Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Nicolas Sansu ou la revanche permanente comme carburant politique

Publié par vierzonitude sur 19 Juin 2022, 22:15pm

Nicolas Sansu ou la revanche permanente comme carburant politique

Le député fraîchement élu dans la deuxième circonscription du Cher a toujours une revanche à prendre. C'est son carburant. Né en 1968, à Vierzon, son père, Michel Sansu, est maire-adjoint aux sports dans la municipalité notamment de Fernand Micouraud.

Biberonné au communisme le plus dur, le plus stalinien quand le rideau de fer n'était pas encore tombé, le jeune Nicolas est âgé de 22 ans lorsque la ville de Vierzon, communiste depuis plusieurs décennies, tombe aux mains d'un ancien socialiste, Jean Rousseau.

Elu un an plus tôt, Fernand Micouraud, le maire, décide de céder son siège un an plus tard comme le monarque désigne son successeur. Sauf que les socialistes, membres de l'union de la gauche, organisent un pustch.

Ils démissionnent en bloc, forcent les Vierzonnais à de nouvelles élections, et sans leurs alliés socialistes, d'ailleurs virés du parti, les communistes perdent la ville. Nicolas Sansu n'aura de cesse que de laver l'affront fait à son père et à sa famille politique. Il adhère au Parti communiste deux ans avant la chute de Vierzon.

François Dumon, élu historique depuis 1977, mène la liste du Parti communiste aux élections de 1995 mais il perd. La municipalité socialo-centriste avec pour tandem, Jean Rousseau maire et Max Albizzati, premier adjoint, remporte les élections de 1995 et celle de 2001.

C'est l'année où Nicolas Sansu devient conseiller municipal. Il est âgé de 33 ans et il prépare la revanche de 2008. De 2001 à 2008, il mine le terrain de Jean Rousseau et Max Albizzati, organise l'opposition et pose ses jalons pour les élections à venir. Il étoffe ses réseaux, tape dans le dos des milieux sportifs, son vivier.

Tête de liste, il est élu dès le premier tour avec des socialistes notamment. Nicolas Sansu tient sa première revanche. De sa première adhésion, au Parti communiste à l'écharpe de maire, il a appris le métier d'apparatchik ou comment peut-on vivre de la politique dans une sous-préfecture du centre de la France.

Il est cornaqué par Jacques Rimbault, ex-élu vierzonnais devenu maire de Bourges et député communiste. Puis par Jean-Claude Sandrier, maire de Bourges à la mort de Jacques Rimbault (il était premier adjoint). Jean-Claude Sandrier est élu député, il est également élu au conseil municipal de Vierzon. En 2012, il passe la main, le siège de député est offert à Nicolas Sansu sur un plateau doré.

Nicolas Sansu, l'ambitieux qui ne le dit pas, l'amoureux des livres comme il l'écrit sur son compte Twitter, passionné d'athlétisme et de sport en général, laboure la ville de Vierzon dans tous les sens. En 2012, élu député, il peut encore cumuler avec son poste de maire, ce qu'il fait volontiers.

A l'Assemblée nationale, élu dans une majorité socialiste après l'élection de François Hollande, Nicolas Sansu se place dans l'opposition. Il va même jusqu'à voter une motion de censure de gauche contre le gouvernement socialiste. Communiste jusqu'au boutiste, il lutte à Paris contre le P.S mais il leur passe la main dans le dos à Vierzon.. Mais, dans cette ville, l'opportunisme politique est une culture...

En 2017, alors qu'il a été réélu maire en 2014, Nicolas Sansu est battu aux législatives par la députée Nadia Essayan (Modem). Une autre revanche se fait jour en lui. Battu platement également aux élections régionales en décembre 2015, la liste Front de gauche qu'il mène n'atteint pas les 5%.

La pilule est dure à avaler. Il ronge son frein mais le local, bien qu'il morde dedans à pleines dents, semble l'ennuyer, trop petit pour son envergure. D'autres appellent cela l'ambition. Nicolas Sansu est homme de challenge, d'échanges vifs, de combativité, de rétorique, de mots qui sifflent. Au fond de lui, il regrette que son opposition soit aussi atone. Ses saillies verbales et ses répliques au conseil municipal, notamment, laissent à penser que le combat est son ADN. Et sa revanche se nourrit de son ennui.

En 2020, il est élu pour la troisième fois. Nul doute que sa proximité, que sa carrière politique dont il a fait son métier, a su le mener là où il est. Aucun temps mort. Pourtant, pendant la campagne des municipales, une caméra de France 3 le suit pour faire le portrait d'un élu de terrain.

A la télévision, ses camarades, suffoqués, découvrent qu'il lorgne sur une candidature LREM, le parti d'Emmanuel Macron. C'est clairement dit dans le reportage, au grand dam de ses amis d'arme qui ne comprennent pas un tel retournement. Il explique à la caméra, qu'il a enchaîné les élections et finalement, il se présente sous sa meilleure étiquette, le Parti communiste et il gagne. Vierzon reste la ville rouge.

Il se donne à fond dans ce troisième mandat, celui de l'impunité. Il reçoit le premier ministre, Edouard Philippe, décroche des fonds pour revitaliser commercialement le centre-ville tout en développent en même temps la périphérie. Il enchaîne les subventions, démolit une partie du centre-ville pour y créer la place Jacques-Brel. Avant, il mobilise les Vierzonnais pour l'hôpital.

Le combat, il n'y a rien de mieux pour le galvaniser. La contradiction ? Il aime moins, sauf quand il peut frapper fort à son tour. Pour lui, contester un projet, une idée comme le fait Vierzonitude, c'est être contre la municipalité. Aucun élu ne lui fait de l'ombre. Acte manqué ? Ou acte volontaire. A tel point qu'en 2017, quand il se représente aux législatives, la question se pose, qui lui succédera ?

La même question se pose aujourd'hui. Alors qu'il avait promis de se consacrer à son troisième mandat de maire, Nicolas Sansu, à la surprise de tous, décide de se présenter aux législatives de 2022. Il a préparé le terrain, bien avant le premier tour des présidentielles. Il a du nez, c'est ce qu'il l'a mené là où il est. Il prend pour suppléant Yvon beuchon, le maire de la Chapelle Saint-Ursin, il sait qu'il est faible dans les communes en dehors de la couronne rouge vierzonnaise.

Pari réussi. Le revoilà député. Il ne sera plus maire le 11 juillet, mais juste conseiller municipal, c'est-à-dire qu'il pilotera à distance la ville de Vierzon. Pas question de laisser à un autre les bases de ce qu'il a construit. Il n'aime pas l'ombre pour lui-même mais pour les autres, oui.

Quel sera la prochaine revanche ? Le prochain combat ? Il s'appelle Emmanuel Macron, un président qu'il a pourtant reçu en grande pompe à Vierzon, l'an passé. Ne rien avoir à combattre serait synonyme d'ennui. A 54 ans, Nicolas Sansu assure ses arrières politiques. La retraite à 60 ans ? Une utopie pour lui-même, sans aucun doute. Mais avant cela, cinq ans d'opposition l'attendent à l'Assemblée nationale. Quant à Vierzon...

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Articles récents