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Vierzonitude

Le blog dont tout le monde parle mais que personne ne lit


Le 7 janvier, et toujours pas de place Charlie à Vierzon

Publié par vierzonitude sur 7 Janvier 2017, 17:14pm

Depuis il y a eu les attentats à Paris, à Nice, ailleurs, partout ailleurs, même dans une église... Depuis le 7 janvier 2015, il y a l'esprit Charlie qui devait continuer de souffler sur le reste de nos libertés. D'autres morts sont venus recouvrir des morts. Chaque attentat porte en lui la trace de nos propres deuils, avant tout ceux des victimes, ensuite le deuil d'une certaine idée de la liberté d'expression et de la satire; le deuil de l'insouciance aux terrasses des cafés; le deuil de la passion d'un concert et d'un match; le deuil d'ne promenade un soir de 14 juillet; le deuil d'un prêtre officiant à la messe. Combien d'autres deuils portons nous ? Combien d'autres deuils devront nous porter ? La place Charlie, au lendemain du sanglant 7 janvier 2015 devait représenter, du moins à Vierzon, une façon de se dresser contre toute forme de violence au nom d'on ne sait plus quelle lubie. La place Charlie est une promesse faite avec des yeux mouillés, elle a d'autant plus d'importance qu'elle porte en elle une responsabilité : celle de laisser une lumière allumée pour toutes celles et ceux qui, depuis l'attentat de Charlie, ont laissé leur vie pour des idées qu'on ne partagera jamais. C'est pour cela que la place Charlie doit exister quelque part. Qu'un lieu, à Vierzon, doit exister pour q'une ville, comme Vierzon, puisse se tenir toujours debout.

Le 7 janvier, et toujours pas de place Charlie à Vierzon

Les attentats du 13 novembre n'ont pas effacé ceux du 7 janvier et des jours qui ont suivi. Ils s'y sont ajoutés, avec toute cette lourde horreur qui pétrifie les esprits des vivants et des survivants. Le 7 janvier arrive, c'est bientôt, c'est jeudi, juste au bord de la nouvelle année 2016. Un an déjà, 365 jours qui ont filé à la vitesse de la lumière. Des jours qui ont buté sur ce 13 novembre dont la déflagration n'a pas encore terminé sa course, dans le chagrin bien sûr de ces familles frappées au cœur mais dans la stupéfaction qui a remplacé le bruit des balles et des explosions. Bientôt un an que face à nos écrans de télévision, vissés sur les chaînes infos, nous tenions en haleine notre curiosité qui peut paraître morbide mais surtout, nous tenions à rassurer ce qui pouvait l'être en nous : ce n'était pas possible, pas ici, pas maintenant, pas eux, pas Charlie. 


Fatalement, la réalité engloutissait comme un tsunami, les frêles digues de notre humanité. Et face à la mort de ces gens que l'on connaissait sans les connaître grandissait, en nous, l'idée qu'à partir de cet instant, rien ne sera comme avant. Que rien ne pourra être pire. Et nous avions tort. Car le 13 novembre, ce fut pire. Pire par le nombre de victimes et la détermination. Pire, parce que la cible avait changé, elle était désormais chacun de nous, même si le 7 janvier, nous étions tous Charlie déjà. Plus qu'une formule que chacun s'est approprié pour hurler son chagrin, Je suis Charlie a pris une dimension universelle, un bouclier tendu au-dessus de nos principes républicains, celui de la liberté avant de parler de liberté d'expression, celui du droit de vivre malgré ce que l'on pense, celui de nos valeurs démocratiques. Le 7 janvier, nous étions tous anti-militaristes, anti-cléricaux, anti-système, irrévérencieux et noblement amoureux de la satire ou du moins de la liberté fondamentale qui permet d'en user, sans obliger les autres à l'aimer. Quelques mois plus tard, nous étions devenus farouchement amoureux du drapeau tricolore et interprète rigoureux de la Marseillaise. Comme quoi, nous sommes surtout intelligemment homochromiques, caméléons d'une société qui ne l'est pas moins.


Jeudi, 7 janvier, cela fera un an que Charlie a dû plier un genou sous les balles de deux malades qui parlent encore, à leur âge, à un ami imaginaire. Et qui tuent pour ce fantasme. A Vierzon, entre autre, les citoyens sont venus se pelotonner autour de leur mairie pour manifester contre la barbarie, pour le droit à la liberté d'expression, à la satire, à l'humour, au blasphème, et en creux, à toutes les libertés dont nous jouissons. A cette occasion, des citoyens brandissaient une plaque Place Charlie, exposée d'ailleurs au dessus du pupitre d'où sortit un discours adapté aux circonstances. Promesse fut faite, par le maire de Vierzon, de trouver une place, à Vierzon, qui s’appellera Charlie. Nous attendons encore.   Une promesse de place fut lancée en l'air : le jardin intérieur de l'auditorium, un lieu qui n'est pas public en dehors des heures d'ouverture. Pour un symbole de liberté, autant mettre un oiseau en cage et peindre ses ailes Je suis Charlie.

Alors, y-aura-t-il une place Charlie ? Les élus vierzonnais qui ont choisi le 7 janvier, date de l'attentat contre Charlie, pour présenter leurs voeux traditionnels, annonceront-ils la création d'une place Charlie à Vierzon, ou d'une place de la Liberté, ou d'une place machin-chose, pourvu qu'elle rappelle qu'on peut tuer en janvier et tuer en novembre, au nom d'on ne sait plus trop quelle raison, si ce n'est celle de semer la terreur. Alors, à Vierzon, plus qu'ailleurs, ici, nous demandons une place Charlie, une place de la Liberté, une place publique, au grand air, sans porte, sans clefs, sans autorisation à demander. Une place publique pour y respirer dès lors que tant d 'autres ont cessé de le faire, malgré eux, balayés en plein vol de la vie. Et si certains refusent de se reconnaître dans le Je suis Charlie, se reconnaîtront-ils dans la nomination d'une place dont on pourrait discuter pour ne pas y faire le silence, plus ravageur que le bruit, mais pour y entrer, plus profondément en résistance. A Vierzon, plus qu'ailleurs, c'est d'une logique implacable. Messieurs-dames les élus, donnez-nous cette place, nous en ferons la nôtre.

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Commenter cet article

Jag 07/01/2017 18:25

A Vierzon, on a l'esprit "NON à tout", mais l'esprit Charlie n'est pas arrivé jusqu'à Mr Sansu et son équipe ...
L'esprit Charlie s'est bien essoufflé depuis que les politiciens de tous bords ont repris le contrôle des opérations...

Lol 07/01/2017 18:18

Place Charlie ou bien place des "Charlot" à l' Hôtel de Ville de Vierzon, quelle sera la première inauguration faite à votre avis?.

Je pense que cette deuxième solution serait la plus réalisable par nos élus , car toutes les rues ont leurs histoires et la leur, passe avant tout !!.

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