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Vierzonitude

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Mémoire industrielle de Vierzon : comment la ville fait d'un projet culturel un dessein politique

Publié par vierzonitude sur 15 Septembre 2016, 14:04pm

Mémoire industrielle de Vierzon : comment la ville fait d'un projet culturel un dessein politique

C'est plié ! Le nouveau site internet dédié à la mémoire vivante industrielle de Vierzon, par l'université de Tours François Rabelais, est déjà récupéré par les grandes ambitions politico-muséales de Vierzon. La preuve : pour présenter ce site internet qui doit narrer la mémoire industrielle de Vierzon, la presse locale illustre l'article, publié sur son site internet par la photo d'un... ancien syndicaliste de la CGT ! On dira sans doute que c'est le hasard, que cette intention est dénuée de tout symbole, que bien sûr, la vie ouvrière de Vierzon a vécu aussi avec le syndicalisme et surtout la CGT.

Cette mise en musique du projet municipal de transformer le patrimoine industriel de Vierzon en une cause politique, pose problème. Car elle élude d'un côté une certaine réalité et privatise l'histoire vierzonnaise à des fins purement politiques. Le projet de musée dont on n'entend plus du tout parler, avait dans un premier temps émis l'idée de créer un musée des luttes sociales, faisant croire que c'est de Vierzon que tout est parti. Certes, l'industrialisation de Vierzon a permis l'émergence des syndicats et la défense des classes ouvrières. Mais de là à s'en servir comme projet culturel, il y a un pas que la ville 'na pas pu franchir, le projet de musée, retoqué une première fois, puis une deuxième fois, semble perdu à jamais.

Le site internet présenté aujourd'hui sur la mémoire industrielle de Vierzon peut-il avoir une objectivité historique en ayant pour partenaire la ville de Vierzon ? C'est-à-dire, doit-on comprendre, un donneur d'ordre ? Et quand on connaît le projet vierzonnais municipal à propos du futur musée de Vierzon, on est en droit de douter de l'objectivité d'un tel projet. Les tenants de ce futur musée ne comprennent toujours pas qu'un passionné de tracteurs va beaucoup plus s'intéresser aux hommes qui l'ont fabriqué, aux lieux dans lesquels il est né, qu'aux accords syndicaux qui, sans rester dans l'ignorance, ne peuvent être le fond de commerce d'un projet touristique à grande échelle. A moins que le projet vierzonnais de musée ne s'adresse qu'à cet entre-soi politique, à la seule adresse des Vierzonnais. Ce qui manquerait franchement d'ambition.

D'autant que, ajoutons-le pour la compréhension globale de ce post, la ville ose encore pratiquer cette censure génétique, contenue dans son ADN politique. Prenez le musée et les grandes photos d'anciens salariés de la Société-Française. est-ce qu'à un moment, dans le musée vous avez pu voir que ces photos, sont également issues, avant den avoir fait une exposition, d'un livre sur la Société-Française, écrit par un Vierzonnais ? Bien sûr que non, car l'auteur du livre ne pense pas comme il devrait penser. Et, forcément, il n'a été non plus invité à servir de contributeur pour le travail de l'université de Tours, sachant qu'il avait vécu la fermeture de Case, la démolition de Case et même son enfance avec un père ouvrier... Comme quoi, on vous le dit, l'objectivité d'une telle démarche reste à la hauteur de l'ambition vierzonnaise : éluder ce qui gêne, mettre en lumière ce qui arrange. A la seule fin de contenter non pas le public mais une poignée de tentants de cette ville. Pour qui, le mot ouvrier, reste une lointaine définition dans un dictionnaire.

« Il est intéressant de croiser les témoignages, par exemple d'ouvriers et de patrons d'une même entreprise. Chacun apporte son vécu, nous ne visons pas une vérité historique »

Mémoire industrielle de Vierzon : comment la ville fait d'un projet culturel un dessein politique
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