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Vierzonitude

Le blog que personne ne lit... mais dont tout le monde parle


Un quart des 268 commerces de l'hyper-centre et de Villages sont vides

Publié par vierzonitude sur 3 Novembre 2016, 08:35am

La rue Joffre, la place Foch, la place Aristide Briand, la rue Voltaire, le Forum république et l'avenue de la République comptent, au total, 188 pas de portes (sous réserve que les chiffres de Vierzonitude soient pile poil à l'unité près, ce que ce blog a essayé de faire au mieux). Suivront, après ce post, les analyses des rues et des places citées.

Aux 188 pas de porte déjà recensés dans l'hyper-centre dont 54 sont inoccupés, (voir ci-dessus), ajoutons-y ceux de Villages (du pont de Toulouse au début de l'avenue Jean-Jaurès), soit 80 commerces dont 13 vides. Ce qui fait un total de 268 commerces dont 67 sont vides. Le taux de vacance commerciale descend à 25%. Un quart des commerces de l'hyper-centre et de Villages ne sont pas occupés.

Un quart des 268 commerces de l'hyper-centre et de Villages sont vides

La rue Joffre, la place Foch, la place Aristide Briand, la rue Voltaire et l'avenue de la République comptent, au total, 188 pas de portes (sous réserve que les chiffres de Vierzonitude soient pile poil à l'unité près, ce que ce blog a essayé de faire au mieux). Sur ces 188 pas de portes, 54 sont inoccupés. On sait que certains contesteront la démarche de Vierzonitude qui a simplement compté le nombre d'emplacements, coché les commerces occupés, ceux qui étaient vides et ensuite, a procédé à des additions puis à des calculs de pourcentage. Sachant que certains pas de porte ne peuvent pas être loués en l'état, fermés depuis trop longtemps et très largement inhabitables ! Mais ces pas de portes là, même s'ils ne reverront jamais un commerce de leur vie, font partie du paysage vierzonnais et sont visibles de tous.

L'hyper-centre de Vierzon où se concentre la grande majorité des commerces est celui-ci avec un taux de vacance de 28,7% disent les pessimistes. Mais un taux d'occupation de 71,3% crient les optimistes. "Sachant que, au-dessous de 5 %, les experts considèrent la situation comme conjoncturelle et que, au-delà de 10 %, cela témoigne « d’un déclin structurel de la commercialité du centre-ville », lit-on dans le Monde qui consacrait récemment un article sur la question de la vacance commerciale, à la suite de la remise d'un très épais rapport sur "La revitalisation des centres-villes".

A Vierzon, la rue qui accuse le taux le plus catastrophique, c'est bien sûr la rue Joffre : 48 pas de porte, 32 sont vides soit un taux de vacance commerciale de 66,66, le nombre de la Bête... La place Foch, au pied de la rue Joffre est aussi mal en point. Sur 23 pas de porte recensés, 7 sont vides, soit un taux de vacance de 30%. En face, la place Aristide-Briand tire son épingle du jeu. Sur 15 pas de porte, un seul est vide, le café National, soit un taux de vacance qui tombe à 6,6%. La rue Voltaire replonge dans les mauvais pourcentages : 13 pas de porte, 5 vides, un taux de vacance de 38,5% avec la fermeture récente, un comble, de la Maison des projets qui devait, justement, aider Vierzon à) maintenir son commerce à flot...

Enfin, l'avenue de la République est celle qui, finalement, avec la place Aristide Briand résiste le mieux : 74 pas de porte, 11 sont vides. Un tax de vacance de 14%, avec ce bémol : cinq commerces viennent de rues adjacentes (rue Joffre, place Foch...) Mais, elle résiste tant bien que mal. Le futur aménagement de l'îlot Rollinat apportera un nouveau souffle mais sera-t-il utile pour le commerce de l'hyper-centre ? On ne parlera pas de la rue des Ponts, définitivement rayé de la carte des commerces, à quelques exceptons près (nous irons les compter comme au Forum République, à Villages, Forges et Bourgneuf).

