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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


La suppression des contrats aidés contraint l'AJCV à fermer son centre de loisirs

Publié par vierzonitude sur 5 Janvier 2018, 22:52pm

En septembre dernier, déjà, Vierzonitude relayait la crainte de l'AJCV, l'association des jeunes créateurs vierzonnais : la suppression des contrats aidés allaient entraîner des difficultés. Cinq mois plus tard, ça se confirme : la presse annonce la fermeture du centre de loisirs de l'AJCV, faute de contrats aidés pour le faire fonctionner. Premier étage de la fusée en attendant pire ? Soixante-dix enfants avec leurs familles sont touchés par cette fermeture, dans le quartier du Clos-du-Roy.

Cette fermeture n'est pas anodine, elle découle d'une décision gouvernementale qui avait fait couler beaucoup d'encre. Une fois de plus, la faiblesse d'un système retombe sur les épaules de Vierzon, et du centre de loisirs de l'AJCV. Cette fermeture n'est-elle que temporaire ? Pourra-t-il rouvrir avec d'autres formes d'aides ? Une fermeture ce n'est jamais bon, à Vierzon. Certaines sont plus lourdes de conséquence que d'autres. A suivre.

Un lecteur assidu de Vierzonitude s'étonnait de ne pas voir, sur ce blog, un mot sur la suppression des contrats aidés entraînant, selon ses dirigeants, la fermeture probable de l'AJCV, l'Association des jeunes créateurs vierzonnais, association historique du quartier du Clos-du-Roy. France-Info a consacré un long article à l'AJCV de Vierzon. On peut y lire notamment ceci : "L’AJCV, créée il y a vingt-cinq ans par les habitants du Clos du Roy, un quartier défavorisé de Vierzon (Cher), fonctionne avec huit contrats aidés. Ils sont aujourd'hui tous menacés. En raison du non-renouvellement de ces contrats, l’ensemble du centre social pourrait fermer ses portes d’ici 2019."

Et d'ajouter : "Actuellement, le centre du Clos du Roy propose de l’aide aux devoirs à 460 jeunes par semaine, des cours hebdomadaires d’alphabétisation et d’apprentissage de la langue française à 180 personnes, ainsi qu’un centre de loisirs. Dès le 25 septembre, la moitié des cours ne pourront plus être assurés. Et à partir du 1er janvier 2018, le centre de loisirs devra fermer ses portes, faute de personnel. " 

Pour l'instant, l'association devenue centre social, entend se battre et s'agréger la mobilisation des habitants : "le centre du Clos du Roy se prépare à une journée d'action, le lundi 25 septembre. A la place des activités habituelles, l'association va organiser des débats et tables rondes avec les habitants pour les informer sur les conséquences de la disparition des contrats aidés", écrit encore France-Info. En pleine mobilisation contre les ordonnances sur le code du travail, voilà qui, en fait, fait écho.

Reste à savoir, d'ici 2019, voire même d'ici 2018, ce qui va se passer pour l'AJCV et les autres associations vierzonnaises concernées par la suppression des contrats aidés. Difficile de croire que ce dispositif, jugé "peu efficace et trop coûteux", par le gouvernement, ne sera  pas remplacé par un autre. On se souvient qu'en 1984, naît le TUC, travail d'intérêt collectif, remplacé plus tard par le CES, contrat emploi solidarité, remplacé en 2002 par les contrats d'accompagnement dans l'emploi, sans oublier les emplois-jeunes et là, les contrats aidés. En gros, depuis trente ans, il y a toujours eu des dispositifs d'aide à l'emploi. Difficile de croire que le gouvernement ne va pas en créer un autre, le sien. Reste à en connaître les modalités.

"C’est comme un coup de couteau dans le dos", lance Mounire Lyame, président du centre social AJCV (Association des jeunes créateurs vierzonnais). Depuis que le gouvernement a décidé de geler le renouvellement de nombreux contrats aidés qu’il juge peu efficaces et trop coûteux, il ne décolère pas. Il regardera de près la décision du Conseil d'Etat concernant le gel de ces contrats. Saisis par des élus écologistes, les Sages devaient statuer mercredi 20 septembre sur la question. Ils ont finalement reporté l'examen au 3 octobre.

Comme de nombreuses structures associatives, l’AJCV, créée il y a vingt-cinq ans par les habitants du Clos du Roy, un quartier défavorisé de Vierzon (Cher), fonctionne avec huit contrats aidés. Ils sont aujourd'hui tous menacés. En raison du non-renouvellement de ces contrats, l’ensemble du centre social pourrait fermer ses portes d’ici 2019. 

