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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Chirurgie à l'hôpital : comment en est-on arrivé là ?

Publié par vierzonitude sur 1 Février 2019, 14:00pm

Après le rapport de la chambre régionale des comptes qui secoue fortement le centre hospitalier de Vierzon, on a entendu le maire de Vierzon également président du conseil de surveillance, le docteur Brée ardent défenseur de l'hôpital, la députée Nadia Essayan et Franck Piffault, élu de l'opposition. On a aussi entendu l'intersyndicale qui s'est fendue d'un communiqué en faisant mine qu'aucun danger ne menaçait l'hôpital.

Mais aucun médecin n'a pris la parole. Et pourtant. Le rapport de la chambre régionale des comptes est ultra-sévère avec le service chirurgie, même "s'il n'y a rien de nouveau", selon certains, on découvre dans le rapport une réalité abyssale comme celle-ci : "Sur les soins les plus fréquents en matière chirurgicale, les habitants du territoire ne passent plus que minoritairement, parfois marginalement, par l’hôpital de Vierzon. "

Le rapport parle d'"une très forte baisse d’activité en chirurgie et une marginalisation ou obsolescence de son offre de soins dans ce secteur." Du coup : "plus de 70 % des habitants de sa zone d’attractivité s’adressent aux hôpitaux publics ou privés de Bourges et de Tours. Cette proportion peut atteindre 90 % dans les prises en charge les plus courantes."

Question : cette baisse d'activité de la chirurgie et cette fuite des patients, est-elle une conséquence de la politique de tarification ? La faute au gouvernement ? Une faute de gouvernance à l'hôpital ? Parce qu'on aimerait comprendre, tout de même. Si l'on sait que la tarification à l'acte est un mode de fonctionnement auquel le gouvernement veut mettre un terme, elle n'est pas responsable de l'activité même de la chirurgie. De son financement oui, de son existence, non. 

Ce qu'on aimerait comprendre et que personne ne nous explique, (car ceux qui devraient expliquer partent du principe que le rapport de la chambre régionale des comptes est biaisé...) est simple : comment en est-on arrivé là ? Il a fallu attendre ca rapport pour que la population vierzonnaise soit informée de la situation de la chirurgie. Pourquoi ? Comment ? Quels remèdes ? Maintenir une offre est une très belle idée, mais s'il n'y a pas d'activité et encore moins de patients pour l'alimenter, comment fait-on ? On peut toujours demander à ce que rien ne change. Pas sûr que le problème sera résolu.

 

Le rapport qui enterre l'hôpital de Vierzon

 

La lecture du rapport de la chambre régionale des comptes sur l'hôpital de Vierzon est à l'inverse de ce flot d'optimisme qui a suivi la suspension de la grève générale. Maternité sauvée, chirurgie renflouée... Les pages rédigées par la chambre régionale enterrent carrément l'hôpital de Vierzon qui n'aurait donc plus aucun avenir, à cause de sa situation financière d'une part et son incapacité chronique, d'autre part, à se réformer.

Mais surtout, on voit poindre dans ce rapport, la raison essentielle de la future disparition de l'hôpital de Vierzon : la concurrence féroce génère ainsi un nombre de lits excédentaires, l'équivalent d'un hôpital. Comme celui de Vierzon tiens !

Pour survivre, il faudrait, selon le rapport, que l'hôpital supprime la chirurgie qui mange les capacités financières de l'hôpital sans rapporter les recettes équivalentes et donc se sépare de sa maternité, construire un nouvel hôpital sur un site unique (entre les lignes ce serait à la Noue) tout en recentrant l'activité sur la médecine. Une médecine hospitalière qui permettait ainsi de résoudre, en partie, la pénurie inquiétante de médecins à Vierzon.

 

Mais qui financera un nouvel hôpital à Vierzon ? Dans quels délais ? Avec quels moyens financiers ? cette impossibilité-là ne signe-t-elle pas non plus l'arrêt de mort de l'hôpital vierzonnais ? Pas de réforme, pas de nouvelle construction, donc...

