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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Quand Amélie Nothomb citait Vierzon dans son roman Pétronille

Publié par vierzonitude sur 27 Juillet 2019, 05:40am

A la rentrée littéraire de 2015, Amélie Nothomb citait  Vierzon dans son roman Pétronille.

 

Chère Amélie,

vous avez l'immense privilège de posséder une force de frappe éditoriale détonante : 200.000 exemplaires et des fans qui attendent vos romans, à chaque rentrée littéraire, comme d'autres attendent toujours le Messie ou le retour de la comète de Halley. Dans votre dernier roman, Pétronille, vous décidez de citer Vierzon, deux fois. Pourquoi Vierzon, mystère éclairci car vous y répondez avec élégance, dans la presse locale : c’est vrai que cette consonance m’a toujours frappée. Je dois dire, à tort ou à raison, elle ne m’a jamais paru très heureuse, c’est un tort, je suis sûre que Vierzon est une ville charmante.

Vous vous rattrapez bien, mais le mal est fait. C'est étonnant le nombre de gens qui citent Vierzon dans connaître la ville. Vous écrivez, page 27, de votre roman : "A part au buffet de la gare de Vierzon, il y a du champagne partout en France". D'abord, nous ne possédons plus de buffet de la gare à Vierzon et ce qui remplace cet ancien restaurant réputé où l'on pouvait boire du champagne, y compris sur le quai, ressemble à une galerie de supermarché où l'on préfère vendre de la mousse à raser que votre livre, par exemple.

Là-dessus, vous avez un peu raison. Mais pourquoi, Amélie, pourquoi avez-vous utilisé le nom de Vierzon, à des fins négatives ? De plus, dans l'interview que vous accordez à la presse locale, vous enfoncez le clou. Une histoire de consonance, dites-vous, qui ne vous a pas parue très heureuse. Remarquez, vous expliquez votre choix car Jacques Brel, à qui vous faites aussi référence, ne nous a jamais expliqué pourquoi, il avait collé Vierzon dans sa célèbre chanson Vesoul, qui a failli s'appeler Vierzon-Vesoul d'ailleurs. A tel point que ce mystère a rendu la chanson antipathique aux oreilles des Vierzonnais alors qu'elle est perçue agréablement aux oreilles des habitants de Vesoul et d'Honfleur. Comme quoi, vous voyez, chère Amélie, tout peut mal finir sur une incompréhension.

Vous ajoutez, à votre littérature défendant, qu'à Vierzon, réside, l'une de vos fidèles lectrices et c'est aussi pour cela que, votre inconscient a sans doute appelé à sa surface, le nom de Vierzon que vos pieds d'écrivaine à succès n'ont donc jamais foulé. Il n'est pas trop tard, nous en reparlerons.

Mais, mettez-vous un peu à la place des Vierzonnais qui, ils le savent, ne peuvent pas boire de champagne au buffet de la gare mais qui, en plus, sont informés que votre livre, Pétronille, véhicule une phrase négative au sujet de leur ville, qui, disons-le tout net, chère Amélie, n'a pas besoin de cela. Lorsque vous viendrez, nous en parlerons ensemble.

Toujours est-il qu'il eut été agréable, de votre part, de nous livrer avec votre fraîcheur et votre originalité habituelles, une phrase qui, au lieu de clouer Vierzon, au fin fond du seau dans lequel on verse l'eau saumâtre du puits, réveille un certain appétit de celles et ceux qui voient en Vierzon, sans l'avoir vu, un lieu de perdition philosophique, un néant bordé de vide, un nom qui devient très vite synonyme de tout ce que l'on déteste, un entonnoir à bouchons, avec trop de chômeurs par conseiller, une sous-préfecture vide et on en passe et des meilleurs.

Vous auriez pu, au contraire, sortir Vierzon de ce gant noir dans lequel la ville est enfoncée, y compris ses cinq doigts comme autant de rivières qui la traversent ou la caressent, nous offrir une phrase, pas plus, qui incite à la curiosité, qui serve de carrefour de rencontres insolites, peindre Vierzon aux couleurs de vos succès. Vous auriez pu nous emmener avec vous et faire rimer Vierzon avec Nothomb. Nous vous aurions édifié une statue, faite citoyenne d'honneur de Vierzon.

Alors justement, voilà l'idée : venez à Vierzon, venez passer quelques jours, signer des autographes à la maison de la presse, rencontrer les gens sur le marché. Nous vous emmènerons à travers la ville, vous la respirerez, vous y boirez même du champagne, on en a. Et puis, on ne vous laissera pas partir comme ça, vous nous écrirez une petite nouvelle sur Vierzon que nous nous débrouillerons pour publier afin qu'elle soit lue du plus grand nombre. Et vous repartirez, pas forcément plus riche que vous n'êtes venue, mais vous repartirez avec le sens du devoir accompli.

Libre à vous ensuite de citer Vierzon, à la sauce qui vous conviendra, puisque vous l'aurez vue, libre à vous de la détester ou de l'aimer, mais vous au moins, vous l'aurez vue, foulée, sentie, écrite, respirée.Cela ne sera plus une intuition, une consonance, ce ne sera plus qu'un son. Et vous aurez raison : Vierzon vous paraîtra charmante. Alors, on vous attend chère Amélie. Nous mettons notre mail : vierzonattitude@gmail.com, afin que, si cette lettre vous atteint, avec le bonheur du hasard ou la joie du destin, selon votre préférence, vous puissiez lancer votre réponse, non pas comme une bouteille à la mer mais comme une plume à l'encre.

Evidemment, sans rancune. A très bientôt nous l'espérons. Et vif succès pour Pétronille.

Vierzonitudement.

Vierzonitude.

Quand Amélie Nothomb citait Vierzon dans son roman Pétronille
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Clarence Bénézet 18/09/2014 08:29

Bonjour. Je ne comprends pas cette réaction outrée de Vierzonitude sur le livre de Nothomb. C'est un écrivain reconnu (à tort pour certains) mais qui ne fait que citer une ville parmi 36 000. Je me souviens d'une rédaction que j'avais faite en troisième dans laquelle j'avais pris en exemple Issoudun pour décrire une ville fantomatique. Mon professeur m'avait mis 05/20 parcequ'elle connaissait la ville et que cela ne correspondait pas à sa perception. Ce n'est que de la littérature. Dans Stupeurs et tremblements, Nothomb décrit un Japon terrifiant dans sa dureté. Dans Lost in translation de Sofia Coppola, idem. Je peux citer que dans toute la littérature, des écrivains ont stigmatisé des villes sans les connaitre. Promouvoir la culture et la littérature à Vierzon est une chose. Devrons-nous hissez haut le drapeau noir flanqué d'une tête de mort à chaque fois que Vierzon est cité. J'en doute. Je ne comprends pas cette diatribe. Excusez-moi de ne pas être d'accord avec tout le respect que j'ai pour Vierzonitude.

Nicolas de Vierzon 11/09/2014 16:31

Oui, fort bien écrit mon bon Rémus !
La réponse ici même avec l'adresse mail pour une réponse Ô combien attendue, mais de lui envoyer par courrier postal ne serait-ce point plus approprié pour une écrivaine ?
Bien à vous, cher confrère, je repars scruter le ciel de Vierzon :)

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