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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Koyo à Moult : "Aucun des salariés transférés n'a accepté la mobilité, pour des raisons familiales évidentes"

Publié par vierzonitude sur 6 Août 2015, 12:19pm

Le secrétaire du CHSCT de l'usine Koyo de Moult nous écrit :

"La situation à Moult est un atelier vide, un déménagement fait à l'emporte pièce, et une situation psychologique pathogène. Nous sommes en dispense d'activité, dans l'attente d'offres de reclassement, et d'une lettre de licenciement.
L'ensemble du collectif de Moult, va réclamer, auprès des prud'hommes, des dommages pour le mal qui a été fait depuis un an aux salariés (pour la plupart ouvriers et ouvrières sans qualifications), pour la manière inacceptable dont a été mené le PSE associé au transfert d'activité, et pour le caractère ni réel ni sérieux de ce plan de licenciement.
Il est à noter que le groupe JTEKT est doté de moyens financiers et humains qui ne permettent pas d'expliquer une telle maladresse dans la mise en œuvre du transfert.

- Le recours à la sous-traitance actuel, lié au manque d'anticipation des conséquences d'une restructuration, grève dangereusement les résultats de KBVM.

- Le déménagement se passe difficilement, l'outil de production n'est toujours pas en état de fonctionnement à ce jour (alors que les normands et normandes devraient déjà être en poste), et de sources techniques fiables, n'est pas prêt de l'être...

- Aucun des salariés transférés n'a accepté la mobilité, pour des raisons familiales évidentes, ainsi qu'un triste bassin de l'emploi Vierzonnais.

- La partie du business sous traitée en interne dans le groupe (notamment en république tchèque), ne sera pas rendu si facilement aux usines françaises. La situation s'étant déjà produite par le passé.

- La perte de compétences rares (tourneurs, fraiseurs, rectifieurs...) associée à la grande différence d'organisation des deux sites (grande series et lean manufacturing à Vierzon, contre petites séries et one piece flow à Moult) génère des retards importants auprès de clients qu'il ne faut pas fâcher (aéronautique, défense...) ! L'impact commercial est difficile à estimer, mais il y a fort à parier que les contrats actuels seront modifiés, voire perdus dans les prochains mois...

- Le dernier exercice comptable, que nous ne pouvons divulguer, n'est pas non plus des plus engageant et nous laisse sceptiques quant à la pérennité du site de Vierzon.

Cette situation devrait inquiéter les élus du site de Vierzon, et l'OS majoritaire (la CGT) est sans doute sur ses gardes, c'est désormais vers eux qu'il faut se tourner.
Pour notre part, à Moult, tout ceci nous fait penser à une banqueroute organisée, visant à délocaliser l'activité vers des pays low cost, et la loi Macron étant passée la chose sera beaucoup plus simple à mettre en œuvre.
Il faudra surveiller si 52 postes non pourvus actuellement se concrétisent par des embauches dont les Vierzonnais et Vierzonnaises ont bien besoin... Nous sommes dubitatifs !
Nous vous tiendrons informé de la suite des événements à Moult.

Il y a un an, l'Usine nouvelle annonçait la fermeture de l'usine Koyo à Moult, en Normandie, son transfert d'activités à Vierzon avec les salariés. Un an plus tard, qu'en est-il ? Combien de salariés sur les cinquante concernés ont accepté de venir à Vierzon ? Combien d'embauches l'usine Koyo de Vierzon a-t-elle ou va-t-elle effectuer pour compenser les salariés de Moult qui ne viennent pas à Vierzon ? Là aussi, c'est silence radio sur toute la ligne. Ni la direction, on peut comprendre, ni les syndicats, on comprend moins, ne communique sur le sujet. A part nier, sans doute pour une bonne raison, que la pérennité du groupe n'est pas menacé à Vierzon, ni en France, contrairement à ce qu'écrivait un journal normand... La rentrée sera sans doute plus propice pour savoir ce qui se passe chez Koyo-Vierzon. Curieusement, même les élus ne se montrent pas trop curieux... publiquement !

