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Vierzonitude

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Hôpital : l'intervention d'un élu de l'opposition enflamme le conseil municipal

Publié par vierzonitude sur 12 Octobre 2018, 16:00pm

L'intervention du conseiller municipal d'opposition, Franck Piffault, à propos de l'hôpital de Vierzon, n'est pas passée inaperçue, jeudi soir. Elle a même profondément agacé les élus de la majorité ! Pour l'élu, "Il y a bien un problème de gestion à l’hôpital de Vierzon. Et depuis de nombreuses années ! Le déficit structurel de 2,5 millions € par an, pouvant même dépasser les 3 millions, ne peut pas être éternellement épongé par l’Agence régionale de la santé (ARS) sans que rien ne change… C’est l’utilisation des deniers publics qui n’est pas satisfaisante et les citoyens contrairement à ce que vous semblez croire y sont très sensibles. Ils veulent de la santé mais ils veulent aussi que les responsables directs ou indirects de la gestion de l’hôpital trouvent des solutions pour réduire ce déficit." 


Franck Piffault insiste : "Vous savez très bien que le déficit du centre hospitalier de Vierzon n’est pas uniquement lié à un problème de tarification des hôpitaux en France ! Que l’on tienne des conséquences d’un financement total par emprunt d’investissements lourds financièrement mais nécessaires et inévitables dans les années 2000 est une chose ! Que l'on considère que la seule responsabilité de l’État, sous toutes ses formes, explique ces pertes financières, en est une autre… Il existe des causes propres à l’hôpital à cette situation financière."

L'élu ajoute, en s'adressant au maire : "Vous êtes, depuis une dizaine d’années, Président du Conseil de surveillance de l’hôpital. Vous avez pu j’espère constater les nombreux dysfonctionnements à l’hôpital de Vierzon." A noter toutefois que l'actuelle majorité est arrivée en 2008 et que précédemment, le maire et président de l'ex-conseil d'administration de l'hôpital de Vierzon était Jean Rousseau, assis aux côtés de l'élu d'opposition, jeudi soir.

Pour Franck Piffault, "le rapport de la Chambre régionale des comptes permettra de bien faire la part des choses entre les difficultés financières venant du mode de financement des soins et
les causes endogènes à l’établissement et aux décisions de gestion. En tant que Président du Conseil de surveillance, vous avez la responsabilité des orientations stratégiques et le contrôle permanent de la gestion de l’établissement."

 

L'élu de l'opposition insiste sur les "doutes quant à la poursuite de la qualité des soins car si l’on prend le seul cas de la chirurgie, on sait que d’ici 2 à 3 ans l’hôpital de Vierzon ne disposera plus de suffisamment de chirurgiens pour maintenir l’activité du bloc opératoire." Et là, on comprend pourquoi les élus de la majorité étaient vent debout contre les propos de l'élu : "Pas sûr que les différents événements au cours des derniers mois et qui ont pris des proportions inquiétantes ne donnent envie aux professionnels hospitaliers de santé de venir ici..." 
 

Mais ce n'est pas fini : Franck Piffault ajoute que la consultation citoyenne, à laquelle a renoncé la majorité, "se bornait à surtout ne rien vouloir changer. C’est une approche bien passéiste et fataliste.
Passéiste, car la seule chose que vous voulez, c’est de ne changer absolument rien ! Fataliste, car vous ne pensez que rien ne serait possible pour l’hôpital de Vierzon en dehors des choix de l’État ! Moi je n’en crois rien ! Je pense qu’une part importante de l’avenir de l’hôpital passe par la capacité des responsables et des élus locaux à imaginer, à trouver des solutions concrètes, efficaces et compatibles avec certaines exigences des autorités de tutelle. 
Avec l’idée d’une consultation citoyenne qui s’éloigne, vous éludez les vraies questions, vous n’exposer pas réellement les enjeux de façon objectives, et vous niez les difficultés propres à notre hôpital. Bref, vous ne voulez rien faire ! Vous voulez simplement que l’État vienne au secours, dans votre langage, que l’État prenne ses responsabilités."


