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Vierzonitude

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Madame Faucille et Monsieur Marteau investissent dans la périphérie vierzonnaise

Publié par vierzonitude sur 17 Octobre 2021, 06:00am

Nouveau rendez-vous pour les lecteurs de Vierzonitude : les aventures presque vraies de Madame Faucille et de Monsieur Marteau. Aujourd'hui, Madame Faucille et Monsieur Marteau investissent dans la périphérie vierzonnaise.

Madame Faucille et Monsieur Marteau investissent dans la périphérie vierzonnaise

Madame Faucille qui venait de descendre de sa limousine, sur le parking lisse et encore tiède d'un bitumage récent, d'une nouvelle enseigne à, sans doute, très haute valeur ajoutée pour le commerce vierzonnais, apprécia le rendu moelleux de ce revêtement qui  lui donnait l'impression de glisser au-dessus du sol, sans compter la praticité de cette géniale invention qu'était le parking d'une grande enseigne.

Monsieur Marteau, tout à son orgasme financier, après la clôture, hier soir, et pour le week-end, des principales grandes places boursières de cette petite planète, se demandait à quoi il allait occuper ses juteux dividendes dans les jours à venir, tandis que le fumet généreux d'un chantier de goudronnage à proximité de la fenêtre de son bureau faisait frissonner sa narine comme le vent ne le faisait plus au dormeur du val.

Madame Faucille, comme hypnotisée par la douceur de ce que qui se déroulait sous ses pieds, arpentait de long en large, cette vaste surface striée de rectangles blancs et dans lesquels se rangeaient avec une perfection compulsive les voitures qui arrivaient.

Monsieur Marteau fut alors pris d'une frénésie inédite, un besoin compulsif de couler du béton quelque part et de napper de goudron une surface perdue, car pour Monsieur Marteau, le vide est une surface perdue, même s'il y pousse des fleurs et des arbres.

Madame Faucille se dit en souriant bêtement au ciel bleu et à l'air frais, qu'elle aimerait beaucoup posséder un tel espace impossible en centre-ville, trop étriqué, trop peu ambitieux à son goût, alors que là, les pieds presqu'enfoncés dans la ouate de ce revêtement, elle jugeait le moindre trottoir de l'hyper centre vieillot, et la moindre rue complètement obsolète.

Monsieur Marteau enfila son gilet fluo qu'un géant français du BTP lui avait offert pour services rendus et partis à la recherche du moindre lopin de terre à acheter, sur les hauteurs de la ville, là où, déjà, s'étendaient, vastes parkings, vastes surfaces commerciales et vastes plaisirs futurs en sachant que lui, Monsieur Marteau, ferait bientôt partie de cette périphérie en plein développement.

Madame Faucille fit encore un tour du vaste parking et se renseigna de savoir, si par hasard, il était possible d'en louer un morceau pour le pur plaisir de marcher dessus et de pouvoir l'éclairer avec la lumière criarde d'une enseigne lumineuse dont la nature la laissait de marbre, pourvu qu'elle reproduise à la perfection, le reflet de l'enseigne sur le parking mouillé, à la fermeture du magasin. Madame Faucille avait la poésie très urbaine.

Monsieur Marteau qui avait un ami, spécialiste des prairies sans intérêt et de l'artificialisation des sols dans une ville devenue très moyenne, lui indiqua quelques parcelles sur lesquelles il pourra, à loisir, bâtir ce que bon lui semble, assembler des murs en béton, goudronner jusqu'à plus soif et peu importe si ces locaux restaient vides pourvu qu'il ait l'ivresse de la construction.

Madame Faucille eut alors une idée lumineuse, comme l'enseigne qui la travaillait : elle téléphona à son mari de Monsieur Marteau et lui expliqua que, bientôt, c'était son anniversaire et qu'elle aimerait beaucoup un vaste parking bien travaillé sur lequel elle verrait une surface commerciale pour l'habiller.

Monsieur Marteau donna alors rendez-vous à sa femme de Madame Faucille selon des coordonnées GPS très précises que le chauffeur de Madame Faucille entra dans l'appareillage sophistiqué de la berline. Il s'agissait d'un vaste espace vide où quelques rainettes des prés organisaient un marché à la ferme. C'est là, lui indiqua Monsieur Marteau, qu'allait voir le jour le plus grand parking de la ville. 

Voilà comment Madame Faucille et Monsieur Marteau investissent dans la périphérie vierzonnaise.

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L
Comme quoi, la limousine de Mme Faucille se sentira vraiment à l'aise cette fois-ci, pour faire ses petits créneaux matinaux sur ses terrains plats et sans vie, se que pense Mr Marteau ,sans pour cela lui chatouiller son bouchon de vidange à chaque passage, merci Mr Marteau de prendre soin d'elle en priorité!! :-))
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