Vierzonitude avait déjà soulevé (non sans en avoir eu des reproches...), le problème de la pérennité du site de Vierzon, quand bien la direction du groupe Koyo a décidé de fermer le site de Moult et d'en transférer la charge de travail à Vierzon. Et non, ce n'est pas une élucubration de Vierzonitude. Voici ci-dessous, l'extrait d'un article de Ouest-France daté du 27 mars dernier :

Koyo à Moult : "Aucun des salariés transférés n'a accepté la mobilité, pour des raisons familiales évidentes"

Le site Normandie Actu enfonce le clou et parle carrément d'une délocalisation en Europe de l'Est :

Koyo à Moult : "Aucun des salariés transférés n'a accepté la mobilité, pour des raisons familiales évidentes"

Combien seront-ils de Moult, dans le Calvados, à venir travailler à l'usine Koyo de Vierzon après la fermeture de leur usine ? Combien sur la cinquantaine de salariés prévus seront-ils véritablement à vouloir voir Vierzon ? D'après nos informations, peu... Très peu même. Le chiffre pourrait ne pas atteindre la dizaine. Et pourtant, le site Koyo de Vierzon semble bien redimensionner pour accueillir une nouvelle production. Si les salariés ne viennent pas de Moult et on peut comprendre facilement un tel sacrifice pour des familles, qui travaillera alors sur les nouveaux postes de travail prévus à cet effet ? Ce sera sans aucun doute des locaux, ce qui signifie qu'il pourrait y avoir un recrutement possible sur Vierzon. Ce qui signifie donc que le site vierzonnais est pérennisé et qu'il ne partira pas en Europe de l'Est comme l'a mentionné Vierzonitude d'après plusieurs articles parus en Normandie ? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non, réponse de Normand. Tout dépendra de la façon dont va se dérouler ce transfert d'activités et cette nouvelle montée en charge du site vierzonnais. Autant dire que l'incertitude demeure. Mais n'est-ce pas cela en fait tout le pouvoir de la direction ? Entretenir le doute pour mieux contrôler...

"Ce mardi 24 mars, une dernière réunion se tient à Vierzon. Mercredi, une expertise précisera l'impact du transfert de site. Le futur plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) n'est pas encore signé, mais des garanties ont déjà été obtenues par Me Elise Brand, avocate des salariés. « 23 900 € d'indemnités supra légales pour chaque salarié, auxquelles s'ajoutent 1 100 € par année d'ancienneté et douze mois de congés de reclassement payés à 80 % du salaire brut », précise Arnaud Touchard, salarié et secrétaire du CHSCT."

Jeudi 5 mars au matin les salariés de Lainé, à Cormelles-le-Royal, dans la banlieue de Caen, et ceux de Koyo à Moult, à 30 km de Caen, se sont retrouvés à la préfecture pour manifester ensemble contre les licenciements et les sales coups patronaux dont les uns et les autres sont victimes.

Au total, 150 emplois disparaissent dans la région. Patron moyen du bâtiment pour Lainé, groupe international de mécanique de pointe pour Koyo, dans les deux cas les capitalistes tirent le maximum de profit des travailleurs puis prennent le premier prétexte pour les jeter sur le carreau.

C’est bien tous ensemble qu’il faut leur résister !

Lainé a compté jusqu’à 200 personnes. Ravalements, peintures, l’entreprise Lainé, très connue dans la région, était de tous les grands chantiers d’entretien, et a fait de copieux bénéfices pendant des années.

Après plusieurs plans de suppressions, le patron a entamé en octobre la liquidation judiciaire de l’entreprise et des 80 emplois restants : les salariés ont occupé l’entreprise pendant trois mois, pour faire redémarrer la procédure et contester la liquidation. Ils avaient d’ailleurs prévu de se retrouver le 5 mars, au tribunal de commerce, pour une audience. Mais les tribunaux prennent leur temps, et l’audience a été reportée. Cela n’a pas empêché les travailleurs de manifester, avant de rejoindre ceux de Koyo.

Celle-ci produit à Moult des roulements à billes pour l’aéronautique. Les carnets de commandes sont pleins mais, en quelques mois, la direction a regroupé différents sites dans une même entité, et a mis le couteau sous la gorge des 70 salariés : le site de Moult doit fermer, mais tout le monde peut être repris... à Vierzon, dans le Cher, à près de 400 km !

Les salariés ne l’entendent pas ainsi, et ne veulent pas se laisser faire. De toute façon, le patron sait très bien que la plupart des travailleurs ne pourront pas déménager. Son plan, c’est plutôt d’imposer le chômage aux travailleurs de Moult, et de faire produire plus aux travailleurs de Vierzon : surexploitation d’un côté, licenciements de l’autre !

