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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


La lecture de l'été : Surface et Entre deux mondes d'Olivier Norek

Publié par vierzonitude sur 24 Juillet 2019, 05:40am

La lecture de l'été  : Surface et Entre deux mondes d'Olivier Norek

On se doutait qu'on ne serait pas déçu par le dernier Olivier Norek, Surface. On l'avait déjà écrit ici, Entre deux mondes, son avant-dernier, était exceptionnel d'humanité dans la violence de la jungle de Calais. Avec Surface, c'est encore une autre dimension, tout aussi humaine. L'intrigue, n'en parlons pas, on vous la laisse gentiment monter de pages en pages.

En toile de fond, Noémie, une flic qui se fait tirer dans le visage. défigurée, elle représente désormais ce que les autres flics du 36, à Paris, ne veulent pas voir. Alors, elle se retrouve dans une communauté de villages, dans un commissariat qu'elle a la charge de faire fermer. Mais voilà...

Voilà. Norek range la trame de ses premiers romans et se met au niveau de celles et ceux qui, physiquement, se retrouvent rejetés. Noémie est plus qu'un bon flic. Et son visage ne compte plus.

On imagine bien un autre futur roman de Norek avec Noémie de retour, ses plaies, ses blessures, cette gueule cassée et pourtant, Norek y met plus qu'un polar, plus qu'une simple enquête de flic parisien en province, il y met du cœur, des sentiments, il ne se ramollit pas Norek, il se bonifie.

Et vous avez un peu plus de quatre cents pages entre les mains, et dès le début, on sait que ça va finir vite. Trop vite. Surface a une profondeur qu'Entre deux mondes, un rythme haletant qui a des accents, sur le papier, d'un futur long métrage. Noémie serait-elle la nouvelle égérie de Norek comme le capitaine Coste le fut pour Code 93, Territoires et Surtensions. Et dire qu'il va falloir attendre longtemps pour le prochain...

 

On est habitué, chez Norek, à lire du cash. Le ténébreux lieutenant de police à la section Enquête et Recherche du SDPJ 93 depuis quinze ans, sait coudre des polars viscéraux, parfois plus violents que vifs, mais suintant d'une réalité lumineuse. Après Code 93, Surtensions et Territoires où sévit le capitaine Victor Coste, Olivier Norek a su, avec Entre deux mondes, nous faire pénétrer au coeur de la jungle de Calais. On partage tant le quotidien mité des migrants que celui, sans horizon, des policiers.

Cette plume vous rentre dans la peau, vous retourne le coeur et vous arrache des larmes. Impossible de rester insensible à l'intrigue bien sûr, mais à l'humanité qui fait le terreau de ce polar. On fait une horrible traversée avec la femme et la fille d'un migrant qui, parti plus tard, cherche à Calais sa femme et sa fille. On grimpe dans les voitures des flics de Calais. On dévore ce bouquin avec l'angoisse d'arriver au bout dès lors que l'on attend que ça. Mais ouf, un autre Norek nous attend en librairie. Autre livre, autre histoire.

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