Choisissez vos choix d'excuses pour vous justifier royalement la prochaine fois les crados: <br />
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1) Oh , mais Monsieur l'agent je ne le savais pas !!<br />
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2) La pancarte n' était pas assez visible la nuit, désolé je le referai que le jour la prochaine fois!!<br />
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3) I not French, excuse me pour cette fois-ci, i'm very stupid officer !! (traduction de L de Funès) <br />
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4) Je n'avais pas assez de place dans mon véhicule , donc pour alléger , j'ai dû sacrifier mon bien!!<br />
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5) C'était eux ou bien mon chien, alors comme j'ai du coeur vous pouvez le comprendre!! <br />
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6) J'ai parié que je n'aurai pas d'amende au bout de cinq fois alors soyez sympa c'est la première!! <br />
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7) j'ai trouvé ces sacs abandonnés et comme la Mairie était fermée , j'ai été contraint de les laisser ici!!<br />
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8) Désolé,J'ai fais un test pour savoir en combien de temps les morceaux du cadavre seraient retrouvés!!<br />
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9) Je suis trop petit et j'ai un foutu torticolis, désolé pour cette fois-ci !! <br />
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10) On m'a dit que je pouvais le faire , alors j'ai fais ça par confiance!!<br />
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11) La poubelle a été volée, donc je n'avais plus le choix, Monsieur l'agent !! <br />
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12) Je suis un très jeune écolo débutant , tout le monde peut faire des erreurs , comprenez- moi!! <br />
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13) Mais Mr l'agent , le prix du PV n'est pas inscrit sur le panneau, donc cela n'est pas légal de verbaliser ainsi!!<br />
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14) Je suis parti en vacances sans mes lunettes , et comme je suis myope comme une taupe, je n'ai pas pu lire l'inscription , d'ailleurs j'ai déjà du mal à conduire, vous pouvez comprendre mon désarroi Mr l'agent !! <br />
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15) Oh désolé, les sacs ne sont pas biodégradables, zut j'ai été encore dupé!!<br />
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16) Ben , étant donné que l'herbe n'a pas été coupée , je pensais que les agents allaient prendre les sacs en même temps!!<br />
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17) C'est un lieu à l'écart , ça ne gène personne que je sache!!<br />
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18) Vous n'allez pas gueuler pour trois pauvres petits sacs quand même!!<br />
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19) On m'a dit que la ville de Vierzon était habituée, alors je trouvais cela normal d'en faire autant!! <br />
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20) Ah!! mon mari et toutes ses mauvaises manies de marquer son territoire,grrr je ne le comprend plus, Mr l'agent!!<br />
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21) J'ai laissé quelques vêtements encore propres et j'ai pensé que cela pouvait servir à des pauvres gens de passage!!<br />
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et 22) Oh , que les gens sont sales , moi je n'oserai pas ça sur Vierzon Mr l'agent, alors là croyez-moi c'est inadmissible !!
Le phare de l'île Saint-Esprit enfonce son regard oblique dans le ciel rond. L'estran met l'île Marie à portée de terre. Le temps d'une marée basse, elle s'attache au continent dans le ronronnement doux de la mer qui revient. De là où s'effrite le sable, Vierzon jette ses dernières lumières dans la bataille de la nuit. Au petit jour, le Bistrot du port déversera ses cales de croissants tièdes sur les habitués de la Renverse, le bateau du père Seb, le premier à sortir, le dernier à rentrer. Le zinc tanné par les manches des cirés jaunes bavarde ses silences imposés : parfois, dans le bistrot salé, il faut faire place au silence pour mieux veiller aux récits. Le café se remplit chaque heure d'une houle synthétique, fait d'humains en partance, en revenance, entre deux horaires. Il y a la crème des commerçants, le dessus du panier des marins-pêcheurs, la haute société retraitée qui confond les larmes et les embruns, pour ce qu'elles ont de souvenirs iodés à retenir dans les filets. Plus loin, près de la capitainerie, la butte de Sion jette un regard circulaire sur l'ensemble de la ville. Elle ressemble, en ce matin d'été, à l'idéal que l'on se fait du bonheur transversal : entre l'impression d'être ancrée ici tout en étant ailleurs. C'est sûr que la mer aimante ce qu'elle touche. C'est sûr que la mer déverse, sur le sillon des fins reliefs, la preuve que sans elle, Vierzon ne serait pas Vierzon. Le marché fourmille, sur les places centrales. Le soleil, déjà chaud, est à marée haute. Une trace de vent raye l'air lourd à porter. Les bistrots sont accoudés à la curiosité de la foule : c'est étonnant comme les terrasses s'étalent, comme elles semblent animées de l'électricité marine qui, une fois coupée, c'est sûr, rend la mer plate comme une rue piétonne. L'étrange idée qu'on se fait d'être ici n'est rien à côté de cette formidable idée d'y être née. La mer a son industrie propre et son économie personnelle. Vierzon sans la mer aurait ressemblé à ces villes moyennes punaisées au centre de la France sans qu'aucun grain de sable ne déborde de son destin. C'est étonnant d'être d'un continent tout en étant relié à la mer, cette faculté d'être à la fois le solide et le liquide, de défier les loirs de la transparence. J'allonge un pas décidé vers les rues que je préfère, les deux-trois cafés où sont sanglés les derniers secrets du jour et qui m'attendent, comme autant de valises à emporter. Plus on s'éloigne du port, dans le ventre de la ville, plus la ville durcit son statut de ville. Plus on s'enfonce dans la terre, plus la terre vous admet. Entre les rives et la tonitruante cité de l'arrière-ville, deux mondes s'affrontes. Ils étaient quatre jadis, quand la ville éclatée en quatre entités distinctes, se disputaient son destin. Quand plus tard, par raison, la ville a noué ses quatre communes indépendantes, chacune d'entre elles a gardé sa ligne d'eau, ses aspects, son nom, sa façon d'être. Etre de Vierzon ne signifie pas être à Vierzon, mais des Forges, de Villages, de Ville ou de Bourgneuf. Les quatre quartiers bruissent pourtant des vagues qui reviennent, je les entends galoper, pour remettre à niveau, la mer avec la terre. Pour remettre l'île Marie dans sa façon d'être une île. Je suis à la terrasse du café « T'as voulu voir... » Brel y a laissé une dédicace amoureuse. Si Vierzon avait la mer, serait-ce encore Vierzon ou une façon d'être Vierzon ?
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