Dans les deux cas c’est clair : c’est aux patrons de payer, ils en ont les moyens, pour maintenir les revenus des travailleurs.

Lu dans le journal de Lutte Ouvrière de Caen :

Celle-ci produit à Moult des roulements à billes pour l’aéronautique. Les carnets de commandes sont pleins mais, en quelques mois, la direction a regroupé différents sites dans une même entité, et a mis le couteau sous la gorge des 70 salariés : le site de Moult doit fermer, mais tout le monde peut être repris... à Vierzon, dans le Cher, à près de 400 km !

Les salariés ne l’entendent pas ainsi, et ne veulent pas se laisser faire. De toute façon, le patron sait très bien que la plupart des travailleurs ne pourront pas déménager. Son plan, c’est plutôt d’imposer le chômage aux travailleurs de Moult, et de faire produire plus aux travailleurs de Vierzon : surexploitation d’un côté, licenciements de l’autre !

Les 62 salariés de l’entreprise Koyo Bearings, basée à Moult, dans le Calvados, reprennent espoir : ils pourraient conserver leurs emplois sur le site, contrairement à ce qui avait été annoncé par la direction, initialement.

Les salariés ont eu gain de cause
Koyo est une entreprise japonaise (filiale de Toyota), spécialisée dans la production de « roulements à aiguilles » pour l’aéronautique (notamment pour Dassault, Schneider, Nadella…). Mais cette entreprise, qui s’est implantée à Moult, a annoncé, en juillet 2014, le transfert de son activité vers une autre antenne du groupe basée à Vierzon (Cher). En vu de ce transfert – prévu pour février 2015 – un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) a été présenté par la direction en janvier 2015. Il avait été annoncé qu’une trentaine de salariés devraient être mutés.
Les salariés de l’entreprise ont alors entamé une grève, le 5 février 2015. Un mouvement qui a été contesté par la direction, qui a assigné 21 salariés en justice, dénonçant les « blocages » de l’usine, « empêchant le directeur et la responsable des ressources humaines de pénétrer librement dans l’usine et leurs bureaux et interdisant des livraisons », selon l’ordonnance de référé du tribunal du 17 février 2015. Assignés devant le tribunal de grande instance (TGI) de Caen, le mardi 17 février 2015, les salariés ont eu gain de cause : la société Koyo a été condamnée à verser 500 euros à chacun des 21 salariés mis en cause dans le blocage.

La direction, encore déboutée
La direction de Koyo Bearings avait attaqué Arnaud Touchard, salarié et secrétaire du CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), pour avoir refusé de signer l’ordre du jour concernant le Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Le jeudi 19 février 2015, le TGI de Caen a tranché : Arnaud Touchard a été blanchi. Il se verra versé 3 000 euros de frais de justice. Autre « excellente nouvelle » selon le salarié, le TGI a débouté la direction concernant le transfert des compétences de l’usine de Moult à Vierzon :

Une décision à laquelle ne s’attendait pas, ni les salariés, ni l’avocate, pensant que le TGI allait se déclarer incompétent. « Nous sommes vraiment contents de cette décision. La justice a compris les salariés est c’est une excellente nouvelle », commente Arnaud Touchard.

800 000 euros pour reprendre l’activité
Selon le rapport effectué par le CHSCT, l’entreprise serait donc viable, avec une réinjection de 800 000 euros. Un rapport qui conforte les salariés, même si ces derniers estiment que « le combat n’est pas terminé ». La grève illimitée se poursuit sur le site de Moult « jusqu’à ce qu’une décision soit prise par la direction ».

Une délocalisation à prévoir ?
Selon Me Brand et le secrétaire du CHSCT, l’entreprise pourrait avoir pour en réalité avoir l’ambition de délocaliser l’ensemble des sites français de l’entreprise (y compris Vierzon), en Europe de l’est.

Concernant le transfert d’une partie des salariés à Vierzon, « Les salariés ont du mal à y croire, alors que 80 % des pièces aujourd’hui sont fabriquées à Olomouc, en République Tchèque. » rapportait un article de Ouest-France en date du 2 juillet 2014.
Contactés par Normandie-actu, les directions de Koyo de Moult et de Vierzon, ainsi que l’avocate de l’entreprise, Me Cohen, n’ont pas donné suite à nos appels.

