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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


On en sait un peu plus du pasteur Le Cozannet de la cité du Désert

Publié par vierzonitude sur 2 Juin 2019, 05:20am

Richard Fortat est un Vierzonnais, qui a quitté la ville à l'âge de 19 ans après avoir fait ses études au lycée Edouard-Vaillant. Richard Fortat a créé un blog pour y mentionner ses recherches à propos de l'histoire de l'église protestante en Côtes d'Armor.

Nous avions lancé un appel, via ce blog. Voici les derniers témoignages qu'il a reçus et qu'il nous a fait parvenir :

Angelika Krause, pasteure de Bourges : "Je suis émerveillée sur ce qui "nous" parvient ainsi. Car jusqu'à ce jour, je n'ai pas pu en savoir davantage sur le pasteur qui habitait dans la cité (comme les anciens l'avaient dit). Je vais proposer à la rédactrice du journal local de Bourges-Vierzon de faire un petit article et relancer quelques Vierzonnais. Mais à ce que je comprends : une vieille dame, Madame Weiss, avait déjà quitté Vierzon à cette époque  et les autres membres d'Eglise sont arrivés les dernières années."

Richard Fortat nous précise : "La pasteure Angelika Krause et la généalogiste et spécialiste de l'histoire de Vierzon, Solange Voisin, ont livré de précieux renseignements sur le passage du pasteur le Cozannet à Bourges et à Vierzon.

 

Voilà tout d’abord ce que rapporte Angelika Krause :

"Le pasteur Le Cozannet a habité Asnières-lès-Bourges ; il faut bien comprendre que c'est le presbytère historique de la ville et de la région, sauf qu'il en avait probablement pas l'entière jouissance. Il était partagé en deux durant cette époque : une famille avait une cuisine, l'autre pas... Le souci avec ce lieu était qu'il fallait avoir une voiture (car les paysans ne faisaient plus le service pour amener le cheval, comme aux vieux temps du pasteur Ami Bost). C'est pourquoi les pasteurs de Bourges vivaient en ville de Bourges.

Les prédicateurs pouvaient atteindre Mehun en vélo, en partant d'Asnières. Mais l'explosion d'un train de munition du coté de Foëcy avait rendu le trafic de la ligne du chemin de fer difficile à la sortie de la guerre. Je ne sais pas à partir de quand la ligne est complètement rétablie. Avant, c'était évident que le pasteur faisait son trajet en train : le conseil presbytéral se tenait dimanche, après le culte, à Mehun sur Yèvre.

Madame Solange Voisin, qui est dans sa centième année, est tout de même parvenu à se connecter à Internet pour lire ce qui avait déjà été écrit dans le blog sur le pasteur Le Cozannet et elle y ajoute son témoignage :

"J’ai connu monsieur Le Cozannet qui a effectivement habité Vierzon dans la cité du Désert, et était le pasteur de Bourges Mehun-sur-Yèvre, Foëcy et Vierzon. Son prédécesseur devait être le pasteur Caumont, qui habitait Mehun. C’est lui qui avait baptisé nos deux enfants en 1946 et 1948, avant, sans doute, l’arrivée du pasteur Le Cozannet. Il ne faut pas voir le Désert comme un nom sinistre, mais celui d’un lieu-dit, choisi pour construire dans l’urgence de l’après-guerre de petits pavillons modestes mais corrects, destinés à reloger des Vierzonnais sinistrés qui vivaient dans des baraques en bois depuis le bombardement de juillet 1944.

La pompe à eau à manivelle sur la place, contrairement à ce qu’elle évoque pour des jeunes, n’est pas le signe d’absence d’eau courante dans les pavillons, mais celui d’une ville qui se devait d’avoir des postes d’eau potable gratuite un peu partout dans les rues. Il y avait même ce que l’on appelait un “quart” (1/4 de litre)  pendu à une chaînette pour permettre de se désaltérer. Cela servait aussi aux enfants à gaspiller l’eau et à inonder les trottoirs, au grand dam des passants.

Monsieur Le Cozannet était quelqu’un de timide, et peut-être se sentait-il un peu perdu chez les Berrichons (qui parlaient encore berrichon). Et puis la période n’était pas très gaie, car nous avons subi les restrictions alimentaires et autres jusqu’à 1949, et malgré la paix revenue, la vie était plus difficile qu’actuellement."

Ses recherches sont alors en lien avec la la Cité du Désert de Vierzon (1951), à propos d'un pasteur protestant qui y a exercé.  

"Emile Le Cozannet termine ses études en 1947 en présentant une thèse sur  "Les prédestinations d'après John Wesley". Tout d’abord proposant (stagiaire) à Romans dans la Drôme de 1947 à 1949, il commence à exercer à Vierzon dans le Cher de 1949 à 1954. Pendant ces 5 années il travaille dans une cité d'urgence construite après guerre, la cité du Désert construite en 1951.

 

En arrivant à Vierzon le logement prévu dans la cité d’urgence n’étant pas prêt, la famille est logée provisoirement à Asnières-La Chaume à Bourges, le pasteur de Bourges ayant un logement près du temple dans cette ville.

A Vierzon, Emile est aussi pasteur de Mehun sur Yèvre et de Foëcy où il est d’ailleurs consacré. Le pasteur devait célébrer trois cultes le dimanche, le premier le matin à Vierzon et les deux autres à Mehun et à Foëcy dans l'après midi. 

Sa fille, Soizic se souvient de la fin de ces journées du dimanche : « Aux beaux jours, le dimanche, lorsqu’il rentrait de ses 3 cultes les enfants de la cité l’attendaient pour une séance de diapo sur les murs de la maison". C'était une vie au service des plus démunis : " Nous avions une voiture et le téléphone et les appels au secours passaient par chez nous. Yvette qui était secouriste, en attendant  le médecin, allait auprès des gens de jour comme de nuit". 

Vierzonitude a envoyé la photo d'archives de la cité du désert que notre Vierzonnais avait vu sur le blog. Il a soumis cette photo à la fille du pasteur et voilà ce qu'elle en dit :  "Dans la Cité du Désert, nous avions une petite maison au milieu de la côte. Notre maison était à un angle de la place. Sur cette petite place avec de l’herbe se trouvait une pompe à eau que l’on actionnait avec une manivelle. J’y suis repassé il y a quelques années, il n’y avait plus de pompe ! En haut de la côte (peut-être derrière la barre, il y avait un château d’eau).

Pour aller à l’école nous prenions la rue à droite en sortant, perpendiculaire à la côte. Pour rentrer la rue était en face de l’école primaire. Cette école était en haut d’une côte que l’on prenait en passant sur un pont SNCF à partir du centre."

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