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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Salon du livre de Vierzon : Juliette Bouchet avec Mon coeur vient du désert d'Attacama

Publié par vierzonitude sur 15 Novembre 2019, 07:00am

Salon du livre de Vierzon : Juliette Bouchet avec Mon coeur vient du désert d'Attacama

La Vierzonnaise Juliette Bouchet sera au salon du livre de Vierzon, samedi 16 novembre, au centre des congrès. Vierzonitude avait lu son livre dès son sortie. Voici l'interview de l'auteure.

Soyons francs : "sur les ruines d'un monde post-effondrement, trois générations de femmes se retrouvent dans un bunker avec des androïdes dernières génération à leurs côtés", nous explique la fiche de presse, on s'est dit, houla, un huis clos d'anticipation aux accents psychos.

Puis, la première phrase est arrivée : "Impossible de dormir un soir de fin du monde". Puis on a repensé aux deux autres romans de Juliette Bouchet, à son langage cash, à ses univers barrés, à sa façon de tutoyer le pire des mots avec une moue boudeuse. 

"Mon coeur vient du désert d'Atacama" expulse, avec talent, cette aversion que l'on a de l'humain envers la planète et les espèce qui vivent dessus. "L'éveil étant dans l'expérimentation, il faut que tout devienne noir autour de nous, pour enfin allumer l'ampoule basse tension de nos cerveaux déshydratés par la sécheresse de nos cœurs". C'est la deuxième phrase du bouquin. Et déjà, on est dans la page, dans le chapitre, dans la marge d'une écriture sans temps mort.

Nous sommes surtout dans le chaos où des artilects (artificial intellect), côtoient les humains voués à la disparition. Et page 37, nous voici à... Priezon, cette ville qui n'a "ni cachet, ni début, ni fin. Priezon pourrait être l'antre de la folie. Les confins de rien. La latence du désespoir humain. Une ville fantôme mais habitée". Toute ressemblance avec une ville....

On a deviné que Priezon est Vierzon, nous voilà au coeur de l'actualité numérique vierzonnaise. Un parc d'innovation, baptisé Black Berry, "le bâtiment flambant neuf est inauguré en grandes pompes mais en esprits étroits, par les élus locaux", où se niche, en sous-sol, une fourmillière technologique qui, à partir de Priezon, Priezon centre du monde, conçoit des artilects, le premier de sa génération, Boozer, est né là. Nous sommes le centre du monde !

Quand on sait que Juliette Bouchet a été conseillée à propos de l'intelligence artificielle par un responsable du développement des API et explorateurs de blockchain chez Ledger (qui construit une entreprise à Vierzon), on comprend la réalité saisissante de ce roman d'anticipation. Avec ce verbe délicieux, capable d'être infiniment poétique et à la fois coup de poing dans la gueule, trash, sang et larmes, on marche sur deux thèmes essentiels : ce que les humains peuvent transmettre d'eux aux machines au point que les machines s'exonèrent des humains. Et la relation mère-fille. Au passage, on notera aussi l'aversion de l'auteure pour le système éducatif actuel...

Dans ce roman, Juliette Bouchet en veut à l'espèce humaine qui stérilise la Terre mais dont la seule issue sera de survivre dans le corps des artilects, de moins en moins robots, de plus en plus humains. Ou l'inverse. 

Effectivement, dans le bunker, à Priezon, mère, fille et petite-fille se retrouvent enfermées à régler leur compte, après l'explosion d'un engin nucléaire à la surface, à tenter de transmettre le pire comme le meilleur.

A ce stade, impossible de lâcher le livre. Celui d'une maturité littéraire certaine car il n'est jamais ennuyeux, ne baisse jamais d'intensité. Il tient son lecteur par la gorge. Engendre des images précises, nettes.  A quand une adaptation au cinéma ou sur la plateforme Netflix ?

Et on se dit que peut-être, c'est ce qui nous attend. Que l'intelligence artificielle nous survivra quand la Terre ne sera plus respirable, que la fin du monde aura limé la dernière aspérité humaine du monde.