Ce qui se passe en ce moment à Moult, en Normandie, à propos de l'usine Koyo devrait agiter un peu plus les autorités vierzonnaises et les salariés de l'entreprise vierzonnaie Koyo aux Forges. Tandis que les salariés de Moult se battent pour que leur usine ne feme pas, et pour éviter qu'une trentaine d'entre eux ne soient pas mutés à Vierzon, des questions sérieuses se posent sur la pérénité de Koyo en France. "Seuls 35 des 65 salariés (sans compter les dix à quinze intérimaires) sont susceptibles d'être mutés. Pas avant janvier 2015. « Nous avons un sureffectif de 30 personnes », admet la direction. « Une dizaine de postes seront proposés à l'usine de Maromme en Seine-Maritime, et 25 postes à Vierzon" (Ouest-France).

"Selon Me Brand et le secrétaire du CHSCT, l’entreprise pourrait avoir pour en réalité avoir l’ambition de délocaliser l’ensemble des sites français de l’entreprise (y compris Vierzon), en Europe de l’est" peut-on lire sur le site Normandie-Actu. Rien de rassurant.

Voici ce que l'on pouvait lire aussi dans le quotidien Ouest-France : "On fabrique des petites séries. Du sur-mesure. Mais aujourd'hui, le site de Moult paie un manque d'investissements pendant des années », explique Éric Maillefer. Vierzon, site d'assemblage, récupérerait cette production. Les salariés ont du mal à y croire, « alors que 80 % des pièces aujourd'hui sont fabriquées à Olomouc, en République Tchèque."

"Il est nécessaire d’aller voir comment les postes peuvent être pourvus par les salariés. Mais aussi de voir si les machines de Moult peuvent être accueillies à Vierzon afin que les salariés sachent s’ils souhaitent ou non partir travailler à Vierzon. C'est ce qu'on peut lire dans le journal Ouest-France à propos des salariés de l'usine Koyo de Moult (Normandie) qui, virés de leur entreprise, pourraient être accueillis à Vierzon. "En juin 2014, la soixantaine d’employés de cette entreprise, qui produit des roulements à aiguilles pour l’aéronautique, avait appris la fermeture à venir du site de Moult et la possibilité pour la plupart d’être mutée à Vierzon (Cher), situé à 400 km."

D'habitude, ce sont les Vierzonnais qui manifestent pour ne pas être délocalisés à droite ou à gauche. Là, c'est le contraire : ce sont les salariés de Koyo, à Moult (Normandie) qui manifestent, à Vierzon, devant l'entreprise Koyo des Forges, pour ne pas venir à Vierzon, nous montre la presse locale, sur son site internet. Pourtant, quarante-sept salariés de plus sur le site des Forges, cela fait quarante-sept familles supplémentaires à Vierzon qui en a bien besoin. Bon d'accord, Vierzon n'est pas la Normandie, pour... moultes raisons d'ailleurs. Mais s'il y a de nouvelles familles, il y aura peut-être de nouveaux commerces. On ne sait jamais. En tout cas, nous, les salariés de Moult, on les accueillera à bras ouverts. Pour l'instant, ils manifestent pour ne pas venir. En espérant qu'une fois ici, il n'est pas à manifester pour ne pas partir...

Entreprise Koyo à Moult. Les salariés en grève illimitée

Ils demandent des informations sur le projet présenté en juin de transférer l'activité de l'entreprise à Vierzon, dans le Cher. Une décision très mal vécue.

À Moult, les 65 salariés de l'entreprise Koyo Bearings, filiale du groupe japonais JTekt, qui fait lui-même partie du groupe Toyota, sont en grève depuis hier. Ils bloquent l'accès à l'entreprise, qui fabrique des roulements à aiguilles pour l'aéronautique.Le 5 juin, la direction avait annoncé le transfert de l'activité à Vierzon (Cher), à 400 km de Moult. La moitié des salariés pourraient y être mutés, mais très peu seraient intéressés.

Grève totale

L'incertitude concernant leur avenir mine une partie des salariés, ce qui a conduit les membres du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) à demander la mise en place d'une cellule de soutien psychologique, la semaine dernière.La CGT et la CFE-CGC appellent à la grève totale tant que des informations n'auront pas été données sur le projet de réorganisation des activités et sur les conséquences sociales de ce projet.

