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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Il y a deux Vierzon, le municipal et l'autre

Publié par vierzonitude sur 7 Mars 2018, 08:30am

Il y a deux Vierzon, le municipal et l'autre

Avant 1937, il y avait quatre Vierzon. Aujourd'hui, il y a deux Vierzon : le Vierzon des belles phrases, des grandes théories invérifiables, celui des grands projets embellis à coup de sémantique, le Vierzon des subventions qui pleuvent, le Vierzon du temps politique politicien, le Vierzon qui se hausse premier de la classe en rénovation parce qu'il est parmi les derniers dans plusieurs domaines, le Vierzon des ministres à venir,  des entre soi, des beaux discours municipaux car ce qui n'est pas municipal n'existe pas.

Et il y a l'autre Vierzon, le Vierzon du quotidien, des commerces en souffrance, de la rue Joffre qui pleure, des façades décrépies, des trottoirs en vrac du centre-ville, ce Vierzon dont ont dit que les Vierzonnais ont une mauvaise image car ils savent mieux que les autres comment l'on y vit, le Vierzon des encombrants jetés sur les trottoirs, le Vierzon des poubelles qu'on ne rentre plus,  le Vierzon du rouleau compresseur de la vacance commerciale, de la paupérisation, de la délinquance longtemps tenue à l'écart des discours officiels, du chômage qui résiste mais dont on dit qu'il diminue.

Il y a désormais, bel et bien, deux Vierzon, à lire la presse, ce Vierzon dont on essaie de relier les points pour en faire un dessin politiquement correct, le Vierzon qu'on nous vend sur du papier glacé, et le Vierzon que l'on a tous les jours sous les yeux. Désolé, mais l'eau qui coule et la forêt domanial, le jardin art-déco et l'immense office de tourisme ne font des projets de vie.

Il existe une certitude : nous n'avons pas tous la même vue... On peut, tant qu'on veut, ripoliner les murs de jolies phrases, instruire une logique urbanistique dans une suite de projets décousus, on peut toujours expliquer, en 2018, deux ans avant les prochaines échéances électorales, qu'on travaille depuis dix ans au "développe­ment de l’attractivité de Vierzon", on aimerait savoir où cette attractivité s'est développée. On peut toujours faire croire à un amour démesuré du centre-ville quand on construit un centre médical en périphérie, quand on vote pour agrandir les hypermarchés, quand on vide la rue Joffre pour remplir l'avenue de la République. On peut aussi faire croire que l'attractivité d'une ville se résume à la construction d'un Pôle emploi et d'un nouveau commissariat, cela ne change à la réalité qui s'impose mais que l'on repousse pour en fantasmée une autre, en espérant que personne n'y voit que du feu.

On peut aussi confier à d'autres ce que l'on refuse de faire soi-même, on peut aussi éternellement se poser en victime, n'être responsable que du bon et les autres du mauvais, on peut dire que le commerce est mort pour ne pas avoir à faire l'effort de tenter de conjurer le problème, on peut expliquer ne pas avoir les moyens de racheter et de rénover des commerces quand on a dépense 7,5 millions à le faire sans résultats, on peut faire croire qu'une méthode remplace les résultats. Pendant combien de temps a-t-on nié le commerce vierzonnais au point de ne s'y intéresser que parce qu'il génère aujourd'hui des subventions à prendre, des plans dans lesquels s'inscrire, des lauriers à accrocher ? Il y a donc deux Vierzon. Le Vierzon officiel, municipal, et l'autre qui, évidemment, n'existe pas, car il n'est pas municipal.

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