On se rassure en se disant que Vierzon, pardon Priezon sera l'épicentre d'un sauvetage qui est peut-être déjà en cours. Et si le roman d'anticipation de Juliette Bouchet ne faisait finalement qu'anticiper une réalité prochaine, voire très prochaine ? En cours, quelque part sur le parc technologique de Vierzon, en sous-sol, en secret ? 

Derrière le décor du chaos, décrit avec juste ce qu'il faut de pudeur et de parcimonie, prend corps la relation de l'homme avec ce qu'il peut créer. Et procréer. Juliette Bouchet a donné une âme aux androïdes. Mais qui nous assure qu'elle n'en est pas un, pour en connaître aussi bien la psychologie ?

Salon du livre de Vierzon : Juliette Bouchet avec Mon coeur vient du désert d'Attacama

Vierzonitude avait interviewé Juliette Bouchet avant la sortie de son troisième roman.

Vous annoncez la sortie de votre prochain livre en mars 2019. On peut connaître le titre, voire même le thème !
 

Le titre est "Mon coeur vient du désert d'Atacama". Voilà le résumé, comme dans mes deux premiers romans, plusieurs  thématiques se mêlent:
 

Sur les ruines d’un monde post-effondrement contrôlé par des politiciens véreux (pléonasme) et toxicomanes, transformés en cyborgs, trois générations de femmes conditionnées par leur destinée familiale se retrouvent dans un bunker avec des androïdes dernière génération à leurs côtés aux confins du Berry, dans une ville appelée Priezon. Des liens étroits unissent peu à peu humains et Artilect (artificial intelligence), entre eux  naissent les désirs et les peurs, les frustrations et les abandons. Tandis que les androïdes expérimentent et apprennent de leurs expériences nouvelles, les humains, eux, peinent davantage à sortir de leurs schémas mentaux. 

La grand mère et la mère règlent leurs comptes utérins en boxant les yeux fermés, et Bellone, la fille unique, adolescente, fait la connaissance d’un Artilect de son âge, Satori, dernier né de la génération androïde avant le grand isolement.  

Juliette Bouchet est arrivée dans la littérature avec une catapulte. Cette Vierzonnaise sort d'abord Le double des corps, un roman étonnant aux éditions Robert Laffont suivi un peu plus tard de Avant j'étais juste immortel chez Laffont également, roman déjanté celui-ci. Il faudra attendre le troisième "Mon coeur vient du désert d'Atacama" aux éditions Sable Polaire qui sortira en mars 2019. Pour patienter, Vierzonitude a questionné Juliette Bouchet.

Salon du livre de Vierzon : Juliette Bouchet avec Mon coeur vient du désert d'Attacama

Après deux livres coup sur coup Le double des Corps et Avant j'étais juste immortel, plus rien. Pourquoi ce silence littéraire ?
Mon aîné a eu un début de scolarité assez agité et peu épanouissant, après le CP j'ai décidé de le déscolariser et de ne pas mettre non plus ma cadette à l'école (elle avait alors trois ans). Je voulais que mon fils respire,  retrouve sa joie de vivre et en ce qui concerne ma fille, je ne voyais aucune urgence de la scolariser.  Une fois un diagnostique posé pour mon fils et un traitement mis en place, nous nous sommes lancés dans la grand aventure de l'Instruction en famille. Trop peu de gens savent que seule l'instruction est obligatoire en France, pas l'école ! Et l'école telle qu'elle fonctionne aujourd’hui, à savoir de la même manière qu'il y à cent ans, ne répond pas, à mon sens, aux besoins des enfants actuels, ni à ceux du monde dans lequel ils vont devoir vivre, voir survivre.

De plus, le profil atypique de mon fils,  représenté dans les classes à hauteur de  5 à 7% des enfants,  ne trouve pas sa place dans le circuit traditionnel. Il faut rentrer dans des cases minuscules, ne pas dépasser d'un centimètre, baisser la tête et devenir un bon consommateur bien docile. Ce n'est pas ce que je veux pour mes enfants. On me dit souvent "Ils ont du caractère vos enfants, et je réponds, oui, encore heureux!". Nous avons choisi une instruction libre, informelle, guidée par nos sorties, nos rencontres, les centres d'intérêts des enfants, leurs voyages et le quotidien, riche en opportunités d'apprentissages. Un job à plein temps ! J'ai donc mis mon dernier projet littéraire de côté jusqu'en juin dernier afin d'accompagner pleinement mes enfants. Vivre avec ses enfants 24H/24 pendant deux ans a été une expérience très intense. 