L'hôpital de Vierzon est confronté, depuis très longtemps, à un endettement important qui génère un déficit béant. Cette situation entraîne même le centre hospitalier à payer ses dettes bancaires au profit des charges sociales et de ses dettes fiscales. Le tout assorti d'un manque de recrutement pourtant indispensable qui menace carrément la survie de certains services (maternité, chirurgie, gériatrie maintenant...)

Autre phénomène inquiétant : la fuite des patients qui devraient théoriquement fréquenter l'hôpital mais qui n'y vont pas. C'est énorme pour la chirurgie mais aussi pour la maternité. Est-ce à dire que les manifestations de masse des Vierzonnais et des habitants du Vierzonnais étaient biaisées ? Que certains manifestaient donc pour le maintien de l'hôpital sans vouloir y mettre les pieds à la première occasion ? 

Le rapport n'est tendre avec personne, mais il prend ses distances, tout de même, avec la communauté médicale. Le management aussi est remis en cause, les ressources humaines également, l'état des bâtiments, le manque d'investissement (dû au poids de la dette). Bref, un rapport qui est en fait une entreprise de démolition à charge qui va grandement faciliter le travail de l'agence régionale de santé pour prendre ses futures décisions.

Le rapport a l'avantage de faire la lumière sur la situation réelle de l'hôpital même si les critiques de devraient pas tarder et la première d'entre elles, on ne gère pas un hôpital comme une entreprise. Mais, malgré tous les désavantages de ce rapport, il avance des solutions qui de toute façon devront être prises. Pour payer les salaires, l'agence régionale de santé a dû verser de l'argent, l'hôpital n'étant pas en capacité d'être, gros mot, suffisamment rentable.

Alors, ce rapport sera-t-il l'élément déclencheur vers une restructuration de fond ? Ou sera-t-il, comme les autres, glissé au fond d'un tiroir, jusqu'au prochain ? Jusqu'aux prochaines turbulences ?

Le poids syndical et politique qui pèse sur la direction qui explique ne pas pouvoir envisager de réforme à cause de cela glissera-t-il plus facilement sur les plumes de l'Agence régionale de la santé ? L'année 2019 démarre sur une administration provisoire de l'hôpital et un rapport sans pitié. Question : l'hôpital de Vierzon doit-il être réformé en profondeur. Voilà une bonne question à poser aux Vierzonnais lors d'un referendum d'initiative citoyenne. Chiche ?

La pérennité du CHV n’est pas acquise

 

La phrase contenue page 16 du rapport de la chambre régionale des comptes, renvoie aux heures les plus sombres qu'a connu le centre hospitalier : "dans un tel contexte, la pérennité du CHV n’est pas acquise, la persistance de difficultés financières débouchant sur un risque de continuité de son activité."

Et quel est le contexte justement ? Celui où si "chaque établissement s’efforcerait d’optimiser les taux d’occupation, on peut évaluer à plus de 600 le nombre de lits excédentaires, tous secteurs confondus, dont la moitié en chirurgie", sachant qu'au regard des chiffres comptables"l'offre de soins (est) très supérieure à la demande actuelle de séjours hospitaliers."  

Mais il y a encore pire : "la chambre souligne, qu’aussi drastiques que pourront paraître les mesures de retour à l’équilibre des comptes, toujours différées depuis plus de dix ans, chaque nouveau report accroît le risque qu’à brève échéance il devienne impossible de maintenir un hôpital à Vierzon. "

Un autre facteur aggravant met les services de l'hôpital en péril, l'âge des praticiens et le manque cruel de recrutement. Selon le rapport de la chambre régionale des comptes, "il reste 1,6 équivalent temps-plein (ETP) en obstétrique sur 2,6 postes médicaux, un en pédiatrie, complété par des médecins sous contrats." 

"En chirurgie, sur les 2,6 ETP, le praticien mis à disposition pour 0,6 ETP est reparti sur Romorantin-Lanthenay et les deux autres praticiens avancent en âge."

"En gériatrie, sur 4,6 ETP, deux praticiens viennent d’annoncer leur départ à la retraite en avril 2019."

L'hôpital enregistre surtout, comme on a pu déjà le dire, "une très forte baisse d’activité en chirurgie et une marginalisation ou obsolescence de son offre de soins dans ce secteur."

