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Vierzonitude

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Hôpital de Vierzon en 2014 : trésorerie à sec, manque de cap, gestion artisanale du bloc opératoire...

Publié par vierzonitude sur 22 Septembre 2017, 15:10pm

En février 2015, le maire et député de Vierzon déclarait ceci, il avait d'ailleurs organisé une réunion au centre des congrès pour le clamer : "Sans enjoliver la situation mais aussi sortir des fausses rumeurs, mon souhait est d’apporter des informations à la population. Il n’y a pas d’inquiétude sur l’avenir de l’hôpital. Même si on ne fait pas tout ici, on va garder ce qu’on a". 

En décembre 2014, le comité de soutien et de développement de l'hôpital et des offres de soins du bassin de vie de Vierzon invitait le tout nouveau directeur du centre hospitalier, Florent Foucard, 35 ans. Il y a trois ans,  il a longuement détaillé l'audit que la ministre de la santé, Marysol Touraine avait demandé en contre partie d'une subvention d'Etat pour le futur IRM, construit depuis dans les anciens locaux qui abritaient la maternité.

Voici un état des lieux de l'hôpital de Vierzon.

Budget

l'hôpital accuse un déficit de 4,7 millions en 2014 avec une trésorerie à sec. "Une situation pas facile" reconnaît le directeur. Le budget global de l'hôpital est de 60 millions, son déficit atteint les 8%. L'audit pointe un manque de pilotage médico-économique, terme barbare. La tarification des hôpitaux se fait à l'activité, c'est à dire, le financement dépend de l'activité de l'hôpital. 

L'hôpital de Vierzon souffre d'une hausse des jours d'hébergement avec ce paradoxe : il y a moins de patients mais ils restent plus longtemps. Dans ce domaine, l'hôpital de Vierzon est au-dessus de la moyenne nationale. Une meilleure gestion de ce problème permettait, en gros à l'hôpital de Vierzon, de générer 1,2 million d'euros supplémentaire.

Réduction des effectifs

comme Vierzonitude l'avait déjà souligné, les contrats à durée déterminée de l'hôpital fondent. C'est ce que le directeur appelle "la réduction de la voilure". En quatre ans, la masse salariale de l'hôpital de Vierzon a grossi de deux millions d'euros, soit 12% en plus, avec une situation financière fragile; Cherchez l'erreur ! L'établissement vierzonnais, sur ces deux sites (Mérigot et la Noue) totalise 750 agents. Or, la hausse de la masse salariale n'a entraîné aucune hausse de l'activité de l'hôpital. La moitié de cette masse salariale est médicale. 

Le directeur va gratter jusque là où cela deviendra douloureux : le temps de travail. Pour Florent Foucard, l'accord de 204 est un accord "coûteux", sur lequel, peut-être, il va falloir rediscuter.

Autre motif d'inquiétude : l'absentéisme. Environ 10%. Pour schématiser, sur les 750 agents, 75 sont absents. 

 

Taux d'occupation

60% des activités de l'hôpital ne viennent pas des urgences mais sont des entrées préparées. Or, le taux d'occupation des lits est faible : 75 en chirurgie, 62% en obstétrique, 45% en pédiatrie. En revanche, 95% de taux d'occupation en médecine.

Première mesure prise par le directeur : la suppression de six lits de chirurgie passant de 23 à 17 lits. 
 

Problème de communication

l'audit a pointé du doigt un manque de communication de l'hôpital, dans la gestion de ses "pôles", un jargon administratif. Les pôles sont les grands secteurs de l'hôpital. Mais là où il devrait n'y en avoir 2 ou 3, au pire 4 ou 5, il y en a 8 ! "Stupéfiant" selon l'audit. Bien sûr, ces pôles génèrent des cadres pour les gérer... 

Autre problème à résoudre : "une absence de cap" pointe l'audit, d'un projet fort pour cet établissement. 

Par exemple, la gestion du bloc opération a été taxée "d'artisanale". Le temps de vacation dévolu aux chirurgiens n'est pas le temps d'occupation... Une opération qui doit démarre à 8h30 démarre à 9 heures. Le premier coup de bistouri au lieu de démarre à 9 heures, démarre à 9h15. Le bloc opératoire devra se doter des outils de pilotage nécessaire. En clair, les activités au bloc commencent tard et se terminent tôt. 

 

Plan de redressement

Le directeur n'est pas là pour enfiler des perles. Le plan de redressement exige un retour à l'équilibre. Impossible d'investir, l'hôpital n'a pas de marge de manœuvre. Impossible d'emprunter non plus. Il s'agit de procéder à un "regroupement", pas à une "fusion" explique le directeur. "J'ai vocation être directeur de l'hôpital de Vierzon, pas directeur adjoint de l'hôpital de Bourges" (si l'hôpital de Vierzon devait fusionner).  Le leitmotiv est : ne pas travailler seul.

Comment ?

Avec des coopérations entre établissement : un ophtalmologue et un urologue sur deux établissements par exemple. Idem pour l'ORL, la gastro et tout ce qui est vasculaire.

Anomalie vierzonnaise : le service pédiatrie est détaché de la maternité. L'idée sera de regrouper les deux quand il y aura de l'argent pour le faire...

Les bonnes choses

il n'y a pas que du mauvais à l'hôpital de Vierzon. La chirurgie ambulatoire fonctionne bien. Le personnel est conscient de la situation de l'établissement. Il y a une vraie culture médicale et le pôle du handicap est un atout à développer. 

Mais, souligne le docteur Brée, médecin généraliste et conseiller municipal, évidemment pas d'accord avec la logique économique du système (et non humaine), "il faut prendre ne compte le renoncement de soins d'une certaine catégorie de population qui ne trouvant pas à se soigner sur place n'ont pas les moyens d'aller ailleurs. Alors, ils renoncent."

Article paru en février 2015 dans l'hebdomadaire communiste du Cher.

Hôpital de Vierzon en 2014 : trésorerie à sec, manque de cap, gestion artisanale du bloc opératoire...
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Commenter cet article

Limo 22/09/2017 20:04

Arrêtez de vous prendre tout le temps au maire. Ce n'est pas lui le responsable dans cette histoire. Le programme de Macron est dans la continuité de Hollande, il favorise la Metropolisation du pays et concentre tout dedans , au détriment de nos villes moyennes....

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