"C'est une vraie épaule pour nous"

Dans la salle d’accueil de l’association, installée au rez-de-chaussée d’un immeuble de quatre étages à l'écart du centre-ville, la cafetière fonctionne à plein régime. Autour de la table, les discussions sont vives entre les habitantes du quartier, aux mines soucieuses. "S’il n’y a plus l’AJCV, il n’y a plus rien ici", lance Fadela, les larmes aux yeux. "C’est un repère dans le quartier, une vraie épaule pour nous. Mon deuxième fils a 15 ans. Et depuis qu’il est suivi ici, j’arrive à avoir plus de dialogues avec lui." 

 

Le centre social AJCV à Vierzon (Cher), le 19 septembre 2017.
Le centre social AJCV à Vierzon (Cher), le 19 septembre 2017. (CAROLE BELINGARD / FRANCEINFO)

 

L’inquiétude se lit aussi dans les grands yeux noirs de Meriem. "Il y a des choses que l’on sait faire et il y a des choses que l’on ne sait pas faire. S’il n’y a plus l’aide aux devoirs, si le centre social ferme, on est perdus. Moi j’ai un fils de 11 ans, Shaïme. Il est autiste et ici, ils m’aident beaucoup", confie-t-elle au moment où le garçon sort de la pièce attenante, accompagné d’une éducatrice du centre social. Un large sourire s’affiche sur son visage. Il dit adorer venir ici "pour travailler et faire des jeux". 

Actuellement, le centre du Clos du Roy propose de l’aide aux devoirs à 460 jeunes par semaine, des cours hebdomadaires d’alphabétisation et d’apprentissage de la langue française à 180 personnes, ainsi qu’un centre de loisirs. Dès le 25 septembre, la moitié des cours ne pourront plus être assurés. Et à partir du 1er janvier 2018, le centre de loisirs devra fermer ses portes, faute de personnel. 

Une disparition regrettable pour les familles, qui y trouvaient non seulement une aide au quotidien mais aussi une occasion pour leurs enfants de bénéficier de loisirs souvent inaccessibles, comme une sortie à Paris, au Futuroscope ou quelques jours au bord de la mer ou à la montagne. Pour ces femmes, qui souvent sortent peu de chez elles, le centre représente aussi une bouffée d’oxygène. "Ici, c’est la liberté, je viens pour discuter, boire du café, faire des blagues aussi", raconte Aïcha dans de grands gestes. 

Une méthode brutale pour les contrats en cours

Les responsables du centre s'inquiètent donc de l'avenir et de la possible disparition de ce "beau modèle de vivre ensemble". "S'il n'y a pas de problèmes dans le quartier, c'est grâce à un travail de fourmi de l'association. Il y a beaucoup de prévention", assure la directrice Céline Vigier. Le président et cofondateur de l'association, Mounire Lyame, enfant du quartier devenu assistant parlementaire de l'ancien député-maire du Cher (PCF), abonde.

 

L’AJCV, c’est l'une des plus belles réussites des habitants du quartier. On est partis de rien en 1992, on ne nous a pas donné d’argent... Là, c’est tout un symbole qu’on va tuer.

Mounire Lyame, président du centre social

à franceinfo

"On recrute des gens qui sont éloignés de l’emploi et on joue vraiment le jeu de la formation. Et voilà comment on est récompensés", grince-t-il. Au fil des années, les contrats aidés du centre social ont pu bénéficier de formations pour devenir éducateurs spécialisés, animateurs ou encore conseillers économiques et sociaux. "Cela permet de retrouver de la confiance en soi quand on n'est plus en contact avec le monde du travail", souligne Céline Vigier.

Surtout, les responsables du centre social critiquent la méthode employée par l'exécutif. "On veut bien qu'il y ait un débat sur les contrats aidés, mais la façon dont les choses sont faites, c'est de la brutalité. Là, une collègue a appris au retour de ses vacances que son contrat n’était pas renouvelé. C'est de l'humiliation", dénonce Céline Vigier.

Des départs précipités

C'est le cas de Julie, dont le retour de vacances a été rude. Cette trentenaire donnait des cours de français à des groupes de différents niveaux dans le centre... Jusqu'à ce qu'elle apprenne que son contrat ne serait pas renouvelé. Un coup dur pour cette jeune femme passionnée, restée longtemps éloignée du marché du travail. 

"Je touchais 600 euros, mais j’ai pu me former ici et au moins j’étais utile. Là je reviens d’un rendez-vous chez Pôle Emploi : au final, je vais toucher 540 euros. Mais pour quoi ? Rester chez moi... Je préférerais me lever le matin et aller au travail", assure celle qui doit désormais faire ses cartons, d'ici vendredi soir. Pour la jeune femme, le plus difficile est de devoir annoncer aux soixante personnes dont elle s'occupait que les cours sont terminés.