Les conséquences sont terribles : "plus de 70 % des habitants de sa zone d’attractivité s’adressent aux hôpitaux publics ou privés de Bourges et de Tours. Cette proportion peut atteindre 90 % dans les prises en charge les plus courantes."

Chirurgie à l'hôpital : comment en est-on arrivé là ?

En chirurgie, le taux de fuite des patients vers d’autres établissements dépasse 70 %

 

Le rapport de la cour des comptes Centre-Val-de-Loire et qui a conduit à la mise sous administration provisoire de l'établissement de santé vierzonnais révèle que le CHV est soumis à une forte concurrence des autres établissements hospitaliers. 

En effet, souligne le rapport de la cour des comptes, "entre 2013 et 2017, sur sept des dix communes majoritairement pourvoyeuses de patients, le CHV a connu une baisse constante du volume de sa patientèle en médecine-chirurgie-obstétrique."

Mais "dans le même temps, le centre hospitalier de Bourges, la clinique Guillaume de Varye à Saint-Doulchard et le centre hospitalier de Romorantin-Lanthenay ont vu leurs patients originaires de cette même zone, augmenter dans ces trois activités. Le recours au centre hospitalier régional et universitaire de Tours et au centre hospitalier régional d’Orléans s’est également affirmé."

Le rapport explique que "l’arrondissement de Vierzon compte avec le CHV, une clinique privée, La Gaillardière, spécialisée en psychiatrie" mais aussi des structures plus proches, concurrentes ou complémentaires, qui sont "le centre hospitalier de Bourges, la clinique Guillaume de Varye à Saint-Doulchard et le centre hospitalier de Romorantin-Lanthenay."

La cour des comptes ne va pas faire plaisir du tout à celles et ceux qui considèrent que le secteur de la santé ne peut pas répondre aux mêmes exigences que le secteur marchand. Pourtant, note le rapport, "dans l’environnement des trois territoires de santé, l’offre de soins hospitaliers est globalement supérieure à la demande."

Chiffres à l'appui : "948 lits étaient offerts en 2016 par les établissements publics et privés du département du Cher qui enregistraient des taux d’occupation de 85% en médecine, 51 % en chirurgie et 40 % en obstétrique."

La cour des comptes, comme son nom l'indique, regarde ainsi les établissements hospitaliers par le prisme comptable.

"Ces niveaux étaient associés à des indices pondérés de durées moyennes de séjours supérieures de 14 % à la moyenne nationale en médecine, 7 % en chirurgie et 7 % en obstétrique." Et la logique est évidemment cruelle car "une optimisation de la gestion, au moins par l’atteinte de taux d’occupation de 95 % en médecine et chirurgie et 85 % en obstétrique, reviendrait à constater un volant global de lits d’hospitalisation complète en trop sur ce département." 

Ce qui signifie, d'après le tableau ci-dessous, 53 lits de médecine, 159 lits de chirurgie et 51 lits d'obstétrique en trop. 51 lits d'obstétrique, l'équivalent d'une maternité, non ?

La situation est encore pire lorsque le rapport de la CRC prend en compte "une autre source de réduction des besoins", à savoir "la diminution des durées moyennes de séjour".

En langage comptable, "la même optimisation de la gestion que précédemment reviendrait à constater, également sur ce territoire plus large, un volant global de lits d’hospitalisation complète en trop grand nombre par rapport à l’usage qui en est fait par les habitants."

Du coup, avec ce calcul, il y aurait, dans le Cher, plus de 600 lits en trop... Plus que les capacités de l'hôpital de Vierzon... Enfin, autre gros mot : "Le centre hospitalier de Vierzon perd de fortes parts de marché en chirurgie",explique le rapport. 

"La part de marché en médecine, après une baisse continue entre 2013 et 2015, passant de 58,5 % à 56,5 %, a évolué positivement en 2016 sans, pour autant, retrouver son niveau de 2013."

Pourtant, "eu égard à la faiblesse de l’offre de médecine de ville évoquée précédemment, le CHV demeure le premier hôpital de recours pour répondre aux besoins de proximité d’un territoire dont la population apparaît relativement fragile socialement et vieillissante."