(Article Ouest-France)


L'entreprise Koyo (ex-Nadella) qui possède une usine à Vierzon délocalise son personnel de Moult, en Normandie, à.... Vierzon ! L'usine qui emploie 70 salariés à Moult ferme ses portes, selon la presse locale (Sud-Ouest et France 3).

Plusieurs dizaines de salariés de l'entreprise Koyo à Moult ont débrayé ce matin. Leur direction leur a proposé le 5 juin une délocalisation de leur travail en région Centre, à Vierzon. A près de 400 kilomètres de chez eux. Ils fabriquent à Moult, dans le calvados, des roulement à aiguille pour l'industrie et l'aéronautique depuis 1996.
Les principaux clients de Koyo Bearings Moult sont : Eurocopter, Dassault aviation, Schneider Electric, Sonaca, Nadella, Brammer, Messier - Dowty, Messier - Bugatti, Caterpillar ou la SNCF.
Créée en 1996, l’usine de Moult a été rachetée en janvier 2010 par le groupe japonais Jtekt, qui compte actuellement 38 000 salariés dans le monde.
Il existe trois sites Koyo dans le grand ouest : à Maromme en seine-Maritime, à Vierzon et à Moult. Et c'est avec la région Centre que le rapprochement est envisagé. Ainsi, en comité d'entreprise, les salariés se seraient vus proposer une délocalisation de leur poste de travail.... près de 400 km plus loin, à 3H30 de chez eux. Ce mardi 1 er juillet, ils ont décidé de débrayer et manifester leur colère à l'extérieur du site.

« Dix-huit ans de boîte et on se fait jeter sans indemnité... » Carole, comme les 65 salariés de l'usine Koyo de Moult (Calvados), est encore sous le choc. « Le 20 juin, on a appris que notre production allait être transférée à Vierzon, dans le Cher. »
Alors hier mardi, à l'appel de la CGT, l'équipe du matin a cessé le travail, manifestant en silence, au rond-point principal de Moult, sur l'axe routier Caen-Lisieux. Les salariés y ont installé des petites croix, sur lesquelles était peinte la durée de présence de chaque salarié.

Pièces pour le Rafale de Dassault
L'usine de roulements à aiguille de l'agglomération caennaise pourrait fermer d'ici trois mois. « Tout le monde ne sera pas reclassé que ce soit à Vierzon ou Marommes (Seine-Maritime). Ils ne gardent que la partie usinage. On nous parle d'un sureffectif de 30 postes, explique Éric Maillefer, délégué syndical CGT de l'usine. Koyo ne cherche pas à nous reclasser. C'est surtout une façon pour eux de ne pas engager de plan social et éviter de payer des indemnités... »

Lionel, 18 ans d'ancienneté, qui vit avec sa fille, ne se voit pas déménager. « Si on refuse d'aller à Vierzon, c'est la faute grave, sans indemnité », s'indignent Anita et Séverine, deux salariées avec 13 et 9 ans de présence dans le site. « On a fait des heures supplémentaires ces dernières semaines, comme ça, ils ont du stock... »

Koyo à Moult : "Aucun des salariés transférés n'a accepté la mobilité, pour des raisons familiales évidentes"

Koyo Bearings, le fabricant japonais de roulements à aiguilles, envisage de transférer à Vierzon (Cher) la totalité des activités de son site de Moult (Calvados) qui emploie 65 salariés.
Koyo Bearings, le fabricant japonais de roulements à aiguilles appartenant au groupe japonais Jtekt, prépare une restructuration de ses activités en France pour raisons économiques. Il vient de consulter les représentants du personnel pour organiser la fusion de ses deux entités juridiques en France. Il veut fusionner la SAS Koyo Bearings Moult installée à Moult dans le Calvados (6 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 65 salariés) et la SAS Koyo Bearings Vierzon-Maromme (50 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 430 salariés) qui regroupe les usines de Vierzon (Cher), de Maromme (Seine-Maritime) et l’établissement de Colmar (Haut-Rhin), siège fonctionnel de l’activité roulement à aiguilles en France.

