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Vierzonitude

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Félix Gimenez d'Eighteen Clothing : nous n’avons le choix que d’avancer

Publié par vierzonitude sur 29 Avril 2020, 11:23am

Félix Gimenez a créé Eighteen Clothing qui, de la galerie marchande d'Hyper U est arrivé en centre-ville avec de beaux projets. Vierzonitude a voulu savoir comment elles vivaient le confinement, comment elle envisageait la réouverture, l'avenir... Voici les réponses.

Félix Gimenez d'Eighteen Clothing : nous n’avons le choix que d’avancer

Votre magasin est fermé depuis le 17 mars. Comment vivez-vous le confinement à titre personnel...

Avec Axel, nous nous attendions à une fermeture pour confinement, mais pas aussi brutale que ce fut le cas. Personnellement, j’ai vraiment eu du mal à m’arrêter, je n’ai que très rarement de temps mort à titre professionnel et personnel. Au final, malgré toutes les incertitudes, les questions, les remises en question, j’ai puisé de la force auprès de ma famille et de mes enfants dont je profite énormément. Ce qui leur fait drôle de m’avoir tout le temps dans les pattes !

Comment vivez-vous le confinement à titre professionnel et économique surtout ?

Économiquement c’est très très dur, comme pour la plupart des commerçants à l’arrêt. Ma trésorerie fond à vue d’œil malgré les aides mis en place. Je suis assez inquiet pour la suite des événements. De plus, notre récente installation en centre-ville avait nécessité de gros investissements, et certains de nos fournisseurs ne peuvent pas se permettre de nous aider et nous faire un geste. Il faut tout de même garder la sourire et voir plus loin.

On parle d'aides de l'Etat, êtes-vous éligible, est-ce suffisant ? Et sinon, comment faites-vous pour tenir ?

Nous avons été éligibles au 1500€ de fond de solidarité. Pour ma part, la mise en place du chômage partiel n’est toujours pas effective suite à un problème technique depuis le début du confinement. Malheureusement, ce n’est pas suffisant pour espérer survivre et payer toutes les charges. 

Pour essayer de limiter la casse, nous proposons nos produits sur notre boutique en ligne (https://eighteen18.fr) et sur nos réseaux sociaux avec un système de drive (produit à retirer en boutique) ou de livraison à domicile à Vierzon et 5km autour. Nous comptons bien évidemment sur la fin de ce confinement pour repartir de plus belles et retrouver nos clients qui nous manquent !

La date du 11 mai vous apporte-t-elle un peu d'espoir ?

Bien sûr, nous pensons déjà depuis quelques jours à la réouverture et à toutes les mesures préventives et sanitaires que nous devons prendre en conséquence. Notre inquiétude en tant que boutique de prêt à porter, ce sont les essayages de vêtements qui ne seront pas possibles pour des raisons sanitaires évidemment. 

Pas d'activité, pas de rentrée d'argent, on suppose que les charges tombent, le loyer à payer. Comment faites-vous pour faire face ?

Nous avons réussi à geler nos loyers et nos échéances bancaires pour nous permettre de souffler et éviter la banqueroute. Pour le moment, les autres charges sont financées par notre trésorerie, ce qui est un peu rageant puisqu’il s’agissait du fruit de notre travail jusqu’ici pour nous permettre d’investir dans une nouvelle machine d’impression textile. C’est pourquoi, nous comptons également sur le soutien de tous grâce à la mise en place de cartes cadeaux sur notre boutique en ligne (https://eighteen18.fr , ou via la plateforme nationale de soutien aux commerçants (https://bit.ly/2YbD4Ug). Nous attendons beaucoup de ce système.

Parlez-vous avec d'autres commerçants de la situation et si oui, qu'en disent-ils de leur côté ?

Nous communiquons et échangeons via un groupe WhatsApp qu’Hélène Ferreire (NDLR : Office du commerce et de l'artisanat de Vierzon, OCAV) a créé pendant ce confinement. Nous en profitons d’ailleurs pour la remercier pour tout le travail réalisé jusqu’ici. C’est la travailleuse de l’ombre en ce moment, qui cherche toutes les solutions et toutes les aides à nous proposer. Elle prend de nos nouvelles et nous soutient, donc merci pour tout ce qu’elle fait !

Envisagez-vous de reprendre toutefois une activité en accord avec les mesures sanitaires avant le 11 mai. Commet allez-vous faire ?

Nous avons déjà quelques préconisations à appliquer pour la ré-ouverture, mais nous attendons encore les derniers détails à appliquer. Nous serons attentifs et veillerons au bien être des clients et à leur sécurité. Nous pensons déjà faire 2 files d’attentes différentes à l’extérieur de la boutique. Une pour les clients du magasin et une pour nos clients Mondial Relay pour qu’ils puissent venir récupérer leur colis sans entrer dans la boutique. Nous appliquerons un plan de circulation à respecter dans la boutique, et nous mettrons à disposition du gel hydro alcoolique, ainsi que tous les éléments sanitaires nécessaires. 

Comment voyez-vous l'avenir proche, l'avenir plus lointain

A première vue, et comme tous mes confrères commerçants, nous ne pouvons voir loin et avons peur pour l’avenir.  Mais pour ceux qui nous connaissent et ont suivi notre parcours, nous préférons avoir une vision différente et optimiste. D’une part parce que nous n’avons pas le choix d’avancer et que nous devons nous en sortir, d’autre part parce qu’il sera peut-être le moment de changer et modifier le commerce (d’une manière générale) à l’avenir. 

Je pense (à titre personnel) qu’il y aura un avant, et un après confinement. A l’instar d’une feuille blanche se présentant à nous, où nous devions tout repenser et recommencer. Et si c’était une solution ? Si c’était le moment de changer le commerce et de mettre en place des actions valorisantes pour Vierzon pour nous permettre de rebondir ? En tant que commerçant, j’aime l’idée que nous puissions travailler tous ensemble, tous les quartiers de Vierzon, à se rapprocher et travailler main dans la main parce que seul, il sera impossible de grandir, de survivre et réussir.  Nos capacités financières sont limitées, nos champs d’actions aussi, mais ensemble, entre petites structures nous pouvons arriver à faire quelque chose, j’en suis persuadé. Je crois que nous devons profiter de l’élan de solidarité et de la prise de conscience des Vierzonnais (qui aiment consommer local) pour leur donner une image plus dynamique et attractive de la ville. Il y aura toujours les réfractaires, les gens qui penseront que c’est un discour de « Bisounours », mais essayons, », n’ayons pas de regrets et prouvons que nous pouvons le faire ensemble. Voici ma vision pour l’avenir. 

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