En obstétrique, le rapport explique que l’établissement"présente un taux de fuite relativement important, de l’ordre de 30%,"  toutefois, "ses parts de marché se sont néanmoins améliorées. Elles ont augmenté de 2,4 points entre 2013 et 2017." Mais pourquoi ce taux de fuite ?

En cancérologie, le CHV connaît un taux de fuite encore plus important, des patients vers d’autres établissements "de l’ordre de 60%. Cependant, il conforte son rôle d’hôpital de proximité par l’augmentation de ses parts de marché en séances de chimiothérapie. Après une diminution de plus de vingt points entre 2014 et 2016, de 64 % à 43,4 %, il a pu retrouver en 2017 son niveau de 2013 (57,7 %).

En revanche, "c’est tout particulièrement en chirurgie et notamment en chirurgie ambulatoire, que la baisse est forte et persistante. Les parts de marché dans ce domaine font l’objet d’une érosion continue depuis 2013. Elles ont régressé de 5,3 points en hospitalisation complète et de 13,7 points en chirurgie ambulatoire. Le taux de fuite des patients vers d’autres établissements dépasse désormais 70 % dans le secteur de la chirurgie."

Résumons : 30% de fuite des patients en obstétrique, 60% en cancérologie et 70% en médecine. Pourquoi les patients qui pourraient entrer à l'hôpital de Vierzon n'y vont pas ? Question cruciale...

Chirurgie à l'hôpital : comment en est-on arrivé là ?

L'arrêt de la chirurgie et la reconstruction sur un seul site préconisés

 

Les rêves de maintenir l'offre de soins à l'hôpital vient de se briser sur le rapport de la chambre régionale des comptes qui"recommande au centre hospitalier de ne pas construire son projet stratégique sur la seule volonté de maintenir une offre de soins complète" et en recentrant "son activité sur ses atouts réels dont le principal est son secteur médecine."

Pire. La chambre régionale des comptes propose de mettre fin au secteur chirurgie, "au moins en hospitalisation complète, au vu des risques auxquels un choix contraire exposerait les patients." Et ce qui en découle est évident  : " le maintien d’une maternité sans chirurgie serait structurellement déficitaire." Plus de chirurgie, plus de maternité...

La chambre régionale des comptes va encore plus loin, et reprend une idée déjà entendu dans les années 1990 par les élus de l'époque, reconstruire un hôpital,  "redimensionné" qui  "couvrirait un périmètre d’activités plus réduit en les recentrant sur un seul site  dans le cadre d’une modernisation des bâtiments et des équipements.." Fini le site Mérigot et le site de la Noue. Mais alors, quel coût pour un tel projet ?

Chirurgie à l'hôpital : comment en est-on arrivé là ?

Moins de 2.000 actes de chirurgie par an, dangereux pour le Ministère de la santé

 

"Le volume annuel d’actes chirurgicaux sous anesthésie est passé sous le seuil de 2 000 interventions par an,  jugé dangereux par le Ministère de la santé et le schéma régional de l’offre de soins de la région Centre-Val de Loire." 

Le rapport de la chambre régionale des comptes préconise donc l'arrêt de la chirurgie à au centre hospitalier de Vierzon pour se recentrer sur l'activité médecine.

Etablissement de santé généraliste, l'hôpital de Vierzon, dans le système actuel, ne dispose pas, selon le rapport de la chambre régionale des comptes,  "de ressources adaptées en personnel médical".

Donc,  et c'est effectivement terrible de lire cette logique qui compare une pathologie à ce qu'elle rapporte à un hôpital mais "l’établissement est peu positionné sur la prise en charge de pathologies à fort potentiel de croissance qui ont été captées par d’autres établissements."

En 2017, "les interventions réalisées par les chirurgiens de l’établissement sur ces spécialités n’ont représenté que 8% de l’activité chirurgicale annuelle contre 29 % au CH de Romorantin-Lanthenay et 33 % à 34 % à la clinique de Saint-Doulchard et à l’hôpital public de Bourges (source Hospidiag)."

