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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Mars 1994 : les backoes sont dans la rue

Publié par vierzonitude sur 22 Mars 2021, 18:13pm

Mars 1994 : les backoes sont dans la rue

Le mercredi 30 mars, une journée après l'annonce de la fermeture de Case, le trésor de guerre des salariés est dehors : les backoes sont dans la rue. La rançon de la colère, et du désespoir. La réplique ne s'est pas faite attendre. Vierzon est dans la rue. "Cela fait 30, 40 ans que nous travaillons ici et aujourd'hui nous sommes à la rue", lit-on dans la presse de l'époque. Cent ans que ces murs sont debout et vous, vous arrivez et vous cassez tout, ne venez pas nous provoquer, dehors, du vent".

C'est ce qu'un salarié rétorque au directeur accompagné d'un huissier afin de constater la prise de douze backoes du dépôt du Bas-de-Grange. Bien sûr, Case ce n'est pas la dernière des usines vierzonnaises. Il y a tout un passé, des fondations. "C'est Célestin Gérard, c'est la Française. Nos pères et nos grands-pères y ont travaillé". Aujourd'hui, Célestin Gérard a son buste dans un jardin érigé sur une partie de l'Usine. La Française a bouté Case hors de Vierzon. Mais vu ce que 25 ans plus tard, on en a fait, les mêmes qui avaient cette fierté chevillée au corps doivent avoir mal à l'âme en voyant les locaux se dégrader...

30 mars 1994. C'est parti. les syndicats ont lancé le mot d'ordre : action. Les backoes ont bloqué les voies de la gare, un des péages de l'autoroute. Vierzon se met en branle, dehors, dedans. Ca bloque et ça se réunit, ça réagit et ça tente d'agir. Robert Cocu, figure socialiste de Vierzon, avait travaillé à la Française. "Moi je suis solidaire des gamins dans la rue." Il en veut à la finance, au chômage, à ceux qui détiennent les capitaux. Le socialisme a bien changé depuis 1994 et Robert Cocu...

"Aujourd'hui, il y a veux qui s'enrichissent et ceux qui crèvent". Il aurait pu enfiler un gilet jaune, déjà à l'époque. La citadelle vierzonnaise, la rouge teintée de rose, a retrouvé sa verve anti-capitaliste. Les commerçant s'inquiètent, 270 salariés sans travail.

Ce n'est pas pour rien que, lors de l'émission C Politique, sur France 5, du dimanche 24 mars, un journaliste explique que la souffrance du commerce vierzonnais est né de la ruine de Case. C'est plus qu'un symbole qui chute, c'est une source économique qui se tarit. "Vierzon ville sinistrée", lit-on. "Un départ plus que dramatique." Passé la pilule de l'annonce, les tables rondes fleurissent. On y parle beaucoup dedans pendant que dehors, les salariés trépignent.

On tente une opération "ville morte" qu'on appelle "ville vivante", la force des symboles... Un élu lâche au terme d'une réunion qu'il n'y avait pas de "justification au départ de Case". On a beau refaire le monde, la mécanique est enclenchée. Surtout, le taux de chômage risque de passer de 17 à 20%. 2,4 millions de francs de manque à gagner au niveau de la taxe professionnelle. 270 emplois en moins. 

Alors, face au fatalisme, les élus réclament des "mesures", des trucs et des machins, zone franche et compagnie. On va jusqu'à demander à l'Etat de geler le départ de Case et de toutes délocalisations lorsqu'elles ont pour conséquence de supprimer des emplois... On propose aussi de... proposer à Case une nouvelle usine en exigeant le rapatriement de la fabrication des pelles et des godets.

Exiger. Cela ne coûte rien. L'impuissance est immense. Alors, les élus tentent de croire qu'ils peuvent quelque chose. Ils vont envoyer des lettres tous azimuts, ils vont revoir les aides aux entreprises pour qu'elles ne créent pas des chômeurs mais des emplois. La député, le ministre, le préfet, la chambre de commerce. Tous, mis bout à bout, ne pourront rien du tout. 