Si le rapport sur le commerce fait état d'une amélioration, pour Vierzon, entre 2012 et 2015, on voit bien que la tendance est repartie dans le mauvais sens avec la fermeture de quatre boulangeries en un an, deux bistrots en centre-ville (le Tivoli, le Soft) et le National, toujours pas repris. L'immeuble dit Bouaknine, entre la place Foch et la rue Gallerand n'a plus qu'un seul locataire sur quatre, Orange. L'heure est à se retrousser les manches, à voir la réalité en face et à tenter d'y apporter une solution. Au moins essayer, ce n'est déjà pas si mal.

Ci-dessous, extrait du rapport sur le commerce qui avance ds propositions.

Avec près d’un rideau sur dix baissé, la vacance commerciale s’aggrave et touche fortement
les centres des villes moyennes en France. Ce phénomène de dévitalisation des centralités
urbaines, bien que contrasté d’un territoire à l’autre, devient préoccupant tant le commerce
participe à la vie de la cité et la façonne en grande partie.

Si le commerce en centre-ville est avant tout dépendant du contexte socio-économique de son
territoire, il est aussi très sensible au bon équilibre des concurrences au sein de l’appareil
commercial ainsi qu’à la qualité de son environnement. Les travaux menés par la mission
confirment qu’il ne peut y avoir de vitalité commerciale en centre-ville sans :

 une démographie dynamique et une situation socioéconomique favorable, voire une
capacité d’attractivité de la ville au-delà de son pourtour immédiat ;


 de bonnes conditions économiques d’exploitation pour les professionnels du commerce
et un environnement urbain adapté ;


 un équilibre à préserver entre périphérie et centralité ;


 une adaptation rapide des acteurs du commerce à l’évolution des modes de
consommation et des attentes de leurs clients.


Si le commerce est d’abord l’affaire des commerçants, il revient aux élus, responsables de la
ville et de l'intercommunalité, d'engager et de mettre en oeuvre une stratégie globale adaptée
à la situation de leur territoire et de leurs centralités.


Les expériences réussies de certaines communes montrent que la reconquête commerciale
du centre-ville nécessite de concevoir un projet politique reposant sur une action volontariste
à toutes les échelles de territoire et répondant à deux problématiques essentielles :


 quelle place accorder au centre-ville dans l’armature du territoire ?


 quelles fonctionnalités lui donner (lieu de rencontre et d’animation, marchand,
patrimonial, touristique…) ?


Les politiques de revitalisation commerciale des centres-villes ne peuvent pas envisager la
problématique commerciale de manière isolée. Elles doivent ainsi mobiliser différents
acteurs publics et privés autour d’un projet commun.
Pour qu’une véritable inflexion du phénomène de dévitalisation commerciale se produise
dans les villes moyennes, la mission préconise le lancement d’un agenda « Commerces en
coeur de ville ».


Soutenant les acteurs privés et les collectivités locales, l’État pourrait ainsi encourager les projets de requalification commerciale des villes moyennes. C’est dans cette perspective que la mise en oeuvre de l’agenda doit permettre de donner une direction et une cohérence à une série d’actions, pour une reconquête commerciale des centres-villes en France, reposant surtrois dynamiques :


 les commerçants sont les premiers acteurs de la vitalité commerciale d’un centre-ville,
individuellement en tant qu’entrepreneurs et collectivement par une coordination à
toutes les échelles pertinentes ;


 la vitalité commerciale d’un centre-ville dépend aussi de la capacité des collectivités
locales à co-définir avec les professionnels concernés une stratégie globale pour le
centre-ville incluant la dimension du commerce ;


 en accompagnement des acteurs privés et publics du centre-ville, la mobilisation, dans
un cadre national, d’outils renforcés pour organiser l’offre commerciale et un appui
financier ciblé restent utiles.

 

Comme les bonnes pratiques étrangères observées le montrent, l’agenda doit mobiliser les
cinq leviers d’action structurels :


 une incitation à définir des stratégies locales pour le développement du commerce ;


 une meilleure organisation de l’offre commerciale avec le maintien des équilibres entre
centre et périphérie ;


 une bonne coordination des acteurs ;


 un accompagnement des commerçants dans leur adaptation au commerce de demain ;


 une mobilisation et une gestion du foncier commercial par la puissance publique en cas
de défaillance du marché.