Vous annoncez la sortie de votre prochain livre en mars 2019. On peut connaître le titre, voire même le thème !
Le titre est "Mon coeur vient du désert d'Atacama". Voilà le résumé, comme dans mes deux premiers romans, plusieurs  thématiques se mêlent:
 

Sur les ruines d’un monde post-effondrement contrôlé par des politiciens véreux (pléonasme) et toxicomanes, transformés en cyborgs, trois générations de femmes conditionnées par leur destinée familiale se retrouvent dans un bunker avec des androïdes dernière génération à leurs côtés aux confins du Berry, dans une ville appelée Priezon. Des liens étroits unissent peu à peu humains et Artilect (artificial intelligence), entre eux  naissent les désirs et les peurs, les frustrations et les abandons. Tandis que les androïdes expérimentent et apprennent de leurs expériences nouvelles, les humains, eux, peinent davantage à sortir de leurs schémas mentaux. 

La grand mère et la mère règlent leurs comptes utérins en boxant les yeux fermés, et Bellone, la fille unique, adolescente, fait la connaissance d’un Artilect de son âge, Satori, dernier né de la génération androïde avant le grand isolement.  

Qui, de la machine ou de l’humain sera le plus enclin à apprendre de ses erreurs? 

Vous expliquez aussi avoir eu la fulgurance pour le quatrième. Vous avez souvent ce genre de fulgurances ?

Absolument pas ! C'est la première fois que ça m'arrive, d'habitude ça vient par petits bouts, et pas pendant mon sommeil, là c'était très bizarre, et en même temps évident.

 

Entre le deuxième livre et le troisième, que s'est-il passé pour vous ? 

Pleins de choses, L'instruction en famille bien sûr mais également sur 2018 une grossesse et une naissance le 20 septembre dernier. J'ai écris les deux tiers de mon roman enceinte jusqu'aux dents !

 

C'est quoi écrire un roman, pour vous : une façon de dire dans une fiction ce que vous n'oseriez pas dire dans la vie ? Ou le plaisir de jouer avec des personnages ?
Aucune idée. Je dis assez facilement ce que je pense dans la vie. Je n'ai donc pas besoin d'un roman pour cela. J'ai toujours raconté des histoires, que cela soit dans une cours d'école, sur des cahiers, à moi même, aux autres. Je crois que ça fait juste partie de moi. Après, je réalise  que c'est un bon véhicule pour transmettre un point de vue, ou donner une voix à certaines idées, mais toujours avec humour et distance. Je ne suis pas une donneuse de leçon mais j'aime donner à voir autre chose. C'est pour ça que je mélange beaucoup d'idées ou thématiques, parfois trop peut être. Mais la vie est foisonnante, et mes romans aussi!

 

Le dernier livre que vous avez lu ?
Deux livres sublimes, "L'Homme nécessaire" de Bénédicte Martin aux éditions Sable Polaire (Mon éditeur) et "Einstein, le sexe et moi " d'Olivier Liron chez Alma Editions. Deux textes très différents mais d'une beauté et d'une force incroyable.

 

Celui que vous avez de lire ?
" 37 étoiles filantes" de Jérome Attal et " Sujet inconnu" de Loulou Robert.

 

Le livre que vous auriez adoré écrire ?
Salem de Stephen King !

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Commenter cet article

Wizard 15/11/2019 10:06

Sans présumer ni préjuger de la situation des enfants de cette personne, situation qui ne regarde d'ailleurs que les intéressés n'est-ce pas, il serait bon de préciser "qu'avoir du caractère" ne signifie en aucun cas avoir des problèmes comportementaux incompatibles avec une sociabilisation élémentaire.
Un peu comme pour les chiens qui mordent et aboient sans cesse.
Il faudra qu'on jour on explique clairement comment il se fait qu'il y a tant d'hyperactifs incontrôlables aujourd'hui alors qu'il n'y en avait presque pas il y a 50 ou 60 ans.

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