Alors, chacun s'indigne, déclare des phrases dans la presse, la masse ne fait pas l'efficacité. Mais qui ne dit rien consent... Alors, il faut parler. Une journée après le séisme, on lit de ces choses... Y compris que la ville de Vierzon avait alors investi dans un réseau d'assainissement pour la nouvelle usine Case. A croire que cette construction n'était que dans la tête de nos dirigeants locaux... Méthode Coué. 

Des fermetures, Vierzon en a vu d'autres. Et quand il n'y a eu plus rien à fermer, ce sont les commerces qui ont baissé pavillon. Case, c'est le traumatisme de trop. Les emplois directs sont touchés, les indirects aussi. Le temps est à l'action. Le présent empêche ainsi de penser trop au futur. Au vide. Au silence. 30 mars 1994. "Nous attendons des fonctionnaires et des politiques que des mesures soient prises", dit la confédération des petites et moyennes entreprises. 25 ans avant, on aurait pu dire la même chose. 25 ans après, on dit encore la même chose.

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Saviste 30/03/2019 14:50

Cette année là,la fermeture mit plus de 6000 vierzonnais dans les rues.Il pleuvait des cordes.Les commerçants avaient tiré le rideau ainsi que les écoles.Mes parents m'avaient emmené à cette manifestation.Le cortège s'était ébranlé au son de:"Balladur si tu continues on va te botter les fesses,Balladur si tu continues,on va te botter le fût!".Et c'est cette même année que les sav signaient leur troisième accession en deuxième division en laminant Massy à Orléans 37 à 6 si je ne m'abuse.Chaque année les salariés de la Case organisaient la Fête de la Case avec feu d'artifice.Et la Case était propriétaire de 2 étangs à Neuvy sur Barangeon pour permettre aux casistes de pêcher.Il fallait aimer le poisson chat.Merci pour ces belles années.

Serge Mesones 30/03/2019 10:54

A lire l'article de Pierre Agudo paru dans l'humanité le 25 juin 1994:"Case ou un cas exemplaire de la dictature boursière."

Thierno youm 30/03/2019 10:45

Sur Wikipedia pour avoir les éléments vous pouvez taper Case IH,Case New Holland ou CNH Croix

Kante Manfila 30/03/2019 10:33

A lire l'article des Échos de Patrick Chabert paru le 19 juin 1992"Teneco va renflouer sa filiale Case Poclain".

Laudrup 30/03/2019 10:17

D'autant qu'à l'époque JR faisait miroiter un repreneur chinois aux vierzonnais,surtout à la veille des municipales de 1995.On les attends toujours.Puis on vu le fiasco Cyclor."Case ne partira que si nous ne sommes plus là!"promettait il aux naïfs et crédules venus l'applaudir le 8 juin 1995.

Sivebaek 30/03/2019 10:13

Je me souviens d'un ancien cadre de Case candidat sur la liste PCF qui déclarait dans un quatre pages en papier glacé:"Nous remettrons en cause le fatalisme!".Il aurait fallu aussi remettre en question l'impuissance.Pour les curieux qui tapent Case sur Wikipedia,ils liront que le principal de Case à cette époque,au delà du naufrage boursier de Case,c'était l'instabilité actionnariale.Comment voulez vous qu'une entreprise se développe en changeant d'actionnaires tout les trois quat re matin.De plus la fermeture de Vierzon s'est faite au moment où Fiat envisageait de racheter Case,qui de toute manière souhaitait se désengager de Vierzon,mais aussi de Crepy et St Dizier.Vierzon est le seul site qui n'a pas été reindustrialise.Crepy l'a été il me semble par un industriel belge et St Dizier a été repris par Mc Cormick(filiale de Case International Harvester),puis par le chinois YTO.Que Vierzonitude donne la parole aux élus de l'époque et leur demande pourquoi Vierzon est le seul site de Case resté en friche.

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