En matière de chirurgie du sein, en 2017, "les hospitalisations des patients de la zone d’attractivité du centre hospitalier de Vierzon sont réalisées à 38 % au centre hospitalier Jacques Cœur à Bourges et à 22 % à la clinique privée Guillaume de Varye à Saint-Doulchard. L’hôpital de Vierzon représente 1% de l’activité de soins hospitaliers dispensée aux habitants de sa zone d’attractivité."

Pour les cataractes, "Guillaume de Varye prend en charge 47 % des hospitalisations des habitants de la zone de Vierzon et l’hôpital Jacques Cœur traite 41% des interventions. L’hôpital de Vierzon est totalement absent de cette activité. 

Les activités les plus fréquentes à Vierzon concernent, en médecine, la pédiatrie, les endoscopies et maladies du tube digestif et la pneumologie et en chirurgie, l’orthopédie, l’ORL et les hernies.

"Au total, alors que l’équipe médicale de l’hôpital de Vierzon traite un spectre relativement large d’interventions, les plus fréquentes- c’est-à-dire celles dont a besoin la population de sa zone d’attractivité- sont traitées dans 40 à 88 % des cas par les hôpitaux publics ou privés de l’agglomération de Bourges et de Tours." Quelle en est la raison ? Les médecins qui préfèrent orienter leurs patients ailleurs qu'à l'hôpital de Vierzon ? Les patients qui préfèrent d'autres établissements ? 

Quant aux soins de suite et de réadaptation réalisés dans le département du Cher, "le service de l’hôpital de Vierzon accueille 13% des séjours en hospitalisation complète en 2017 contre 23 % au service SSR de l’hôpital public de Bourges, 12% au centre de réadaptation Guillaume de Varye."

Et "en hospitalisation partielle, le service du CHV représente 15 % des prises en charge dans le Cher en 2017 contre 27 % en 2016. Mais sur ce segment du marché des soins de suite, le centre de réadaptation Guillaume de Varye, qui a mis en place cette offre de soin en 2015, représente, dès 2017, 43 % de la totalité."

D’autres indicateurs d’activité confirment que "la rétraction globale de l’activité de l’hôpital de Vierzon provient essentiellement des volumes de soins dispensés en chirurgie.

En effet, l’ensemble des actes effectués aux blocs diminuent de près de moitié passant de plus de 23 par jour en 2013 à moins de treize en 2017."

Aussi, "le seuil de 2 000 actes par an est franchi puisqu’en 2017, seuls 1 878 actes chirurgicaux ont été déclarés."

Aussi, "la baisse marquée de l’activité chirurgicale participe à la dégradation de la situation financière. Si l’on se réfère à la facturation moyenne par séjour, les 331 séjours perdus entre 2013 et 2017 en chirurgie, hospitalisation complète, et les 336 séjours en chirurgie, hospitalisation ambulatoire, représentent un manque à gagner que l’on peut estimer à plus de 1,3 M€ de recettes en 2017."

Cependant, la circulaire N°DHOS/O/2004/101 du 5 mars 2004 du Ministre de la Santé précise : « Compte tenu de ces données, il est recommandé de faire évoluer les sites de chirurgie qui ont une activité annuelle inférieure à 2000 interventions avec anesthésie (source SAE), vers des disciplines répondant à des besoins avérés pour la population, tels que les soins de suite et la médecine, sauf si des raisons d’ordre géographique justifient leur maintien, après une évaluation rigoureuse des risques. Pour les sites dont l’activité est supérieure mais qui connaissent également d’importantes difficultés, la sécurité des soins impose qu’une analyse soit conduitepour évaluer la nécessité de maintenir l’activité de chirurgie. ». 

Chirurgie à l'hôpital : comment en est-on arrivé là ?

Les réformes se heurteraient à des oppositions sociales et politiques permanentes

 

Fascinant ! Le rapport de la chambre régionale des comptes évoque un courrier du 14 novembre 2018 à l’Agence régionale de santé. Dans cette lettre, le directeur "fait part de l’impossibilité de produire le plan d’économies demandé",mais ce sont surtout les raisons évoquées qui sont de l'ordre de l'énorme ! 