Il est proposé que la mise en oeuvre de cet agenda soit suivie dans le cadre de la Commission
de concertation du commerce (3C) récemment installée.
L’ambition de l’agenda « Commerces en coeur de ville » est aussi de fédérer l’ensemble des
acteurs, privés comme publics, autour d’un label favorisant ainsi la mise en réseau, l’échange
de bonnes pratiques et la mobilisation d’expertises. Il s’agit en outre, pour l’État et les
collectivités territoriales, chacune dans le cadre de leurs compétences respectives, d’aider au
dynamisme commercial des centres-villes, qui constitue bien plus qu’un enjeu économique.
Enfin, les préoccupations de la France pour la préservation d’une activité commerciale dans
les centres des villes sont largement partagées par certains États de l’Union européenne. Il
semble donc politiquement pertinent d’engager une négociation à l’échelle européenne, avec
l’appui de nos partenaires, pour qualifier la protection des centres-villes comme une raison
impérieuse d’intérêt général.

 

1. ENCOURAGER LA DEFINITION DE STRATEGIES LOCALES POUR LE DEVELOPPEMENT DU COMMERCE


Il est important que toute ville ait une vision claire de son centre-ville et, le cas échéant, de
ses centralités secondaires. Définir le ou les périmètres de centralité correspondants permet
à la collectivité d’établir ensuite une stratégie pour, selon le contexte, préserver, conforter ou
requalifier le centre-ville dans le cadre d’un projet global mobilisant tous les leviers
techniques et financiers utiles. La recherche d’une organisation équilibrée de l’offre
commerciale entre le centre-ville et les autres polarités est un enjeu économique, social et
environnemental, c’est-à-dire de développement durable qui implique nécessairement une
approche à l’échelle intercommunale.


Proposition n°1 : Inviter les villes à définir une stratégie communale et intercommunale
d’aménagement commercial, et le cas échéant, à développer un projet de requalification de
leur centre (compétence de politique locale du commerce).


Proposition n°2 : Traduire la stratégie locale d’aménagement commercial dans la mise en
place généralisée d’un plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) et surseoir à toute
décision de nouvelle implantation commerciale de plus de 1 000 m² dans les agglomérations
qui n’en sont pas encore pourvues avec la possibilité de prévoir un délai de mise en oeuvre de
un ou deux ans.


Proposition n°3 : Inciter les villes moyennes connaissant un taux de vacance commerciale
structurellement élevé1, à établir un périmètre d’action sur le centre-ville qui permette de
mettre en oeuvre, de façon coordonnée les différents outils disponibles (périmètre de
sauvegarde, autres outils réglementaires et fonciers pour le centre-ville).


2. MIEUX ORGANISER L’OFFRE COMMERCIALE ET FAVORISER LES EQUILIBRES COMMERCIAUX


Développer un dispositif de planification territoriale articulé entre le niveau régional, le
niveau du bassin de vie et le niveau intercommunal est le meilleur moyen d’organiser les
équilibres recherchés en matière de tissu commercial et de prendre en compte les principes
du développement durable. Cela suppose que la dimension de l’aménagement commercial
soit prise en compte dans le schéma régional d'aménagement, de développement durable et
d'égalité des territoires (SRADDET) et confortée dans le schéma de cohérence territoriale
(SCoT). Une phase d‘expérimentation dans une ou deux régions peut s’avérer utile avant que
les documents de planification puissent atteindre partout un bon niveau de qualité.


Proposition n°4 : Assurer la prise en compte de l’aménagement commercial dans les
stratégies de développement à toutes les échelles de planification territoriale (SRADDET,
SCoT, PLUi), en intégrant notamment les principes du développement durable.
La Région, compétente en matière de développement économique, a vocation à participer à
la stratégie de reconquête commerciale des centres-villes. Le niveau régional, en dialogue
avec celui des aires urbaines (SCoT) et des intercommunalités (PLUi), peut devenir la bonne
échelle pour définir les grandes orientations et organiser la régulation en matière
d’aménagement commercial.
1 Taux supérieur à 10% ou 15%.

