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Vierzonitude

Le blog dont tout le monde parle mais que personne ne lit


Les Innocents aux mains pleines de chansons

Publié par vierzonitude sur 2 Juillet 2016, 20:22pm

Les Innocents ont chanté, samedi soir, aux Estivales du Canal (photos Irène Chappuis)

Les Innocents aux mains pleines de chansons
Les Innocents aux mains pleines de chansons
Les Innocents aux mains pleines de chansons
Les Innocents aux mains pleines de chansons
Les Innocents aux mains pleines de chansons
Les Innocents aux mains pleines de chansons
Les Innocents aux mains pleines de chansons

Samedi 2 juillet à 20H30
LES INNOCENTS
Jardin de l'Abbaye

Lu dans les Inrocks :

Quinze ans après leur dernier album, Les Innocents reviennent avec un recueil de chansons à part, en duo cette fois-ci. Rencontre, critique et écoute.
Dis-moi quel est ton public, je te dirai qui tu es. Quiconque a eu l’occasion de se rendre à l’un des multiples concerts donnés par Les Innocents ces dernières années, dans des petites salles, chez des amis, sait combien l’audience du groupe – recentré autour de JP Nataf et Jean-Christophe Urbain – est éclectique. On y croise des fidèles de la première heure bien sûr, mais aussi leurs enfants, des musiciens, des fans ou des curieux venus pour les tubes.

“On a toujours été un groupe sans réelle famille musicale, on faisait des chansons qui ne correspondaient pas à une étiquette de rock ou de pop ou de quoi que ce soit… Du coup, on était le groupe qui pouvait aussi bien passer aux Enfoirés que dans un festival rock, et notre public était difficile à classer.”

Cet éclectisme, augmenté d’un don pour écrire des chansons au potentiel de classiques, a valu aux Innocents de connaître, entre 1989 et 1999, une formidable ascension vers la gloire : singles platinés (Colore, Un homme extraordinaire, L’Autre Finistère, Un monde parfait…), tournées à guichets fermés et une moisson de Victoires de la musique. Jusqu’à ce que le groupe implose en plein vol : peu après le quatrième album, Jean-Christophe quitte la formation et l’aventure collective s’arrête en 2000. Chacun, dès lors, vaque à ses activités personnelles : disques solo, production pour les autres…

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Donner une première chance à l’amitié

Il faut attendre 2003 pour que les anciens complices se croisent à nouveau, à la faveur d’une session de mastering d’une compilation de leurs succès dans les mythiques studios d’Abbey Road. Magie du cadre ? Charme des retrouvailles sans pression ? Parce qu’ils n’ont, ce jour-là, pas de véritable travail à fournir, Jean-Christophe et JP voient en tous cas dans cette réunion informelle la possibilité de ressusciter leur amitié, voire simplement de lui donner une première chance.

“Dans la première partie de notre carrière, explique JP, on n’était pas vraiment amis. On était des partenaires de quelque chose d’assez précieux, mais on ne s’était jamais donné l’espace pour autre chose. En plus, on en rajoutait. Moi, j’étais le snobinard parisien avec une culture rock quand Jean-Cri était celui qui avait fait des orchestres de bal en province et qui écoutait Delpech et Gilbert O’Sullivan.”

Et Jean-Christophe d’ajouter : “Quand on est dans un groupe, il faut se faire sa place. Nous, pour ça, on avait trouvé une espèce d’opposition tranquille.” De Mandarine, l’album qui a suivi ces heureuses retrouvailles, on ne dira donc pas qu’il est celui de la maturité, mais plutôt celui de la complicité. Il a, d’ailleurs, été réalisé dans des conditions très modestes sur les hauteurs de Ménilmontant, le quartier partagé du duo, reposant moins sur des gros moyens financiers que sur le socle solide de l’amitié.

“On aurait pu se perdre dans un truc qui aurait été le retour des Innos avec un budget pharaonique… Aller à Los Angeles ou je ne sais quoi… Jean-Cri a beaucoup lutté contre ça. Moi, je voulais simplement aller à la campagne, dans un studio, et il a dit non (rires). On a donc fait ça chez nous. Je me réveillais le matin : il fallait que je vide ma machine à laver, que je m’occupe de mes enfants et ensuite que j’écrive un disque.”

Un mélange unique et improbable

Retrouvant le complice producteur Dominique Ledudal en studio, le duo a ainsi agencé un disque à quatre mains et deux voix, dont l’enveloppe sonore évoque autant l’œuvre solitaire de Nataf que ses anciens travaux collectifs. Des Philharmonies martiennes à Floués du banjo, de Sherpa à Love qui peut, le duo déroule des chansons finement arrangées et au verbe singulier, agençant, comme s’il n’avait jamais cessé de le faire, un mélange unique et improbable qui peut d’un refrain à l’autre évoquer Dick Annegarn et Paul McCartney.

Toujours tournées vers l’Ouest, les chansons de JP et Jean-Christophe convoquent des héros américains dans les rues du XXe arrondissement (Harry Nilsson), osent la langue étrangère (Erretegia, jolie ballade british), s’offrent des orchestrations à l’anglaise (Oublier Waterloo). Et confirment ainsi le talent de ses auteurs, qu’il est désormais convenu d’aimer à cœur ouvert – ces Innocents que tant ont paradoxalement longtemps aimés comme un plaisir coupable.

Les Innocents est un groupe de pop français, fondé en 1982 à Paris par le chanteur et guitariste J. P. Nataf.

Le groupe connait un premier succès en 1987 avec le single Jodie. Ils sortent quatre albums studio entre 1987 et 1999. Ils obtiennent le Bus d'Acier en 1992 et sont récompensés à trois reprises aux Victoires de la musique. Après leur séparation, J. P. Nataf entame une carrière solo, alors que Jean-Christophe Urbain compose pour d'autres artistes. Nataf et Urbain effectuent leur retour en duo en 2013 et sortent un nouvel album en 2015.

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