"Sa réponse précise que le constat de cette impossibilitérepose sur le fait que, même si une réflexion sur un projet médical a bien été engagée avec la communauté médicale, la moindre refonte de l’offre de soins produirait des oppositions sociales et politiques permanentes et profondes."

En gros, l'impossibilité de remettre l'hôpital sur de bons rails, depuis douze ans, serait liée au poids syndical de l'établissement et au poids politique de cette ville. On attend avec impatience les réactions des syndicats et des élus... Mais on peut aussi se poser la question de savoir, à la lecture du rapport, pourquoi la situation non seulement ne s'est pas améliorée mais pourquoi a-t-elle empiré. 

Mais les difficultés financières, selon la chambre régionale des comptes, découlent aussi d'un autre problème, majeur :"l'absence de pilotage des effectifs en lien avec l’activité." S'ajoute "un défaut de contrôle sur la gestion du personnel et principalement du personnel médical."

La chambre a pu constater "plusieurs cas où les procédures de gestion des effectifs médicaux se sont avérées insuffisamment formalisées et contrôlées : pièces justificatives à l’embauche, contrôle des temps de travail et des gardes et astreintes et alimentation des comptes épargne temps."
 

"Il en va de ce médecin qui a continué à bénéficier de temps additionnels pour une mission dont il avait été chargé dans un passé ancien et révolu, sans qu’aucun contrôle ne le détecte."

Et le cas d’un agent contractuel "recevant une rémunération complète alors que son contrat stipule qu’il est recruté à mi-temps sans à nouveau qu’aucun dispositif de contrôle ne détecte l’anomalie."
 

Et surtout, "en 2013 et 2014, des campagnes de recrutement semblent être intervenues sans lien avec l’activité. Depuis, l’établissement n’est jamais revenu à ce niveau et a perdu 3,5 M€ de marge d’exploitation." 

Le rapport de la cour des comptes du Centre-Val-de-Loire donne des chiffres précis sur l'hôpital de Vierzon. Des chiffres qui permettent de mesurer l'activité du CHV. Les voici.

1) L'hôpital de Vierzon : 27 045 séjours, 22 584 passages aux urgences...

Effectifs (2017) :

834 équivalents temps plein 

dont 56 personnels médicaux

et 778 personnels non médicaux.

151 équivalents temps plein affectés à l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

 

Activités :

Le CHV est implanté sur deux sites pour un total de 452 lits et 38 places.

En hospitalisation complète et ambulatoire ainsi qu’en consultations externes :

médecine polyvalente, médecine gériatrique, chirurgie viscérale, orthopédique et de la main, gastroentérologique, oto-rhino-laryngologique, stomatologique, urologique et gynécologique, urgences, maternité, gynécologie obstétrique et pédiatrie, imagerie et biologie médicales, soins de suite et de réadaptation (SSR) en gériatrie et en rééducation, soins de longue durée (USLD).

Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD).

Le site « Léo Mérigot », emplacement historique, regroupe les activités principales de soins (médecine, chirurgie, gynécologie-obstétrique, pédiatrie, anesthésie, imagerie médicale et urgences).

Le site de « La Noue » regroupe l’hébergement des personnes âgées dépendantes, une unité de soins de longue durée (USLD) ainsi qu’un service de soins de suite et de réadaptation (SSR).

Le CHV dispose d’un scanner et, depuis 2016, d’un appareil d’imagerie par résonance magnétique (IRM). 

 

Institut de formation :

Son institut de formation en soins infirmiers peut accueillirjusqu’à 45 étudiants à Vierzon.

Celui de formation d’aides-soignants est ouvert à 64 élèves répartis entre deux sites (44 à Vierzon et 20 à Aubigny-sur-Nère).

 

En 2017 :

27 045 séjours d’hospitalisation complète en médecine chirurgie-obstétrique (3 % de moins qu’en 2015) 

1 991 séjours d’hospitalisation ambulatoire, (- 4 %)

1 426 séances notamment de chimiothérapie, (+ 7 %)

24 280 consultations.

 

La maternité :

461 accouchements en 2017 (une moyenne d’environ 20 personnes admises chaque jour en hospitalisation complète, y compris celles venant par les urgences, soit trois en chirurgie, trois en maternité-obstétrique et quatorze en médecine).