Proposition n°5 : Régionaliser les commissions d’aménagement commercial en transférant
les compétences des commissions départementales d’aménagement commercial (CDAC)
actuelles à des commissions régionales d’aménagement commercial (CRAC).
Pour apprécier les critères fixés par la loi, les commissions doivent pouvoir s’appuyer sur une
analyse objective des enjeux et des impacts potentiels des nouveaux projets d’implantation
commerciale. L’analyse doit être suffisamment approfondie en fonction des enjeux du
territoire et de l’ampleur de l’opération présentée et permettre la comparaison des variantes
possibles.


Proposition n°6 : Demander aux porteurs de projets d'implantation commerciale de fournir
aux commissions d'aménagement commercial une étude d’impact globale préalable réalisée
par un organisme d’étude agréé par l’État (logique de tiers de confiance pour objectiver les
critères définis par l’article 49 de la loi ACTPE (loi relative à l'artisanat, au commerce et aux très
petites entreprises), introduire une obligation de présenter des scenarii alternatifs, s’inspirer du
test séquentiel britannique).
Parmi les critères, la sauvegarde des centres-villes est une priorité qui pourrait être reconnue
à l’échelle européenne, en cohérence avec les orientations exprimées et des politiques
menées par l’Union, ainsi qu’avec la jurisprudence européenne.


Proposition n°7 : Engager une négociation à l’échelle européenne, avec l’appui de nos
partenaires, pour définir la protection des centres-villes comme une raison impérieuse
d’intérêt général susceptible de fonder des restrictions à la liberté d’établissement dans la
législation des États membres.
Sans attendre le résultat de cette initiative, une directive pourrait être adressée aux préfets
leur demandant de prendre en compte la sauvegarde des centres-villes comme un enjeu
majeur dans l’instruction des dossiers soumis aux commissions d’aménagement commercial.


3. COORDONNER LES ACTEURS


Sur le modèle des centres commerciaux, le regroupement des acteurs du centre-ville au sein
d’organisations permanentes apparait utile, la nature juridique de ces entités pouvant varier.
La mise en place de managers de centres-villes est une pratique éprouvée dans de
nombreuses collectivités locales. Son développement est à encourager par des financements
adaptés et par la mise en place d’un référentiel métier. Le rôle du manager doit aussi être
conforté et renforcé par un positionnement bien défini au niveau communal ou
intercommunal et une définition large de ses missions.


Proposition n°8 : Promouvoir la mise en place et le rôle du manager de centre-ville
(financement et référentiel métier).


La sauvegarde d’un centre-ville ne peut s’imaginer sans l’existence d’une organisation, quelle
qu’en soit la forme, regroupant l’ensemble les acteurs de façon efficace et pérenne. Pour
mieux mobiliser collectivement les acteurs du commerce la création de structures inspirées
des business improvement districts (BID) ou des sociétés de développement commercial
(SDC) pourrait être expérimentée sur le mode d’un appel à projet.


Proposition n°9 : Inciter à la mise en place dans tous les centres-villes d’une organisation
permanente des acteurs publics-privés du commerce (forme juridique variée : association,
office, GIE, société coopérative…).

Grâce à une mobilisation des services statistiques ministériels, des instituts privés ou
universitaires et des réseaux consulaires, l’organisation d’un dispositif d’observation
permettrait notamment :


 à partir d’une définition partagée du périmètre des centres-villes, de définir et mesurer
les taux de vacance et autres indicateurs de fragilité du tissu commercial en centre-ville
afin de pouvoir ensuite orienter l’action publique,


 de se donner les moyens d’un suivi de l’agenda par l’observation de l’évolution du
secteur du commerce selon des indicateurs proposés par la mission.


Proposition n°10 : Installer un observatoire de la vacance commerciale auprès de la
commission de concertation du commerce (3C), et orienter dans un premier temps son
champ d’analyse sur l’évolution de l’activité commerciale en centre-ville (avec notamment le
concours de la DGE, de la DGFiP, de l’INSEE, des réseaux consulaires et des partenaires privés).