TRANSFERT DES ACTIVITÉS DE MOULT À VIERZON

Une fois cette fusion entre les deux sociétés réalisée, Koyo Bearings envisage de consulter les représentants du personnel pour un "projet de transfert physique de l’activité de l’usine de Moult à Vierzon" selon la formule de Ian Marsden, président de Koyo Bearings Moult et de Koyo Bearings Vierzon-Maromme. "Ces deux usines produisent toutes les deux des roulements à aiguilles mais pour des marchés différents. Moult produit pour l’aéronautique et l’industrie générale tandis que Vierzon produit essentiellement pour l’automobile", a expliqué Ian Marsden à Usinenouvelle.com.

CRAINTE DE FERMETURE

Ce dernier n’a pas souhaité fournir d’autres informations sur la suite de la procédure, indiquant qu’il devait en réserver la primeur aux salariés. Il a seulement confié à Usinenouvelle.com que le site de Moult enregistrait des pertes significatives. De leur côté, les salariés de Moult ont débrayé mardi 1er juin pour dénoncer le transfert des activités de leur usine à Vierzon et la fermeture, à terme, de l’usine de Moult.
Claire Garnier

Koyo à Moult : "Aucun des salariés transférés n'a accepté la mobilité, pour des raisons familiales évidentes"

Koyo. L'usine va fermer dans le Calvados
L'usine de Moult, qui compte 65 salariés, sera en partie transférée à Vierzon. La direction s'engage à respecter un plan social.

« Nous avons bien l'intention d'accompagner les salariés qui ne voudront pas être transférés à Vierzon. » Ian Marsden, le patron européen de Koyo, l'a rappelé hier aux soixante-cinq salariés de l'usine de Moult. Promis à la fermeture, « mais pas avant janvier 2015 », le site industriel spécialisé dans les roulements à aiguilles pour l'aéronautique, tourne au ralenti depuis l'annonce du transfert d'une partie de son activité à Vierzon, dans le Cher.

Les salariés avaient manifesté leur « écoeurement », le 1erjuillet dernier, en installant des petites croix comme autant de sacrifiés, sur le rond-point de Moult, entre Caen et Lisieux. Leur crainte était d'être licenciés pour faute grave en cas de refus de mutation.

La direction réfute. « Nous aurons des mesures correctes d'accompagnement avec cellule de reclassement et des indemnités de licenciement au-delà de ce que prévoit la loi. Le salarié qui refusera son transfert ne sera pas licencié pour faute grave. »

Seuls 35 des 65 salariés (sans compter les dix à quinze intérimaires) sont susceptibles d'être mutés. Pas avant janvier 2015. « Nous avons un sureffectif de 30 personnes », admet la direction. « Une dizaine de postes seront proposés à l'usine de Maromme en Seine-Maritime, et 25 postes à Vierzon. »

Dans un contexte économique mondial tendu, les actionnaires de J-Tekt, la maison-mère japonaise de Koyo, chasse les économies. « L'usine de Moult est déficitaire depuis douze ans. Elle tourne à 50 % de son seuil de rentabilité. »

Les différents actionnaires qui se sont succédé à Moult, y auraient investi 27 millions d'euros. Un chiffre contesté par les syndicats de salariés qui parlent, au contraire, d'un sous-investissement volontaire...

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Arnaud Touchard 09/11/2015 10:12

Bonjour,
Ce message pour vous tenir informé de la situation KOYO :