97 patients venant chaque jour pour une consultation

14  patients accueillis pour une séance de soins ou une hospitalisation ambulatoire.

 

Urgences : 

22 584 passages aux urgences, (61 passages par jour, 13 en moyenne, conduisent à une hospitalisation dans l’établissement).

 

Finances : 

Le compte financier 2017 fait état de 61,8 M€vde produits budgétaires annuels, toutes activités confondues, dont49,4 M€ pour le seul budget hospitalier.

 

Influence :

Plus de 80 % des séjours en médecine, chirurgie et obstétrique sont effectués par des patients de Vierzon, Mehun-sur-Yèvre, Méreau et Graçay.

Ce territoire représente une zone de recrutement de 55 726 habitants et un potentiel de 16 172 séjours hospitaliers.

La zone d’attractivité de l’établissement est un peu plus étendue et se partage essentiellement entre des communes de trois départements - le Cher, le Loir-et-Cher et l’Indre-qui constituent chacun un « territoire de santé » au sens du CSP. Mais, celle-ci se concentre essentiellement sur l’arrondissement de Vierzon.

 

Population de l'agglomération de Vierzon  :

Entre 2010 et 2015, la population de l'agglomération de Vierzon est passée de 71 484 à 70 925 habitants. 

Entre 2010 et 2015, la part des habitants de plus de 60 ans est passée de 21 788 à 23 001 habitants (+ 5,6 %), représentant ainsi, en 2017, près du tiers de la population.

 

Démographie médicale : 

En 2018, le Cher dispose d’un taux de 222,6 médecinsgénéralistes et spécialistes pour 100 000 habitants : moyenne de la région Centre-Val de Loire (273,6 médecins pour 100 000 habitants), une des plus faibles de France.

Le bassin de vie de Vierzon ne présente qu’une densité médicale de 181,2 médecins pour 100 000 habitantscontre 305,8 à Bourges et 52,1 aux Aix d’Angillon.

En mars 2018, l’ARS recense sur le territoire de santé de Vierzon 36 médecins (33 généralistes, deux gynécologues et un pédiatre). 

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Joël Machère 02/02/2019 20:25

Personnellement, j'ai souvent eu à suivre des soins pour de la famille dans tous les services de l'hôpital , y compris en chirurgie, et je peux témoigner de soins efficaces, attentifs et de qualité: aucune raison d'aller à Bourges, je n'ai jamais écouté ceux qui auraient pu m'aiguiller vers Guillaume de Varye. Donc ALLEZ à l'HOPITAL de VIERZON!

Pierrot 24/01/2019 00:42

La solution ? aller une petite idée, séparer l'EHPAD et l'Hôpital !!
Transformer le batiment Robert Leroux en EHPAD et des pavillons ne conserver que MYKONOS 0 et 1, les autres sont à abattre.
Rapatrier la rééducation sur l'Hôpital
Mettre en place sur L'Hôpital un service de soins palliatifs et une unité de chimiothérapie
Fermer Bloc , Maternité et Pédiatrie
Utiliser les locaux libérés par ces services pour la médecine et désaffecter les services actuels de médecine inaptes à l'emploi , d'ailleurs les deux monte-charges qui les desservent sont à bout de souffle, en panne très régulièrement
Et revoir le fonctionnement du centre de bobologie , enfin des urgences ...combien de véritables urgences au fait ?

Et la on se doute bien que ni le personnel, ni les syndicats , ni les médecins, ni la mairie , ne voudraient en entendre parler, et le moindre murmure en faveur de quelque changement que ce soit est déjà une provocation , d'ailleurs le mot d'ordre n'est il pas "on ne lache rien " ? .....

L'image du Titanic ne serait pas vraiment parlante pour qualifier ce qui se passe , car sur ce navire il n'y avait qu'un commandant, l'Hôpital lui en à plusieurs !....qui donnent tous des ordres contradictoires et dont aucun n'a le même objectif d'ailleurs

Prédictions pour les prochains mois ? , vous prenez le programme de l'année dernière , et on recommence , peut être avec un supplément de "gilets jaunes" en rab

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