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Vierzonitude

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Forêt de Vierzon : selon l'ONF, l'état des arbres est très préoccupant

Publié par vierzonitude sur 14 Septembre 2019, 09:36am

France 3 nous explique, à travers un reportage, que la forêt de Vierzon souffre particulièrement de la sécheresse. "Les forêts domaniales de Vierzon et de Vouzeron qui représentent un massif de 7 500 hectares ont souffert de la sécheresse. Le déficit hydrique est très prononcé. Les dernières pluies conséquentes remontent à juillet 2018. Entre juillet 2018 et juillet 2019, il est tombé 460 millimètres d'eau. En moyenne les précipitations s'élèvent à 800 millimètres. Le cumul des deux phénomènes a fragilisé les arbres : les hêtres ont séché à la cime, leur feuillage est devenu plus clair, ils se dessèchent et meurent ou vont mourir dans les semaines à venir."

On apprend également que "le 25 juillet dernier, une mini-tornade s'est abattue sur la forêt. Les turbulences, pluie et vent ont affecté 90 hectares. Le phénomène a été soudain et a duré à peine trois quart d'heure. Il est tombé 20 millimètres d'eau. Le vent qui soufflait a rebondi sur le sol, les branches moyennes des chênes ont été déformées et n'ont pas retrouvées leur forme initiale. Quant aux feuilles, elles ne sont pas redressées."

Un événement qui s'ajoute au fait que "les arbres, du fait de la sécheresse, n'ont pas la même "tenue mécanique" car un bois normal c'est-à-dire, en bonne santé, est souple. Il résiste aux aléas climatiques mais un bois desséché devient cassant. Il peut y avoir alors des phénomènes de rupture des branches et des racines."

L'office national des forêts (ONF) que site France 3 n'est pas rassurante sur l'état de santé de la forêt de Vierzon et de Vouzeron : "A l'heure actuelle, l'état de santé des arbres est préoccupant, voire même très préoccupant car les conditions sont inhabituelles et les conséquences peuvent être graves. Nous ne connaissons pas l'étendue des dégâts. Le niveau de faiblesse des arbres n'est pas forcément visible à l'heure actuelle. Ces arbres manqueront peut-être d'énergie au printemps du fait de leur état actuel. Nous allons continuer de les observer."

Forêt de Vierzon : selon l'ONF, l'état des arbres est très préoccupant

La forêt est avec l'eau, les deux lettres majuscules de la ville de Vierzon. La forêt domaniale est un poumon vert de 7.500 hectares, en bordure de la Sologne. Elle apparaît, par écrit, dans le cartulaire (recueil d'actes) de l'Abbaye de Vierzon, en 843, sous forme de parcelles offertes aux moines. Mais dès l'âge de fer, elle est exploitée, plus ou moins adroitement, par les Bituriges, ces Gaulois qui manient plutôt bien l'art du fer.

La forêt vierzonnaise fait écho à celle de Vouzeron, sa voisine, et plus loin, à celle de Saint-Palais et d'Allogny. Elle est de tout temps, un instrument de travail et une source de matière première. Son rôle économique, sous l'ancien régime, consiste à ramasser du bois (la ramassée), des glands (la glandée) pour nourrir notamment les porcs. Si la nature est une grande experte, la gestion de la forêt a tout de même glissé dans les mains des hommes. On évoque bien sûr Colbert. Ce vaste territoire, hérissé de richesses, au sol extrêmement fertile, attise bien sûr les convoitises.

La forêt est d'abord la propriété des Seigneurs de Vierzon. Aux XIIè et XIIè siècle, elle fournit le bois nécessaire aux charpentiers, aux menuisiers ainsi qu'aux chantiers de batellerie, car n'oublions pas que l'Yèvre est navigable et que les voiles s'y tendent. Le massif passe ensuite de mains en mains jusqu'à celles du très renommé Comte d'Artois. Le futur Charles X plante à Vierzon ses forges, au XVIIIè siècle et allume le feu de l'inéxorable développement de la ville. Une Révolution plus tard, et la forêt vierzonnaise tombe alors dans le domaine public.

Des industries dévoreuses de bois

L'industrialisation de Vierzon, grâce au top départ donné par l'implantation des forges, entraîne un usage intensif de la forêt . Par exemple, ces forges sont de grandes consommatrices de bois. En 1780, elles en avalent 120.000 stères ; en 1857, 150.000 stères. La forêt de Vierzon sature et finalement, l'ouverture du canal de Berry la sauve en même temps qu'elle met un terme aux forges mangeuses de bois : le fer fabriqué avec la houille remplace, en fait, la technique vierzonnaise au bois.