Même désillusion pour sa collègue Basma. Son contrat d’agent d’accueil ne sera pas renouvelé le 2 octobre. "Je venais travailler ici avec un grand plaisir chaque jour", regrette-t-elle, tout en s’affairant pour ranger la pièce avant les prochaines activités. 

Journée d'action et création d'un collectif

Le centre social compte bien les soutenir et se battre pour rester indispensable au quartier. Depuis l'annonce du gel, la riposte s'organise. Mounire Lyame a écrit une lettre à Emmanuel Macron et invité le chef de l’Etat à venir visiter la structure afin d'échanger avec les habitants. Parallèlement, l’AJCV va constituer un collectif avec d’autres associations du bassin d’emploi de Vierzon pour anticiper l'avenir et interpeller les décideurs. 

En attendant, le centre du Clos du Roy se prépare à une journée d'action, le lundi 25 septembre. A la place des activités habituelles, l'association va organiser des débats et tables rondes avec les habitants pour les informer sur les conséquences de la disparition des contrats aidés. Une chose est sûre, les responsables pourront compter sur Aïcha, Fadela, Meriem et les autres pour donner de la voix. 

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JIM 07/01/2018 00:52

la municipalité a sûrement déjà la main libre sur ajcv alors plutôt que de claquer des sous dans certains trucs pharaoniques, il vaudrait mieux s'occuper de gérer de l'aide à l'ajcv sans en profiter pour faire du buzz politique vain. Depuis septembre, il y avait le temps de faire quelque chose.

En Essayan le pouvoir 24/09/2017 08:32

C'est bizarre mais je n'ai pas le souvenir d'avoir vue le personnel salariés des bureaux de l'AJCV défendre l'emploi en général à Vierzon .
Ah oui c'est j'oubliais la phrase qu'ils m'ont dit
(Laissez faire Macron avant de le critiquer il a pas commencé que vous le critiquez déjà )

Macron 22/09/2017 06:51

Les membres de l'ajcv remercie le comité de soutien à Macron pour cette avancée sociale.
Permettant ainsi la destruction de la structure associative.

Cereus Maximus 21/09/2017 14:36

Exact, je vous présente mes excuses pour cette inexactitude mais il est vrai que je ne passe pas toute ma journée à compter les poils de cul des...trous-du-cul (rien à voir avec le sujet en cours et pardon pour cette trivialité).

Finalement, plus je lis ou relis cet article et moins je sais s'il faut en rire ou s'en offenser. Il y a quand même une mention qui mérite a minima d'être relevée : "On est partis de rien en 1992, on ne nous a pas donné d’argent..." Ah, la belle affaire. Moralité, tu payes ou tu payes pas, tu pars de rien et t'arrives à pas grand'chose. Alors autant ne pas payer....

Cereus Maximus 21/09/2017 14:23

Ah oui, j'ai oublié la conclusion : dans leur raison sociale figure la vocable "créateur". Disposons-nous des mêmes lexiques, dictionnaires et encyclopédies ? Si Vierzonitude a jamais entendu parler de création de ce coté qu'elle nous le fasse savoir, les vierzonnais ont hâte.

Cereus Maximus 21/09/2017 14:10

Vous avez repris cette info découverte pour ma part ce matin très tôt sur francetvinfo. Il serait utile à cet égard que vous ayez au moins la délicatesse d'insérer un lien vers le site et l'article source (lien joint en fin de mon commentaire), qui expose bien l'attractivité sociale de la ville.

Oui, à Vierzon il faut casquer, et casquer grave, pour des personnes qui estiment (à quel titre ?) que les finances nationales sont à leur disposition.

Il serait simple et facile d'abonder ce commentaire, mais je me contenterai d'évoquer ces petits (plus ou moins) français qui s'expatrient, en Grande-Bretagne, aux USA, en Allemagne etc., voire en Chine de nos jours, et qui ne demandent aucune aide d'aucune sorte à leur pays d'accueil pour s'insérer et apporter toute la force de leur travail et de leurs compétences. Bref, pour créer des richesses au bénéfice des pays d'accueil. Qui a vraiment le sentiment qu'il se passe la même chose en France, à part les addicts incurables des Bisounours ?

Lien : http://www.francetvinfo.fr/economie/budget/s-il-ferme-on-est-perdus-a-vierzon-le-centre-social-menace-par-le-gel-des-contrats-aides_2380055.html

vierzonitude 21/09/2017 14:17

Vous êtes d'une mauvaise foi absolue ! Il y a le lien. Lisez jusqu'au bout, ne faites pas comme les autres; lisez jusqu'au bout !

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