Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Madame Faucille et Monsieur Marteau prennent le bus en grève

Publié par vierzonitude sur 14 Octobre 2021, 06:00am

Nouveau rendez-vous pour les lecteurs de Vierzonitude : les aventures presque vraies de Madame Faucille et de Monsieur Marteau. Aujourd'hui, Madame Faucille et Monsieur Marteau  prennent le bus en grève.

Madame Faucille et Monsieur Marteau prennent le bus en grève

Madame Faucille, debout sur un trottoir molletonné pour ne pas user les semelles de ses chaussures cousues main, admirait la dextérité d'un chauffeur de bus qui maniait son engin avec l'aisance d'un pouce et d'un index se refermant sur l'anse d'une tasse de thé.

Monsieur Marteau, le cerveau branché sur les mille et une façons de diversifier ses activités boursières et libérales,  de préférence en bitcoins, sécurisés dans un portefeuille ad hoc fabriqué à deux pas de sa vaste propriété vierzonnaise, mais cachées sous le duvet d'un anticapitalisme de façade,  pensait que les transports en commun allait être l'avenir de ses dividendes. 

Madame Faucille que la curiosité attise comme un souffle d'air dans les braises d'une cheminée de maison de campagne se prit à avoir l'envie irrésistible de grimper dans le bus. Il faut bien une première fois à tout dont on aime se souvenir quand elle ne se reproduise pas trop souvent.

Monsieur Marteau oscillait entre l'électrique et le biogaz, qu'il mit alors dans la balance des profits, pour éclairer ses décisions. Il sut, à cet instant précis, que son intuition qui ne l'a jamais trahi, le ferait pencher pour le rachat de la société de bus de Vierzon au cul desquels il pourrait vendre quelques emplacements publicitaires onéreux et, à titre gracieux, participer à sa façon, au mécanisme d'une campagne électorale. Avoir des amis influents lui a toujours réussi.

Madame Faucille quitta son trottoir douillet et s'avança vers la plateforme d'un Vib dont les trois lettres l'intrigua, mais juste quelques instants, car elle dût, sur l'injonction du chauffeur, acheter un ticket et le composter, ce à quoi elle ne s'attendait pas, pensant que le transport était gratuit, tout comme est gratuit ce qu'elle possède et qu'elle n'achète pas elle-même.

Monsieur Marteau remplit le gros chèque et devint l'actionnaire majoritaire de la société de transport avant de s'apercevoir que depuis le mois de mai, les chauffeurs réchauffaient un mouvement social pour une augmentation de salaire. Vu le prix de la société, Monsieur Marteau, en bon homme de gauche qu'il est pour la conscience, et de droite quand il s'agit de passer à l'action, défendit qu'on augmentât d'un centime les déjà maigres salaires des chauffeurs.

Madame Faucille s'était assise derrière le conducteur et buvait ses gestes précis et amples tout en lâchant des exclamations d'admiration à chaque virage, chaque mouvement du bus dont la conduite relevait du miracle.

Monsieur Marteau resta ferme sur ses positions et gagna quelques points d'indice au CAC 40, ce qui le remplit alors d'un bonheur singulier, amplifié par cette satisfaction que les élus de gauche avec qui ils jouaient au bridge chaque jeudi, refusaient de prendre position pour les salariés qu'ils sont censés défendre et que le syndicat majoritaire avait attrapé une extinction de drapeaux rouges.

Madame Faucille, les yeux ronds comme des faïences de Gien, ne comprit pas de suite pourquoi le bus s'arrêta, sans repartir de nouveau. Le chauffeur en descendit et repartit à pied, obligeant Madame Faucille à héler son chauffeur pour qu'il la ramène au bercail sans savoir que les positions de son Monsieur Marteau de mari l'avaient plongé dans une inédite situation : elle sut plus tard le nom, une grève.

Monsieur Marteau jura ses grands dieux de gauche qu'un tel affront à son épouse de Madame Faucille ne devait pas se reproduire. Il laissa pourrir le mouvement tout en continuant d'engranger de substantiels profits. C'est ainsi que le mouvement dure depuis six mois.

Voilà comment Madame Faucille et Monsieur Marteau prennent le bus en grève.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
R
Je cois avoir compris concernant les bitcoins, tesla....et tout le tralala...je pense avoir deviné le nom de l'heureux propriétaire du Célestin Gérard...
Répondre
G
Bravo pour cette série qui nous fait bien mesurer comment le temps qui passe chez les cumulards peut finir par ébranler très sérieusement leurs idées généreuses du départ.
Répondre
L
Euh, "par ébranler ", si ça peut faire plaisir dans ces moments là si difficile pour tous , au moins ça ne coutera rien aux contribuables et c'est déjà très étonnant chez nous!! ;-)

Et , comme on le dit souvent, il n'y a pas de mal à se faire du bien , même toutes vos mains dans les poches!! :-))
L
Et...

Suite à la colère noire de Mme faucille, Mr marteau eu soudain un coup de génie que même Albert Einstein n'aurait pas pu penser.

Il envoya cette fois-ci, un autre gentil courrier de mécontentement à l'entreprise du CAC 40 afin que les revenus de chacun, puissent être revu à la hausse très rapidement, chose que l'interlocuteur reçu et le jeta directement dans sa boite de collection de farces et attrapes ultra collector.

Mr Marteau , croyant au bon miracle boursier, se trouva fort embêter ,et retrouva pour les prochains mois à venir, une solution incroyable et pérenne, qui fera chanter et danser tous les malheureux des transports Vierzonnais, y compris les sous- payés.

Dorénavant , Mr Marteau passera du Cloclo en boucle dans tous les bus Vierzonnais,et tout particulièrement son titre préféré " si j'avais un marteau" afin que tout le monde soit enfin content sur sa persévérance même musicale, et que son nom soit enfin inauguré dans sa belle ville comme dans tous ses transports à quais.

De là , Mme Faucille, de fil en aiguille en perdit ses talons,et resta sur le cul pour un bout de temps comme tous ses amis.:-))
Répondre
L
Ils sont pris entre le marteau et l’enclume, ce n’est pas très confortable. Espérons qu’ils ne prennent pas le bus en grippe, avec tous ces virus qui circulent en ville sans payer leur obole à M Pfizer…
Répondre

Archives

Articles récents