s'en remettront ! C'est moins grave que d'être décapité, non ?!

Archives

Articles récents