"Le 2 décembre vous recherchiez peut-être VOTRE Austerlitz, moi j’avais plutôt peur que cela soit le Waterloo pour notre hôpital. Il y avait d’autres moyens d’agir avec un effet plus efficace. Au Blanc par exemple, une soixante d’élus sont prêts à démissionner pour la réouverture de la maternité. Au lieu de ce pseudo référendum, VOUS, NOUS, car alors je vous suivrai sur ce point, pourrions démissionner de notre mandat de conseiller municipal si aucune solution acceptable, établie avec l’ARS, n’est trouvée pour l’avenir de la maternité et de la chirurgie à Vierzon. L’engagement des élus serait alors total."

 

Voici l'intégralité de l'intervention de Franck Piffault

Propos liminaires – Franck Piffault – Conseil municipal de Vierzon le 11 octobre 2018


 

Monsieur le Maire, mes chers collègues,

Ce soir c’est mobilisation générale ! Les motions à tout… En effet, vous nous proposez au vote pas moins de 4 motions.

Mais si elles sont nombreuses, elles sont d’importances inégales. La motion de l’appel de Marseille, qui est une liste de bonnes intentions pour les relations entre l’État et les collectivités locales et une défense affirmée de la décentralisation. C’est vague, ça mange pas de pain…

En ce qui concerne la motion portant sur l’organisation d’une consultation citoyenne portant sur l’avenir de l’hôpital de Vierzon, c’est différent et je dois dire que j’ai pu constater avec une certaine satisfaction que la version transmise ce matin a totalement été modifiée.

Je ne pouvais que voter contre la motion précédente.

En effet, je m’interrogeais, comme un certain nombre de Vierzonnais avec qui j’ai pu discuter et échanger sur l’intérêt d’une telle procédure de consultation, qui rappelons-le n’a qu’une vocation consultative.

A quoi allait servir cette consultation qui porte sur des questions qui ne se posent pas totalement ?

Le maintien de la maternité n’est pas d’actualité. Vous le reconnaissez ce matin même dans la presse en indiquant que ce n’est pas l’intention de l’ARS. Et vous le confirmez dans la délibération présentée ce soir.

L’ARS a depuis quelques semaines donné un certain nombre de signes qui prouvent sa volonté de discussion autour des difficultés de l’hôpital de Vierzon en acceptant notamment de recevoir dans les prochains jours l’intersyndicale de l’hôpital.

Car, le Centre hospitalier est bien confronté à de terribles difficultés financières, médicales ou en matière d’investissement.

Certes la santé n’est peut-être pas un secteur où la rigueur des règles comptables et financières doive s’appliquer sans discernement.

Mais il y a bien un problème de gestion à l’hôpital de Vierzon.

Et depuis de nombreuses années !

Le déficit structurel de 2,5 millions € par an, pouvant même dépasser les 3 millions, ne peut pas être éternellement épongé par l’ARS sans que rien ne change…

C’est l’utilisation des deniers publics qui n’est pas satisfaisante et les citoyens contrairement à ce que vous semblez croire y sont très sensibles. Ils veulent de la santé mais ils veulent aussi que les responsables directs ou indirects de la gestion de l’hôpital trouvent des solutions pour réduire ce déficit.

Vous-même, vous savez très bien que le déficit du centre hospitalier de Vierzon n’est pas uniquement lié à un problème de tarification des hôpitaux en France !

Que l’on tienne des conséquences d’un financement total par emprunt d’investissements lourds financièrement mais nécessaires et inévitables dans les années 2000 est une chose !

Que le considère que la seule responsabilité de l’État, sous toutes ses formes, explique ces pertes financières, en est une autre…

Il existe des causes propres à l’hôpital à cette situation financière. Vous êtes, depuis une dizaine d’années, Président du Conseil de surveillance de l’hôpital.