Mais le sort de la forêt n'est pas sauf pour autant. Car les industries ont poussé, sur le sol, comme des champignons après la pluie. Les batelliers, encore eux, extirpent deux mille mètres cubes de bois par an après la première guerre mondiale. Mais avant, les porcelainiers ont élu domicile autour des gisements de kaolin. Ils puisent aussi le bois, 20.000 stères par an en 1850 pour nourrir les fours. La coke, le gaz et enfin l'électricité prennent heureusement le relais.

Les verreries, arrivées au milieu du XIXè siècle, chargent aussi du bois dans leur feu. Si les tanneries ramassent l'écorce de chêne pour le tanin, les verreries récoltent la fenasse (foin avec des feuilles sèches) afin d'emballer le verre. Sauf que pour favoriser la fenasse, sous-bois et clairières étaient incendiées, les arbres y mourraient donc. Ceci additionné au pâturage qui dégrade aussi sérieusement le boisement, la forêt est soumise à un dur régime. Elle alimente ainsi, sans avarice, et pendant quatre-vingt ans, l'industrie qui se lève sur la ville avec son énergie naturelle. A l'exploitation industrielle, s'ajoute l'exploitation agricole pour les animaux. Inévitables aussi, ce sont les incendies mais répétés, ils nuisent fortement aux massifs. Les chiffres sont parlants : entre 1820 et 1856, les flammes ont brouté 2192 hectares de forêt contre 450 entre 1925 et 1949 et seulement 62 hectares, entre 1950 et 1974.

Du coup, la surexploitation des massifs pour les forges et les paturages favorisent le chêne pédonculé au profit du chêne sessile. Un chêne sur trois est pédonculé. En 2000, mille hectares de peuplement de chêne pédonculé ont plus de cent ans dont quatre cents hectares au-dessus de 150 ans. Seulement, en 1920 et en 1940, les aménageurs de la forêt constatent un début de dépérissement du chêne pédonculé, des milliers d'arbres succombent sur plus de cent cinquante hectares.

En 1982, en 2000, le phénomène se reproduit. En fait, la forêt subit les premiers effets du réchauffement climatique. Avec la sècheresse croissante, le réchauffement entraîne un dépérissement des chênes pédonculés, sur lequel se sont penchés, à Vierzon, de nombreux spécialistes. Dans les Pyrénées, par exemple, ce sont les hêtres qui sont touchés. Aujourd'hui, l'exploitation, confiée à l'Office national des forêts, est d'une autre nature que l'usage industriel ou agricole. La forêt est l'identité touristique de la ville, la porte d'entrée de la Sologne du Loir-et-Cher et du Cher. D'ailleurs, les communes dites de la forêt, sont une entité à part entière (Saint-Laurent, Vouzeron, Neuvy-sur-Barangeon, Nançay.) Et Vierzon n'oublie pas, de vanter sa “magnifique forêt domaniale de 7.500 hectares”.

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Commenter cet article

Anti beauf 14/09/2019 11:26

"Il fait beau!Il fait chaud!Il y a du soleil!C'est super!C'est génial!In en profite!On est bien!"Et la forêt dans tout ça?Et le canal dans tout ça?Le soleil n'est pas la vie!Il faut de l'eau!

pierre de vierzon 17/08/2019 23:31

en tout cas moi j'ai appris plein de chose avec cet article très instructif, Bravo et merci...vierzonitude...

h 17/08/2019 19:54

"Un chêne sur trois est pédonculé." C'est une insulte chênophobe ? Attention, les milices LGBTQ+ pourraient vous signaler à Greta Thunberg qui fera fermer votre site pour en réduire l'empreinte carbone.

Père fouettard 17/08/2019 10:19

Pas de panique!Le président de la CDC a des vues sur la forêt domaniale pour y bâtir un centre commercial,une extension du centre routier et un parc d'attraction!Il vous dira que c'est ça ou 50% de chômage à Vierzon.
Pour l'eau,creusons des tranchées pour que les pluviales aillent directement dans l'Yevres et le Cher.Tant pis pour la biodiversité!Le Président est peut-être coco,mais certainement pas écolo!

Jean max Rousseau 14/09/2019 14:01

Vous êtes de mauvaise foi.Fd est un grand serviteur de Vierzon.Il a une fibre sociale et indéniablement écologiste

AR 17/08/2019 09:19

si on veut préserver ce trési=or il faut se donner les moyens de le faire comme par exemple entretenir surveiller controler et verbaliser. L'ONF préfère faire du fric avec le bois et supprimer des postes agents forestiers alors qu'il pourrait recruter des services civiques a vélo qui patrouilleraient

Wizard 14/09/2019 15:47

Entretenir, surveiller, contrôler et verbaliser quoi ? Les nuages qui passent sans s'épancher, les degrés centigrades qui montent montent montent sans autorisation ou le vent qui souffle et dessèche à n'importe quelle heure ?
Il "faudrait" aussi recruter des services civiques (c'est un métier ça ?) à vélo qui patrouilleraient (avec des petits arrosoirs au cas où).
La pertinence n'est pas le lot de tous visiblement.

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