Les salariés non protégés de Moult sont désormais licenciés, pour eux commence le parcours du combattant de l'accès à un nouvel emploi.
Le site de Moult est mis en vente, nous n'en connaissons pas le prix, mais il semble qu'un projet de reprise de celui ci ait été "botté en touche" par le groupe. Nos sources ne nous ont communiqué ni le nom de l'acquéreur potentiel, ni le motif du refus de KOYO, dont l'application de la loi Florange n'a pas l'air d'être la priorité...
Pour ce qui est du site de Vierzon, le compte de résultat n'est pas brillant, loin de là ! L'intégration de l'activité de Moult se passe mal, avec des soucis d'approvisionnements, des problèmes qualité et des soucis de capabilité des machines transférées. Comme l'indiquait l'expert du CHSCT de Moult en février 2015, "sans actions d'investissement, les maux de Moult produiront les mêmes effets à Vierzon". Le présent semble lui donner raison.
Il est à noter que la fabrication des composants de Moult est toujours très largement sous traitée, et chose surprenante, une grande partie est produite à Olomouch... en république tchèque !
A cette situation, la direction rétorque que les couts de sous-traitance dépassent largement ce qui avait été "planifié", et reconnait que la pérennité de l'activité de KBVM passera par l'intégration du business de Moult.
Il est vrai qu'une TPE comme "JTEKT" de près de 40000 personnes, cotée en bourse de TOKYO, appartenant majoritairement à la PME "TOYOTA", n'avait pas les moyens d'anticiper cette situation...
Les mauvaises langues s'autoriseraient à penser, qu'il serait possible, que peut-être KBVM ne se remette pas de ce transfert !
En revanche, sur le site internet de KOYO en République Tchèque, les perspectives sont plus réjouissantes, il est même stipulé qu'un nouveau marché est acquis par le biais d'un client " John Deere", (tout droit venu de l'activité Normande).
En bref, tout ceci est bien inquiétant pour Vierzon, mais la direction affirme avoir recruté une cinquantaine d'intérimaires sur Vierzon... Précarisation quand tu nous tiens !
Les salariés de Moult seront donc à Orléans, ce jeudi 12 novembre, au tribunal administratif, pour faire reconnaitre le caractère "abusif" de ce plan de licenciement. Plus que jamais, les salariés de KOYO Vierzon, et notamment leur syndicat majoritaire, se doivent de garder l'œil ouvert.
Fraternellement.
Arnaud TOUCHARD.

Secretaire CHSCT Moult 06/08/2015 12:35

La situation à Moult est un atelier vide, un déménagement fait à l'emporte pièce, et une situation psychologique pathogène. Nous sommes en dispense d'activité, dans l'attente d'offres de reclassement, et d'une lettre de licenciement.
L'ensemble du collectif de Moult, va réclamer, auprès des prudhommes, des dommages pour le mal qui a été fait depuis un an aux salariés (pour la plupart ouvriers et ouvrières sans qualifications), pour la manière inacceptable dont a été mené le PSE associé au transfert d'activité, et pour le caractère ni réel ni sérieux de ce plan de licenciement.
Il est à noter que le groupe JTEKT est doté de moyens financiers et humains qui ne permettent pas d'expliquer une telle maladresse dans la mise en œuvre du transfert.
- Le recours à la soustraitance actuel, lié au manque d'anticipation des conséquences d'une restructuration, grève dangereusement les résultats de KBVM.
- Le déménagement se passe difficilement, l'outil de production n'est toujours pas en état de fonctionnement à ce jour (alors que les normands et normandes devraient déjà être en poste), et de sources techniques fiables, n'est pas prêt de l'être...
- Aucun des salariés transférés n'a accepté la mobilité, pour des raisons familiales évidentes, ainsi qu'un triste bassin de l'emploi Vierzonnais.
- La partie du business sous traitée en interne dans le groupe (notamment en république tchèque), ne sera pas rendu si facilement aux usines françaises. La situation s'étant déjà produite par le passé.
- La perte de compétences rares (tourneurs, fraiseurs, rectifieurs...) associée à la grande différence d'organisation des deux sites (grande series et lean manufacturing à Vierzon, contre petites séries et one piece flow à Moult) génère des retards importants auprès de clients qu'il ne faut pas fâcher (aéronautique, défense...) ! L'impact commercial est difficile à estimer, mais il y a fort à parier que les contrats actuels seront modifiés, voire perdus dans les prochains mois...
- Le dernier exercice comptable, que nous ne pouvons divulguer, n'est pas non plus des plus engageant et nous laisse sceptiques quant à la pérennité du site de Vierzon.

Cette situation devrait inquiéter les élus du site de Vierzon, et l'OS majoritaire (la CGT) est sans doute sur ses gardes, c'est désormais vers eux qu'il faut se tourner.

Pour notre part, à Moult, tout ceci nous fait penser à une banqueroute organisée, visant à délocaliser l'activité vers des pays low cost, et la loi Macron étant passée la chose sera beaucoup plus simple à mettre en œuvre.
Il faudra surveiller si 52 postes non pourvus actuellement se concrétisent par des embauches dont les Vierzonnais et Vierzonnaises ont bien besoin... Nous sommes dubitatifs !
Nous vous tiendrons informé de la suite des évènements à Moult.
Salutations.

chsct koyo moult 09/01/2015 06:49

47 familles supplémentaires, mais 47 conjoints et conjointes au chômage... 47 foyers déracinés, pour recommencer dans 2 ans ?
Belle analyse !

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