Vous avez pu j’espère constater les nombreux dysfonctionnements à l’hôpital de Vierzon. Dysfonctionnements dans son fonctionnement, dans l’organisation de l’offre de soins ou au travers de coûts exorbitants de certains actes réalisés dans des conditions intolérables dans d’autres établissements.

A cet égard, l’audit actuel de la Chambre régionale des Comptes aura le mérité de pointer et mettre en évidence ces pratiques anormales.

Manquements jamais traités !

Par manque de courage, peut-être…

Par ignorance des instances de contrôle de l’hôpital, mais dans ce cas-là on se demande à quoi sert le Conseil de surveillance que vous présidez.

Ou par volonté politique qui conduit à penser que tout que tout cela n’est pas très grave, l’État paiera, l’ARS épongera…

En tout cas, le rapport de la Chambre régionale des comptes permettra de bien faire la part des choses entre les difficultés financières venant du mode de financement des soins et les causes endogènes à l’établissement et aux décisions de gestion.

En tant que Président du Conseil de surveillance, vous avez la responsabilité des orientations stratégiques et le contrôle permanent de la gestion de l’établissement

Je ne vous rappellerai pas le Code de la Santé publique (articles 6143), mais il est très clair en la matière.

Le Conseil de surveillance doit notamment communiquer au Directeur général de l’Agence régionale de santé ses observations sur le rapport annuel présenté par le directeur et sur la gestion de l’établissement.

Gestion qu’il est en mesure de pouvoir vérifier à tout moment par des vérifications et des contrôles nécessaires à l’accomplissement de sa mission.

Par ailleurs, le Conseil de surveillance délibère sur le projet d’établissement et on sait qu’aujourd’hui ce projet n’est toujours pas bouclé.

Il délibère également sur les comptes et l’affectation des résultats. Il valide donc ainsi la situation financière de l’hôpital.

Mais il donne aussi son avis sur la politique d’amélioration continue de la qualité, de la sécurité des soins et de la gestion des risques ainsi que les conditions d’accueil et de prise en charge des usagers.

Ce point-là est fondamental car aujourd’hui vous le savez bien, il existe des doutes quant à la poursuite de la qualité des soins car si l’on prend le seul cas de la chirurgie, on sait que d’ici 2 à 3 ans l’hôpital de Vierzon ne disposera plus de suffisamment de chirurgiens pour maintenir l’activité du bloc opératoire.

Là encore, se pose le problème de l’attractivité de l’hôpital de Vierzon et de façon plus globale de la ville de Vierzon. Dans un contexte de désertification médicale généralisée au niveau national, qu’a-t-il été fait pour rendre ce territoire attractif et inciter les médecins hospitaliers et les chirurgiens à venir à Vierzon.

Pas sûr que les différents événements au cours des derniers mois et qui ont pris des proportions inquiétantes ne donnent envie aux professionnels hospitaliers de santé de venir ici...


 

Alors, à quoi aurait servi cette consultation citoyenne ?

La question telle qu’elle était formulée n’appelait aucune interrogation. Qui pourrait répondre non à cette formulation ?

Il aurait été inimaginable que pas moins de 80% des habitants viennent voter que pour 100% d’entre eux la réponse soit « OUI ». Avouez qu’en dessous d’un seuil de participation à cette hauteur, ce serait très décevant.

Malgré tout, la question posée véhiculait l’idée que la situation passée doit être maintenue, doit perdurer. Elle n’offrait aucune perspective d’évolution et de sauvegarde de l’hôpital. Elle se bornait à surtout ne rien vouloir changer. C’est une approche bien passéiste et fataliste.

Passéiste, car la seule chose que vous voulez c’est de ne changer absolument rien !

Fataliste, car vous ne pensez que rien ne serait possible pour l’hôpital de Vierzon en dehors des choix de l’État !

Moi je n’en crois rien !

Je pense qu’une part importante de l’avenir de l’hôpital passe par la capacité des responsables et des élus locaux à imaginer, à trouver des solutions concrètes, efficaces et compatibles avec certaines exigences des autorités de tutelle.