4. ACCOMPAGNER LES COMMERÇANTS DANS LEUR ADAPTATION AU COMMERCE DE DEMAIN


La plus grande fragilité de certains acteurs et l’importance de préserver une diversité du tissu
commercial en France justifient que ces acteurs entrent dans une démarche partenariale
accompagnée. Le développement de coopérations public-privé constitue une voie à
privilégier.


L’équipement en matériels et en logiciels informatiques, ou le développement de plateformes
numériques pour le commerce multicanal sont des moyens nécessaires à l’adaptation des
acteurs, notamment de commerçants indépendants, à la constitution de centres-villes
attractifs. Ces enjeux pourraient être pris en compte par un dispositif d’incitation à
l’innovation et à la modernisation des commerces de centre-ville dans le cadre du
programme d’investissement d’avenir porté par le commissariat général à l’investissement
(CGI).


Proposition n°11 : Lancer une campagne nationale pour accompagner la transition
numérique des commerces indépendants (formation, équipement et développement de
plateformes numériques pour le commerce multicanal, hackathon2 du commerce de proximité –
financement par le programme d’investissements d’avenir (PIA) à envisager).


Il convient d’encourager la coopération des acteurs, par exemple par le mécénat d’entreprise
des grandes enseignes en direction des organisations de commerçants ou bien par la
mobilisation de programmes partagés de fidélisation dans une logique « gagnant-gagnant ».


Proposition n°12 : Renforcer les partenariats entre les grandes enseignes et les
organisations de commerçants (communication pour inciter aux partenariats, promouvoir le
mécénat d’entreprise, développer des actions de marketing et de fidélisation partagées…).
Le Fonds d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce (FISAC) reste un outil
financier apprécié. Il sera d’autant plus efficace que ses conditions d’emploi seront bien
finalisées. Il convient d’adapter en ce sens le prochain appel à projets.


Proposition n°13 : Associer l’accès au FISAC à une démarche stratégique de développement
commercial au niveau local et cibler son action sur l’adaptation de l’offre commerciale et le
regroupement des acteurs.


(2) Désigne le principe, le moment et le lieu d'un événement où des développeurs se réunissent pour faire de la programmation informatique collaborative (processus créatif utilisé dans le domaine de l'innovation numérique)

Il serait justifié d’étendre aux centres-villes en difficulté (par exemple ceux dans lesquels le
taux de vacance commerciale dépasse 10% ou 15%) des dispositions réservées aux quartiers
prioritaires relevant de la politique de la ville, comme la possibilité d’accès à l’établissement
public national d'aménagement et de restructuration des espaces commerciaux et artisanaux
(EPARECA). Cette mesure incitative doit s’inscrire dans un projet global pour atteindre sa
pleine efficacité.


Proposition n°14 : Etendre aux centres-villes connaissant une vacance commerciale
structurelle certaines dispositions spécifiques des quartiers prioritaires relevant de la
politique de la ville (QPV) (ex. possibilité d’accès à l’EPARECA – toutefois conditionné à la mise
en place d’un système de mesure de la vacance commerciale).


5. MOBILISER ET GERER LE FONCIER COMMERCIAL


La définition de projets de requalification des centres-villes en difficulté, intégrant le plus
souvent une restructuration du foncier commercial, implique que les villes concernées
puissent faire appel à des experts et organismes de conseil spécialisés.


La mise en oeuvre de ces projets suppose de s’appuyer sur des opérateurs urbains capables
d’une forte implication locale, comme principalement les sociétés d’économie mixte (SEM) et
les sociétés publiques locales (SPL) ainsi que certains établissements publics d’aménagement
(EPA) et opérateurs privés. Un réseau d’envergure nationale est à développer en s’appuyant
sur les compétences et expériences existantes (SEMAEST3, EPARECA…).