Avec l’idée d’une consultation citoyenne qui s’éloigne, vous éludez les vraies questions, vous n’exposer pas réellement les enjeux de façon objectives, et vous niez les difficultés propres à notre hôpital.

Bref, vous ne voulez rien faire !

Vous voulez simplement que l’État vienne au secours, dans votre langage, que l’État prenne ses responsabilités.

Cette consultation rendrait plus difficiles les solutions qui pourraient être trouvées conjointement avec l’ARS qui disposera d’ici-là du rapport de la CRC sur la situation financière exacte de l’hôpital.

Or, tous ces éléments, la prise en otage de la représentante de l’ARS il y a quelques jours, cette consultation, conduisent à fragiliser encore un peu plus l’hôpital de Vierzon.

Aucune solution n’était avancée si ce n’est que l’État éponge déficits et dettes.

Qu’il injecte ainsi près de 30 millions pour remettre les compteurs à zéro alors qu’on sait pertinemment que si rien ne change, les compteurs seront encore dans le rouge et qu’il faudra remettre au pot encore des dizaines de millions.

Cette consultation ajouterait une tension supplémentaire et pression inutile. Il faut rappeler qu’aucune pression de ce genre et aucune manifestation même populaire n’ont permis de débloquer des solutions dans les hôpitaux concernés par des risques de fermetures de certains services ou activités. Regardez ce qui s’est passé autour de nous ces derniers.

Le résultat de la consultation conjugué au rapport de la Chambre régionale des comptes ainsi que différentes formes de blocage risquerait de conduire à une impasse totale, aboutissant probablement à la mise sous tutelle de l’établissement.

Alors qu’il faut absolument tout faire pour éviter cette mise sous telle !

Mais c’est peut-être la perspective que vous caressez… Après tout la mise sous tutelle, retire tout pouvoir au local, permettra de traiter quelques problèmes avec des coupes sombres et brutales dont la responsabilité incombera uniquement à l’État.

Alors, le 2 décembre vous recherchiez peut-être VOTRE Austerlitz, moi j’avais plutôt peur que cela soit le Waterloo pour notre hôpital.

Il y avait d’autres moyens d’agir avec un effet plus efficace. Au Blanc par exemple, une soixante d’élus sont prêts à démissionner pour la réouverture de la maternité.

Au lieu de ce pseudo référendum, VOUS, NOUS, car alors je vous suivrai sur ce point, pourrions démissionner de notre mandat de conseiller municipal si aucune solution acceptable, établie avec l’ARS, n’est trouvée pour l’avenir de la maternité et de la chirurgie à Vierzon. L’engagement des élus serait alors total.


 

Je vous remercie.

Hôpital : l'intervention d'un élu de l'opposition enflamme le conseil municipal
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Simon Rodier 13/10/2018 11:05

Quand on ferme une librairie indépendante ou une bibliothèque,ce sont des livres et des journaux qu'on assassine.Quand on ferme une ecole,c'est du savoir qu'on anéantit.Quand on ferme une ligne de chemin de fer,ce sont des tonnes de gaz à effet de serre en plus dans l'atmosphère.La fermeture d'un hôpital,c'est une purement et simplement invitation à crever."Soyez jeunes,riches,et en bonne santé!Sinon tant pis pour vous!"Voila ce que dis la fermeture d'un centre hospitalier.Nous devons tant aux services publics que nos dirigeants assassinent depuis 40 ans.

J 13/10/2018 10:24

Enfin, une réflexion qui dépasse la ritournelle habituelle syndicale chantée en cœur avec le maire de Vz "Des sous, des sous !"

Simon Rodier 13/10/2018 10:22

L'hopital de Vierzon,ses urgences et sa maternité doivent vivre!!!!!Il y en a assez des hopitaux usines des metropoles!Et si l'avenir de l'hopital en France passait par
des delocalisations en ville moyenne?Une ville comme vierzon aurait tout à gagner à accueillir des services et des ecoles pour former les serviteurs de la santé publique et/ou privée française.

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