Proposition n°15 : Mettre à la disposition des villes confrontées à la vacance commerciale
des moyens d’ingénierie et d’action grâce au déploiement d’un réseau d’experts et
d’opérateurs urbains spécialisés (SEM, EPA ou opérateurs privés…).
La gestion dans la durée du foncier commercial peut s’avérer plus efficace si elle est assurée
pour certains secteurs stratégiques d’un centre-ville par des foncières mises en place à
l’initiative des pouvoirs publics.


Proposition n°16 : Encourager la création de foncières commerciales publiques-privées
adossées aux entreprises publiques locales impliquées ainsi qu’à la Caisse des dépôts et
consignations.


La Caisse des dépôts et consignations (CDC) et les opérateurs locaux ou nationaux peuvent
offrir des compétences d’ingénierie dans ce domaine et permettre avec les villes et
éventuellement les Régions, ainsi que des investisseurs privés, de mobiliser les financements
nécessaires. Ces fonds sont destinés à faire levier pour le financement des projets locaux
d’investissement dans le foncier commercial et la capitalisation des outils de restructuration
ou de portage foncier. Il convient aussi d’évoquer le rôle pris par certains établissements
publics fonciers (EPF) dans les interventions en quartiers anciens, en préparation des projets.
Les capacités techniques et financières de ces établissements seraient à mobiliser davantage
sur les enjeux de restructuration du foncier commercial.


Pour assurer le déploiement de l’agenda « Commerces en coeur de ville », il peut être proposé
à toutes les villes en difficultés de mettre en place une contractualisation avec l’État autour de
l’ensemble des objectifs et des moyens proposés, sur la base d’une démarche stratégique
adaptée au contexte ; les Régions peuvent être invitées à s’y associer dans le cadre
des contrats État-Régions.

 

(3) Société d'économie mixte de la Ville de Paris.

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J
Le petit commerce ne peut pas être le vecteur d'attrait du centre ville, car ils sont, à tort ou à raison remplacés par les grandes surfaces. Il aurait fallu limiter l'implantation des grandes surfaces, mais entre les impôts collectés et (éventuellement) les dessous de table, il est bien difficile pour le maire de refuser même si c'est contraire à sa philosophie communiste apparente.
Le centre ville ne sera attractif que par des loisirs, restaurants, spectacles....qui pourront ensuite attirer des commerces liés à cette activité. Mais vendre des paquets de lessive en petit commerce, c'est condamné par les prix. Il faut des activités ou la concurrence des supermarchés ne puisse s'exercer !!
Répondre
C
Marrant. Imaginer Vierzon centre en Las Vegas berrichon c'est désopilant. Avec les Bodin's en attraction vedette, le délire. Et les nouvelles tables étoilées de Troisgros, Bocuse ou Marc Veyrat dans la rue Joffre, ça va déchirer. Plus un petit Center Parc au vieux domaine et une annexe de Beauval au Parc technologique, le plein est assuré.
C
Les supers/hypers proposent pour l'essentiel des produits alimentaires, d'entretien, d'hygiène. Etes-vous bien certains que l'éventail des produits proposés par le petit commerce soit plus large et nécessairement, in fine, plus qualitatif que ceux proposés par la grande distribution ? A charge pour vous de le prouver, et sans jeu de mot vous n'êtes pas sortis de l'auberge. Vous proposez donc, pour ces produits de première nécessité, un recentrage obligatoire sur le commerce de proximité avec des prix plus que probablement beaucoup plus élevés après avoir couté les yeux de la tête aux finances publiques. Pour les autres types de produits plus personne ne peut s'aligner sur internet, sachant que des commerces locaux en vivent à titre de points relais pour les livraisons...
Répondre
C
Il faudrait du temps pour commenter/critiquer ce rapport. Juste quelques réflexions rapides :
-) Et les habitants qui préfèrent les supers et hypermarchés (créateurs d'emplois) ?
-) Avec quel argent mettez-vous en place cette dictature du petit commerce ?
-) Internet interdit aussi ?
-) Produits standardisés obligatoires pour tout le monde comme le menu unique dans les cantines ?
Répondre
V
Ah bon parce que dans les supermarchés, les produits ne sont pas standardisés ?

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